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Témoignage de Magalie

Témoignage déposé le 13/11/2024 

En 2011, je découvre que je suis enceinte. C’est la joie. Au bout de quelques semaines, je ressens des nausées, des vomissements au réveil. Je suis enceinte…c’est normal me dis-je. Les vomissements s’aggravent. Je perds du poids (environ 3kg en quelques jours/semaines)

Je consulte mon médecin traitant qui m’écoute, semble désemparé et me dit que si cela ne passe pas, je dois appeler ma gynécologue en urgence.

Je n’arrive plus à manger, même boire est difficile (plus rien ne passe). J’appelle donc les urgences gynécologiques pour avoir un avis. On me demande de venir, que je vais peut-être être hospitalisée.

Sur place, échographie tout va bien et le cœur bat (quel doux son !). Le gynécologue me rassure en me disant que le bébé va bien, que c’est moi qui puise dans mes réserves pour lui. Prise de sang j’imagine. Et pesée…j’ai perdu 7kg en 1 semaine en tout 10kg en 2 semaines. Je me souviens avoir vu mon jean devenir trop grand. Ça m’a vraiment marqué.

Je suis donc hospitalisée et isolée, sans portable, sans contact avec ma famille, ni mon conjoint, dans le noir au départ. Les infirmières semblent vouloir me rassurer sur la grossesse mais moi j’étais contente ! (Si on enlève les vomissements).

Bref, une perfusion pour ne pas vomir en alternance avec une autre perfusion (je découvre après que c’était un anxiolytique) pour me détendre (c’est dommage je me sens mal à chaque fois que j’ai cette perfusion, elle est donc arrêtée).

Je vois la psychologue qui échange avec moi (et dira à ma mère que je vais bien).

Après 24h environ sans manger. Réintroduction des repas et visite de mon conjoint, cela passe et retour à domicile avec du métoclopramide.

Il me semble que je vomis encore lors du 1er trimestre malgré les traitements et que manger reste compliqué mais ça passe ! Je finis en arrêt 2 mois avant le congé maternité pour anémie sévère.

Finalement, l’accouchement m’a fait perdre du poids et personne ne m’a jamais fait de réflexions sur la prise de poids, c’est un avantage.

 

En 2013, 15 mois plus tard, seconde grossesse. Nous sommes extrêmement compatibles avec mon conjoint. C’est la panique : avoir une deuxième grossesse si vite, la peur de revomir, un aîné peu autonome. Comment faire ?

Nous consultons, se demandant si je dois interrompre la grossesse. Mais ce n’est pas envisageable pour moi. Aucun jugement pour personne, simplement ma réalité. Ce n’est pas possible.

Par contre, j’insiste, anxieuse, sur la perte de poids sur la première grossesse, l’hospitalisation… Le médecin accepte de me prescrire un médicament (le même que la première fois).

 

Je me souviens d’avoir vomi presque consciencieusement chaque matin et avoir eu un appétit relatif. A la visite du 1er trimestre, j’ai perdu 5kg seulement ! L’étudiante qui me pèse est inquiète de ma perte de poids mais pas la gynécologue, qui me connait. Je me sens mieux déjà.

 

En échangeant avec ma mère après mon hospitalisation, je découvre qu’elle a souffert également de vomissements importants. A l’époque, elle avait eu une piqûre (de quoi ?) par son médecin traitant.

 

J’ai eu de la chance, les soignants ont été à l’époque compréhensifs même si j’ai découvert que l’isolement lors de l’hospitalisation était lié à une conception psychologique des vomissements (lié à une difficulté dans le couple, un refus inconscient de la grossesse…) ça m’a beaucoup questionné à l’époque. Et Kate Middleton a eu la même chose l’année d’après et les vomissements gravidiques de la grossesse ont été évoqués avec des raisons plus hormonales. Cela a appuyé les propos de ma mère.

 

Bref, pas d’autres grossesses depuis et ce n’est pas prévu mais je suis heureuse de voir que la recherche avance et j’aurais aimé vous découvrir à l’époque. Je crois avoir compris qu’il y a une cause génétique. Mes enfants sont au courant mais j’insisterai auprès de ma fille quand elle sera concernée. Peut-être que la recherche aura avancé d’ici là et qu’un traitement préventif existera…