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Témoignage de Caroline

Témoignage déposé le 05/11/2024 

A toi ma fille, mon pt’hibou, ma Tchoupinette…

Bien sûr que quand je te vois me sourire, je me dis que ces mois compliqués en valaient la peine, mais j’aurais tellement aimé avoir de meilleurs souvenirs de ma grossesse. Car oui être enceinte ce n’est pas une maladie, mais être enceinte peut rendre malade.

Je lis ces témoignages dans lesquels je me retrouve tellement, et je me dis que je ne suis pas seule.

Dans mon malheur j’ai eu la grande chance d’avoir été prise au sérieux et prise en charge avec bienveillance par le corps médical (médecins, sage femme, laborantins, personnel des urgences et de la maternité…), et d’avoir eu un énorme soutien de ton papa.

Mon cœur de femme se serre quand je vois que de nos jours certaines ne sont pas prises au sérieux, et parfois maltraitées (être enfermée dans le noir, ne pas avoir droit aux visites, les remarques blessantes du corps médical, c’est pour moi de la maltraitance!).

Mon cœur de maman se serre quand je lis que certaines ont dû faire le très difficile choix de renoncer à leur bébé qui était pourtant si désiré.

Nous ne te voulions pas fille unique, mais je ne sais pas aujourd’hui si j’aurai le courage de retenter cette aventure.

Je redoute de vivre une nouvelle fois la même chose, et j’ai encore plus peur que cette fois ce soit pire.

Les nausées sans interruption, la difficulté à boire (même l’eau m’écoeurait) et manger, les vomissements qui ont persisté jusqu’à la fin même si moins fréquents après 4 mois (+ traitement), la fatigue intense, le moral dans les chaussettes…

Et surtout, comment m’occuper de toi avec tout ça à gérer ? Est-ce que tu ne risques pas de mal le vivre? 

Alors je me laisse un peu de temps, et en attendant je me « répare » avec tes éclats de rire et tes regards craquants tout en sachant que je garderai malgré tout une cicatrice émotionnelle.

J’espère très fort que cette maladie va de plus en plus être prise en considération et étudiée, et que des traitements efficaces seront rapidement trouvés.

Je croise les doigts pour ne pas que tu hérites de cela si tu décides un jour d’être maman à ton tour.

Si tu vis cela un jour, sache que tu n’es pas seule, que c’est dur, mais que ça passera.

Si quelqu’un autour de toi vis cela, sois là pour elle. Quand on ne l’a pas vécu, on ne peut pas réellement se rendre compte de la souffrance et de la difficulté de cette maladie, mais cela n’empêche pas de respecter et soutenir la future maman. C’est une épreuve physique et morale, l’entourage est souvent assez impuissant, mais faire preuve de bienveillance et ne pas minimiser et banaliser cela peut déjà beaucoup aider et faire une grande différence dans ce combat.