Témoignage déposé le 13/06/2024
En Juin 2018, je me rends compte que j’ai quelques symptômes et je décide de faire
un test qui est avéré… Super je vais être maman !
Très vite je rentre dans une spirale où je suis de plus en plus malade.
Mon estomac me fait mal sans aucun répit.
Je n’arrive plus à parler tant les nausées sont constantes et handicapantes.
Les vomissements s’installent plusieurs fois par jour. Je n’arrive plus à manger et je
vomis, même l’eau que j’essaie de boire, à la seconde même où je l’avale.
Pendant un peu plus d’un mois, je vais devoir me rendre chaque semaine chez des
médecins afin de quémander des arrêts maladie.
Un des médecins m’avait dit que toutes les femmes du monde vomissent que c’était normal.
Un gynécologue m’a dit que je suis simplement enceinte mais pas malade…
Un autre médecin (femme), m’a dit que je n’avais qu’à me rendre au travail dans cet état, qu’il s’ensuivra un malaise et que je serai transportée à l’hôpital, car elle ne pouvait plus me faire d’arrêt.
Un thérapeute que j’avais réussi à avoir au téléphone m’avait dit que je rejetais mon
bébé via les vomissements et que tant que ce sera le cas je n’irai pas mieux.
Partie aux urgences, après avoir été pris en charge avec dédain, on m’a renvoyé à
mon domicile avec de simples anti-nauséeux qui n’auront aucun effet.
Conduire, marcher était devenu un calvaire.
Je vais d’ailleurs perdre plus de 10 kg en une quinzaine de jours sans rien avoir pu
avaler.
A 10 semaines de grossesse, je me fais hospitaliser par le gynécologue qui me fait
ma première échographie. Ce jour là, je lui parle d’avortement car je sens que je vais mourir.
Je remercierai à vie cette femme qui n’a pas minimisé mon état.
L’hospitalisation durera 4 jours dans le noir, sans télé, sans téléphone avec des
vitamines et des anti-vomitifs en intraveineuse.
Je n’étais pas guéri, mais au moins je pouvais remanger certaines choses. Peu de chose,
mais de quoi survivre…
Je vomirai jusqu’à la fin de ma grossesse, en gardant cette douleur à l’estomac sans
jamais qu’elle ne s’arrête et un état général dégradé.
La délivrance fut instantanée à l’arrivée de mon fils. Je crois que je fus plus contente
de me sentir bien que de l’accueillir. Cela faisait 9 mois que j’étais malade, que ma
santé me faisait défaut.
J’ai appris six mois après la naissance de mon fils, suite à des recherches sur
internet, que je n’étais pas aussi “petite nature” qu’on voulait me le faire croire.
D’autres femmes avaient malheureusement vécu ce calvaire.
En 2023, je pense y être préparée mais à un mois de grossesse mon état se dégrade
irrémédiablement.
Je vais me coucher ce jour là et me relever sporadiquement, avec beaucoup de mal,
pour les rendez-vous médicaux.
D’ailleurs au bout d’un moment, je ne pourrai plus me lever sans être soutenu par un
tiers.
Mes seuls déplacements seront entre la chambre et les toilettes.
Je ne pourrai plus aller aux rendez-vous médicaux.
Les hôpitaux cinq ans plus tard continuent à minimiser… Et à ne pas soigner.
La prise de médicaments m’aidera à réduire un peu le nombre de vomissements
mais jamais ils ne s’arrêteront, ils dureront jusqu’à l’accouchement.
Jamais je ne pourrai m’occuper de mon fils qui avait 4 ans à ce moment-là.
Nous passons d’ailleurs, lui et moi, toute la durée de ma grossesse chez mes parents.
Ma mère devra m’aider à prendre ma douche. Mon compagnon tout en travaillant et à qui nous avons imposé la séparation devra
assurer tout le reste.
Ce fut un enfer sur terre bien plus difficile à vivre que la première grossesse.
J’y avais cru : “que chaque grossesse est différente et que ça allait être un rêve”.
Même l’hospitalisation à domicile avec une réhydratation sera compliquée car mon
corps ne supportera plus les aiguilles.
Le pire c’est le personnel médical qui minimise vos symptômes, vous traitent avec
dédain, vous disent que vous théâtralisez et autres… Vous regarde comme si vous
prenez plaisir à exagérer une situation que vous ne souhaitez à personne.
Quelqu’un s’est déjà imaginé une gueule de bois mixée avec une gastro et le mal de
mer pendant 9 mois sans répit, auxquels on ajoute les symptômes habituels de la
grossesse ? Tachycardie, maux de tête, malaise, remontées acides, hypotension,
douleurs ligamentaires, constipations…
Bref, mon garçon et ma fille me comble mais le traumatisme est bien là.
Je ne remercierai jamais assez l’Association HG- NVG d’exister et de m’avoir accompagné, ainsi que le Professeur Deruelle.
Merci à ma mère, mon compagnon, mon fils et ma tante sans qui j’aurai sûrement
vriller. Merci au peu de personnels soignants qui ont fait de leur mieux pour
m’accompagner.
Dorénavant, j’espère que modestement je pourrai également porter ma petite pierre
à l’édifice de cette belle association.
Vous qui vivez cette maladie car oui c’est une maladie, une sacrée maladie pour
rester polie… vous y arriverez !
Ce sera horriblement difficile mais vous y arriverez !
