Témoignage déposé le 24/10/2024
Nous avons découvert le terme de vomissements gravidiques lors de la première grossesse de ma femme, un moment que nous n’oublierons jamais. Dès le début, elle n’a plus réussi à s’alimenter, ni même à boire de l’eau. Ses vomissements étaient incontrôlables, et aucun médicament ne parvenait à les apaiser, à l’exception des perfusions administrées toutes les semaines.
Au début, nous nous sommes rendus dans une clinique privée en Ile-de-France, où un médecin a eu l’audace de dire que ces vomissements étaient d’origine psychologique, insinuant que ma femme n’était pas prête pour cette grossesse. C’était évidemment faux et blessant, car elle n’avait aucun contrôle sur ce qu’elle traversait.
La véritable difficulté de ces vomissements résidait dans la lente dégradation de son état général au fil des jours. Cela provoquait un épuisement physique et mental important, et en tant que mari, je me suis retrouvé totalement impuissant lors de cette première grossesse. Voir ma femme dépérir sans pouvoir la soulager a été une épreuve particulièrement difficile à supporter.
Ce qui a été encore plus éprouvant, c’est de constater que les mêmes symptômes sont revenus pour la deuxième grossesse. Les vomissements, l’impuissance, et l’inefficacité des traitements ont persisté, malgré tous nos efforts. Rien ne fonctionnait : ni les médicaments, ni l’alimentation, ni même l’eau ne pouvaient être absorbés sans provoquer des vomissements incontrôlables.
Dans les deux cas, ces vomissements gravidiques ont été extrêmement difficiles à vivre :
– Ma femme a perdu plus de 10 kilos à chaque grossesse.
– Elle vomissait presque 20 à 30 fois par jour, jusqu’à vomir du sang et de la bile.
– Elle a souffert d’un épuisement physique et mental intense, accentué par la durée de ces symptômes.
– J’étais complètement impuissant, incapable de l’aider, car aucun médicament, aucun repas, et même pas de l’eau ne pouvaient être tolérés.
– Lors de la première grossesse, l’incompétence d’un médecin a aggravé la situation en la culpabilisant, alors qu’elle n’avait aucun contrôle sur cette maladie.
Heureusement, lors de la première grossesse, l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière a rapidement pris le relais. Grâce à des perfusions régulières et un suivi médical constant, ils ont réussi à stabiliser son état. Cependant, ces épreuves ont laissé des traces, aussi bien sur le plan physique que psychologique. Les vomissements gravidiques ont perturbé son corps, provoquant d’importantes variations de poids, avec des pertes de plus de 10 kilos puis des reprises de 10 à 15 kilos en fin de grossesse.
Fort heureusement, nous bénéficions aujourd’hui d’un suivi médical efficace pour l’aider à retrouver un équilibre et à se remettre de ces deux grossesses particulièrement éprouvantes. Malgré tout, ces expériences ont profondément marqué notre famille, et nous rappellent à quel point cette maladie peut être destructrice pour la mère et physiologiquement difficile, mais aussi donne de la frustration de part l’impuissance de pouvoir agir dessus.
