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Témoignage de Marina

Témoignage déposé le 06/04/2025 

Voici un témoignage que j’écris à chaud ce soir, car ma fille a la gastro.. ça fait deux heures qu’elle vomit sans cesse et que je suis totalement impuissante. 

Il y a un peu plus de 4 ans, j’étais ravie d’apprendre que nos projets de vie de famille se concrétisaient, un test positif et je m’imaginais continuer à vivre plus ou moins normalement pendant neuf mois avant de rencontrer un des amours de ma vie… 

Et quelques jours suivant le test positif, c’était la douche froide, l’incompréhension, la douleur. 25 vomissements minimum par jour, je ne supportais aucune odeur, aucun mouvement, aucun goût. 

J’avais mal, j’avais peur, cette grossesse me tuait et qu’est ce que je l’enviais.. puis j’ai songé à tout interrompre tant qu’il était temps, mais je n’avais pas souffert autant pour rien quand même. 

Ensuite au bout de trois mois, de plusieurs séjours aux urgences, d’hypnose, de gingembre et toutes les solutions soit disant miracle, une infirmière m’a proposée un médicament, qui a stoppé mes vomissements mais m’a transformée, le temps de l’adaptation, en un vrai zombie.

Que c’était dur à vivre en pleine période COVID, isolée, et dans l’incompréhension avec l’impuissance de mon mari face à cette situation et la rage de l’abandon que nous ressentions à cette époque.. 

Le jour de l’accouchement, je n’avais pas pris le médicament la veille, j’ai clôturé la boucle infernale de l’HG avec un accouchement en vomissant.. 

Je n’ai pas pu vivre une belle grossesse, le post partum fut encore plus difficile, à tel point que j’ai découvert la dépression post partum.. Était-ce réellement une bonne idée d’être mère ? 

3 ans et demi plus tard, je me laisse convaincre par le fameux « une grossesse n’est pas l’autre » et l’envie d’un deuxième toujours présente mais effacée par le traumatisme causé par l’HG. 

L’angoisse dès les essais, j’ai surement dû acheter une cinquantaine de tests de grossesse pour me préparer psychologiquement, mais l’angoisse était très, trop présente… j’étais presque soulagée de vomir pour la première fois, soulagée car si je vomissais, c’est que bébé allait bien… connaissant la pathologie j’ai vite pu avoir accès aux médicaments. 

Malgré la prise en charge,  je continuais à vomir 25 fois par jour. Avec ma grande fille et ses questions, ses craintes de perdre sa maman.. Mon meilleur outil fut un livre découvert grâce à l’association, la première fois que je suis tombée enceinte, et surtout le seau était mon meilleur compagnon de route.. le médicament m’a provoqué des somnolences et surtout, une fatigue extrême.. 

Ce matin je n’ai pas réussi à m’occuper de ma grande, je n’ai pas su l’aider simplement aux toilettes car j’ai fini par vomir, et maintenant, cela fait plus de deux heures qu’elle vomit car elle a sûrement attrapé la gastro.. et c’est mon mari qui est à ses côtés, car je suis incapable de m’en occuper sans vomir.. Mon coeur de maman est en miette, car ma place est à ses côtés. Tout l’amour que je lui porte me déchire le cœur de juste attendre que ça passe.. 

Je suis une maman qui ne peut pas assumer son rôle à cause de cette maladie.. 

Je suis une maman qui a dû trouver pleins de stratégies pour vivre plus ou moins normalement… 

Et je suis déjà épuisée, on me parle de dépression prénatale, de préparer le post partum avec psychologue et psychiatre pour que cela se passe au mieux, car je suis déjà bien bas.. 

J’aimerais serrer ma fille dans mes bras, lui dire que je suis là, et que je comprends à quel point c’est difficile, qu’elle est courageuse, mais ce soir c’est avec son papa qu’elle est, pendant que je me morfonds seule dans mon lit.. 

« Profite de la grossesse » m’a t-on encore dit aujourd’hui, je suis désolée chère grossesse, mais je profiterais de mes deux enfants quand ils seront tous les deux là, hors de mon corps.. Car le combat est trop difficile… L’après sera bien mieux, et cet après me permettra de prendre mon rôle de mère à 1000%… 

Je sais que cette tempête n’est pas éternelle, qu’elle passera, mais aujourd’hui, c’est difficile.