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Témoignage de Stéphania

Témoignage déposé le 25/06/2024 

Je vous contacte car votre page a été un soulagement. 

C’est assez intéressant car je me suis souvent dit que je fonctionnais à l’envers. La grossesse a été un enfer, un état dépressif constant ( comme la dépression post-partum) et le post partum a été le bien-être, la joie et la libération surtout ( de ces hormones).

J’ai avorté deux fois et j’ai eu deux fausses couches entre ces deux interruptions programmées, comme si mon corps accusait de cette interruption volontaire le coup par une fausse couche à chaque fois que j’avais decidé moi, de dire stop. 

Durant ces premiers mois de grossesses avant les interruptions programmées, j’ai essayé pendant des semaines de me lever, avancer, socialiser, prendre les transports, respirer, inspirer, ne rien dire, sentir, puis être barbouillée, vomir puis être barbouillée et ne plus jamais savoir sortir de cet état. Sentir de l’eau me donnait des hauts le cœur, sentir l’odeur de la maison aussi, puis tanguer, tanguer toute la journée.

Le soir, l’apparition de douleurs dans le corps, de fièvre soudaine. On m’a dit c’est la nidification, c’est normal, c’est ça être enceinte. Banaliser toujours, malgré des blouses blanches différentes, le message est le même, ça va passer ou peut-être pas mais c’est comme ça!

 Une gastro pendant 3 mois, c’est ça le premier trimestre? Trois mois, donc 2 mois d’été + 1 mois, c’est long ça. Et en fait après 3 mois c’est toujours là et ça continuera. À la troisième fois, enceinte et nauséeuse pourtant, je suis censée pouvoir trouver les relais espérés mais non, hospitalisée à 12 semaines, on me force à voir un psychiatre qui vient encore une fois avec une théorie sur la somatisation, quelle violence ! Quelle indécence !  Cet homme pense savoir mettre des mots sur mes maux. Un compagnon qui ne comprend pas, qui ne me soutient qu’à moitié parce que cette maladie et bien,  personne n’y pense, personne ne sait comment l’a prendre, ni l’accompagner.

C’est vrai je vomis peu, de temps en temps donc je perds pas assez de poids pour qu’on me prenne au sérieux. Je mange des gâteaux sans goût et sans besoin de digestion. Je serai donc  sur un bateau, nauséeuse, fiévreuse pendant des mois, un état qui malgré des heures de sommeil, des journées allongées et les mille trucs et astuces, ne passera pas. Une heure de répit, une heure de répit c’est parfois mon seul vœu pour la journée. 

Le médicament Doxylamine + Pyridoxine, non remboursé et sans efficacité pour mon cas, m’a été prescrit, je l’ai pris pour avoir l’impression de savoir agir sur quelque chose mais en réalité la différence était si maigre que j’ai fini par l’arrêter. J’ai pris deux fois de l’alprazolam quand vraiment j’étais à bout de force morale et j’avais l’impression que j’allais tuer mon enfant.

J’ai eu ma petite fille il y a presqu’un an, je suis comme beaucoup de femmes, effrayée par le corps médical. Un encadrement psy ou médicamenteux, un traitement hormonal, des soins de toutes sortes, devraient être la base dans ce genre de cas. Des équipes formées, qui entourent les patientes de toute leur bienveillance !

Je ne pense pas qu’un jour je pourrai être capable de revivre cette maladie sans être réellement prise en charge et donc je renonce aussi à cette vie de maman multipliée.

Je souhaite en tout cas à toutes les femmes de ne pas rester dans leur détresse, de trouver des solutions réelles pour améliorer leurs sensations et des partenaires au top qui savent de quoi on parle.

Merci pour ce groupe !