Témoignage déposé le 10/05/2025
L’hyperémèse gravidique m’a volé les plus beaux moments que j’espérais vivre durant mes grossesses. Ce qui devait être une période de joie, de bonheur et d’épanouissement s’est transformé, à chaque fois, en un véritable cauchemar. Je suis devenue maman pour la première fois à 22 ans. C’était un rêve pour moi de devenir mère jeune, pour pouvoir grandir avec mes enfants. Lorsque j’ai appris ma première grossesse, j’étais comblée. Mais à peine un mois plus tard, tout a basculé, vomissements incessants, perte de poids fulgurante 12 kilos en moins d’un mois, hospitalisations à répétition… Les perfusions étaient mon seul recours pour survivre. Arrivée au sixième mois, j’ai enfin commencé à aller mieux. Je pouvais revivre un peu.
Quatre ans plus tard, je retombe enceinte. Je me dis alors « Chaque grossesse est différente ». Mais non, même scénario, voire pire. L’hyperémèse m’a de nouveau profondément épuisée, physiquement et mentalement. Mon mari, militaire à l’époque, était souvent absent. Je me suis retrouvée seule face à cette douleur, cette fatigue extrême, cette détresse. Chaque grossesse a été une épreuve. Aujourd’hui, je suis en fin de grossesse, et ce sera la dernière. J’ai demandé une ligature des trompes. Je ne peux plus revivre cela. C’est devenu trop risqué, compte tenu de mes antécédents médicaux…
Je vis donc ma dernière grossesse. Une grossesse surprise, découverte à deux mois… Et dès ce moment, jusqu’au septième mois, l’hyperémèse est revenue. Rechute brutale 13 kilos perdus en un mois, bilan sanguin alarmant, chute importante du potassium… Je n’arrivais plus à marcher. J’étais dépendante, alitée pendant un mois et demi. Mais cette fois, j’étais mieux entourée. Mon mari était là chaque jour. Ma mère et d’autres proches m’ont également soutenue. Leur présence m’a réconfortée. C’est essentiel, car cette maladie touche autant le corps que l’esprit.
Je ne supportais plus les hospitalisations. Elles me déprimaient profondément. J’ai donc demandé à être hospitalisée à domicile. C’était difficile, mais je me sentais mieux chez moi, dans un environnement plus apaisant.
J’ai découvert votre association grâce à une amie. Ce fut une véritable bouffée d’air. Grâce à vous, je me suis sentie comprise. On se sent moins coupable… Car oui, on se culpabilise de ne pas réussir à s’alimenter, de ne pas pouvoir s’hydrater, de prendre autant de médicaments pendant la grossesse, tout en s’inquiétant constamment pour la santé du bébé. C’est un stress permanent, un mal-être profond, une détresse invisible.
Alors merci. Merci d’exister. Merci de donner une voix aux femmes touchées par cette pathologie encore trop méconnue. J’espère sincèrement que des progrès seront faits pour mieux diagnostiquer, accompagner et soulager celles qui vivent l’hyperémèse gravidique. Nous méritons d’être entendues, comprises et soutenues.
