Témoignage déposé le 25/06/2024
En 2021 je tombe rapidement enceinte de mon premier enfant.
À partir de 3-4 semaines de grossesse, je commence à avoir des nausées et un odorat très développé.
Nous avions décidé de garder le secret jusqu’à la première échographie trimestrielle… il m’est de plus en plus difficile de me lever le matin, de respirer, de manger… et je ne peux en parler qu’à mon mari et à une collègue… je suis enseignante. Le médecin me prescrit du gingembre qui n’a aucun effet et me donne la nausée, puis de la Doxylamine + Pyridoxine. Seulement je ne le supporte pas, je n’arrive plus à conduire et la nausée est toujours là.
Je m’isole pour « manger » à midi et je n’arrive plus à faire classe. Je me réveille la nuit à cause des nausées et, pour essayer de la faire passer, j’essaye de vomir mais c’est comme si mon corps me bloquait. Je me sens seule et mon gynécologue me dit « ça va passer ».
Je suis au deuxième trimestre, c’est l’été, mon mari n’a plus le droit de se laver avant que je dorme, les nausées nocturnes se calment. Je n’arrive plus à laver mes vêtements, ni à faire la vaisselle sans être pliée en 4… Je ne supporte plus de voir du monde au risque d’être encore plus mal parce qu’ils ont bu un café ou mis un parfum… Je passe l’été à pleurer devant un bol de soupe de pomme de terre courgette… tout me dégoûte, je n’arrive pas à sortir du canapé et pourtant j’ai faim… Même l’eau et ma salive me dégoûtent.
Notre famille habite loin. Je ne sais plus quoi répondre à « ça va mieux ? ». On me dit encore et encore que ça va passer. J’ose manger une fraise et je me retrouve pliée en 4 pendant 7h à attendre que ce goût et cette nausée partent…
On me prescrit des médicaments pour soigner la schizophrénie en m’expliquant que certains médicaments calment les nerfs et les nausées en même temps, la pharmacienne ne comprend pas et me dit d’être forte et d’essayer sans.
À la fin du deuxième trimestre je reprends le travail après les congés et un matin, je craque à l’école. Mon mari vient me récupérer et je vais aux urgences. On me demande si ma grossesse est désirée et on veut m’hospitaliser pour « suivi psychologique ». Heureusement mon mari est là et me soutient. On rentre chez nous et je cherche une sage-femme pour mieux m’accompagner. Je l’ai trouvé à 6 mois de grossesse et je la remercie d’avoir été là pour m’écouter et me soutenir jusqu’à la fin. Bébé est arrivé presque à terme.
Je n’ai pas perdu beaucoup de poids pendant ma grossesse mais je suis dégoûtée de certains aliments et certaines odeurs encore 2 ans et demi après.
Je n’ai jamais vomi et pour autant, tout ça a été horrible. C’est une amie qui a vécu l’hyperémèse gravidique avec des vomissements qui m’en a parlé… Aucune personne du corps médical.
J’avais très peur pour ma deuxième grossesse de revivre la même chose. Mais j’ai été en hypoglycémie et les nausées se sont arrêtées à 4 mois et demi. Une grossesse beaucoup plus agréable. J’ai eu de la chance.
