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Témoignage de Elisa

Témoignage déposé le 20/01/2026

J’ai toujours rêvé d’être maman. Cette envie s’est intensifiée au fil des années et, avec mon mari, nous avons finalement sauté le pas en commençant les essais en août 2024. Malheureusement, une fausse couche en décembre est venue briser cet espoir, et ce désir de devenir maman est alors devenu presque obsessionnel.

La bonne nouvelle est finalement tombée le 20 avril, à la suite d’un accident de voiture qui m’a valu un passage aux urgences : j’étais enceinte de 3 SA. Une grossesse que je désirais plus que tout, mais que je craignais déjà de perdre à cause du choc de l’accident.

À 5 SA, tout a basculé. Du jour au lendemain, je me réveille avec des nausées intenses. C’est le début de mon calvaire sur le chemin du bonheur. À la fin de cette cinquième semaine, j’ai déjà perdu 3 kg, je suis extrêmement déshydratée et je vomis en moyenne 20 à 30 fois par jour. L’hospitalisation devient inévitable pour des perfusions. L’eau ne passe plus, même ma propre salive ne passe plus. Je me demande comment c’est possible… Ce qui est censé être beau et naturel ressemble pour moi à une maladie qui cherche à me voler la vie.

Je sombre alors dans des pensées très sombres : l’avortement, le suicide. Je souhaite secrètement m’endormir et ne pas me réveiller. Le manque de sommeil n’arrange rien, car je me réveille la nuit uniquement pour vomir. Mon corps, mon visage, ma chambre… plus rien ne va. Je deviens l’ombre de moi-même, persuadée que je ne serai plus jamais la même. Cette maladie colle à la peau sans répit, au point de nous faire croire qu’elle ne partira jamais.

À ce moment-là, la vie me manque. En regardant par la fenêtre, j’envie les oiseaux qui chantent, cette vie qui continue dehors, les boissons d’été, le simple plaisir de manger ce que l’on aime… bref, le fait de vivre. L’hyperémèse gravidique m’a volé ma vie pendant près de 9 mois.

À ce mal-être s’ajoute une inquiétude permanente pour mon bébé : va-t-il bien avec tous ces vomissements, ces carences ? Qu’ai-je à lui offrir si je ne garde absolument rien dans mon estomac ? Le temps me paraît éternel.

À partir de 20 SA, je trouve enfin une certaine stabilité grâce au Doxylamine + Pyridoxine. Grâce à ce traitement, je ne vomis “plus que” 5 à 6 fois par jour, avec des nausées constantes, mais c’est déjà une amélioration. Le temps passe, et chaque jour devient une victoire. Nos journées tournent en boucle. J’en viens à envier les mamans qui ont accouché, celles qui sont enfin délivrées et tiennent leur bébé en bonne santé dans les bras.

Au fond de moi, j’ai cette conviction profonde que je n’y arriverai pas, que je ne verrai jamais mon bébé. La fatigue, le manque de confiance en moi ? Certainement. Car aujourd’hui, je vous écris ces mots avec mon enfant dans les bras.

La tempête finit toujours par passer. Même lorsque nous sommes au fond du gouffre face à cette maladie, nous possédons une force incroyable, souvent sans même en avoir conscience. Cette force nous guide jusqu’à ce petit bout de nous, qui lui aussi mène son propre combat pour nous rencontrer.

Ceci est notre histoire, la mienne et celle de mon petit Valentin, arrivé le 26 décembre 2025.

Et à vous qui lisez ces mots, à vous qui vous battez chaque jour pour survivre à l’hyperémèse gravidique : je pense à vous. Je vous vois. Je sais à quel point chaque minute peut sembler interminable, à quel point tenir debout relève parfois de l’impossible. Même lorsque vous avez l’impression de ne plus avancer, même lorsque vous pensez ne plus avoir la force… vous avancez et vous gagnerez.