Témoignage déposé le 18/06/2024
Ma sœur avait 27 ans lors de sa première grossesse, elle était si heureuse, puis les vomissements se sont installés avec de très fortes nausées, devenues de plus en plus fréquentes, elle a au début consulté son médecin de famille qui l’a orienté chez une gynécologue, elle lui disait c’est normal, tout va bien, vous venez d’un autre pays et entamez une grossesse loin de votre famille sans soutien, cela chamboule votre vie. Elle sort de chez elle sans ordonnance même pas des sels de réhydratation ; quelques jours après elle m’appelle angoissée car rien ne passe elle vomissait jusqu’à 30 fois par jour, je lui demande de repartir chez sa gynécologue qui lui dit : tu exagères !!!! Alors qu’elle vomissait devant elle et que son mari lui tenait un récipient, elle sort effondrée. Son mari ne la soutient plus car la gynécologue l’a persuadé que c’était juste de la comédie, elle me rappelle le même jour et me dit qu’elle avait très soif et carrément en train de lécher l’eau car si elle prenait une gorgée elle vomissait le tout. Je lui hurle d’aller aux urgences. Elle y va. Immédiatement hospitalisée et prise en charge. Ils ont appelé sa gynécologue qui travaillait là-bas : ma sœur lui dit qu’elle veut avorter, si c’est ça la grossesse, elle n’en veut plus. Mais c’était le début de la descente en enfer. La gynécologue l’a mise sous médication lourde, demande aux infirmières de ne plus lui parler, confisque son portable, le silence absolu, visites interdites, elle ne comprenait pas leurs réactions, c’était carrément un asile des années 1700, un protocole inhumain abandonné depuis des années, et qui angoissait les mamans plus qu’il ne leur faisait du bien. Une gynécologue d’autre temps qui ne prenait pas la peine de comprendre sa détresse. Elle a essayé de s’enfuir plusieurs fois, son mari l’a complètement abandonné car la gynécologue lui disait que c’est psychiatrique, ma sœur a commencé à déféquer et uriner sur elle-même comme vengeance personnelle, elle leur jetait tout au sol… La gynécologue démunie devant ces crises ingérables a changé de méthode et a assoupli les directives. Ma sœur sous traitement qui la faisait dormir jour et nuit a demandé que la dose soit diminuée, ce qu’a fait la gynécologue qui commençait à dialoguer avec elle. Après deux mois d’hospitalisation elle rentre chez elle, avec une rancune envers le personnel médical et surtout son mari qui lui aussi était une victime de ce médecin. Elle est restée sous médication jusqu’à l’accouchement, un baby blues s’est rapidement installé car épuisée durant la grossesse, sa famille loin d’elle et un cœur brisé. Pour sa deuxième grossesse, la gynécologue l’a mise immédiatement sous traitement, c’était pour elle plus agréable mais elle a gardé des séquelles psychologiques : une amertume envers le corps médical qui a nié sa détresse jusqu’à remonter son mari contre elle. Actuellement, ses garçons ont 10 et 6 ans, ils sont en pleine santé. Elle entame des études supérieures pour devenir psychologue.
Moi étant sa grande sœur, habitant de l’autre côté de la mer, moi-même médecin pédiatre, j’avais du mal à comprendre un pareil cauchemar !!! Ne pas croire le malade jusqu’à la déshydratation !!! C’est inconcevable et une erreur médicale impardonnable, instaurer un vieux protocole et entraîner le mari dans un mensonge, je dirais un abus médical soutenu par une hiérarchie défectueuse !!!!
J’en suis encore traumatisée.
Merci de m’avoir permis de m’exprimer.
