Témoignage déposé le 26/10/2024
Je vous fais parvenir mon témoignage, quelques phrases écrites dans mes notes lors de mon retour à domicile, bébé dans les bras.
Je ne sais pas la raison pour laquelle je le fais, poser des mots sur les maux des derniers mois, revenir sur ce qui ne sera plus, aider à faire entendre nos voix… je ne sais pas, mais je le fais.
Je tiens également à remercier l’asso de m’avoir mise en contact avec une personne très bienveillante lors de mon hospitalisation.
Foutue Hyperémèse.
Celle qui te vole 3 saisons, une grossesse, les futurs projets bébés, ta santé, ton mental, des mois de la croissance de ton premier enfant, des instants de vie précieux et quotidiens à ses côtés… celle qui se voit sur ton visage tendu, traits tirés, fatigués, seulement pour ceux qui veulent la voir.
Faire le deuil d’une grossesse future, de ce ventre qui se remplit pour se vider à jamais lorsque tu n’y seras plus…
Des symptômes les plus connus (nausées et vomissements), en passant par tous ceux que tu dois surmonter en silence (hauts le cœur jusqu’à 50/60 par jour au premier trimestre, culpabilité, angoisse, fatigue extrême, hypersensibilité aux odeurs, aux bruits, aux émotions, hypersalivation, blocages physiques – diaphragme…)
La descente aux enfers, ne pas pouvoir changer son premier enfant sans vomir, l’entendre dire, du haut de ses 2 ans, qu’il mange un petit quelque chose pour ne pas vomir, l’entendre dire qu’il prend son petit cachet pour les vomissements, qu’il se pose un moment parce qu’il est fatigué…
Puis l’hospitalisation, ce protocole à jeun, les traitements IV, mais un personnel soignant si doux, si apaisant, si encourageant… puis les beaux jours qui tentent de percer par la suite, toute une grossesse sous traitement mais debout.
Le coût financier (1005€ de traitement non remboursé sur 8 mois), arrêt de travail de 8 mois également, la baisse de salaire, pratique lorsque tu as de telles dépenses.
Le troisième trimestre… L’envie folle d’accoucher, par n’importe quel moyen, pour être libérée.
L’incompréhension sociale, la non connaissance de la maladie, sa banalisation…
Mais nous avons tenu bon, tu es là mon petit Soleil, un accouchement de rêve, une lutte contre les symptômes jusqu’au bout, mais la LIBÉRATION, la disparition immédiate des symptômes et notre rencontre, si douce, si paisible après des mois de lutte.
À jamais mon petit dernier, à jamais nous sommes au complet tous les 4.
Quelques jours plus tard, les mots de ma famille, belle famille : « tu es resplendissante, on ne croirait pas que tu viens d’accoucher, on penserait que tu sors de chez l’esthéticienne, ton visage retrouve ses traits, moins tirés, enfin sereins, on ne t’as pas vue comme ça depuis des mois. »
