Témoignage déposé le 19/01/2024
J’ai récemment pu voir les avancées scientifiques sur la cause des nausées/vomissements de la grossesse.
Cela m’a donné envie de vous apporter mon témoignage.
Je m’appelle Elise. J’ai 33 ans et je suis maman de 3 enfants : Justin 7 ans, Agnès et Suzanne, jumelles de bientôt 4 ans.
Lors de ma première grossesse, j’ai eu des nausées au 1er trimestre. J’ai perdu du poids, mais elles restaient gérables et ça n’allait pas jusqu’aux vomissements.
Au début de ma seconde grossesse, j’ai très rapidement eu des nausées fortes, ce qui m’a d’ailleurs mis la puce à oreille sur le caractère gémellaire de ma grossesse.
Tout était plus fort (la fatigue, les nausées) et cela s’est confirmé, très rapidement les nausées sont devenues incontrôlables, ingérables et se sont transformées en séries de vomissements qui m’ont vite affaiblie.
Après une semaine de « vacances » (des vomissements 6-7 fois chaque jour, même que de l’eau, je vomissais), avec conjoint et enfant, nous sommes passés par la maternité sur le chemin du retour. Au vu de ma perte de poids (5kg en 5 jours) et de ma déshydratation, l’équipe décide de me garder, de m’hospitaliser.
Je suis soulagée sur le coup, pensant qu’on allait m’aider, mais au lieu de ça, on m’annonce qu’on va « m’isoler », dans le noir, avec interdiction de voir mon conjoint, mon fils, sans téléphone, à jeun pendant 2 jours, puis qu’on va me redonner progressivement des compotes. On m’explique que c’est le meilleur moyen, qu’il est probable que je n’accepte pas cette grossesse gémellaire, que ça permet de réfléchir.
Je souffre en silence pendant cet isolement.
Je reste hospitalisée 7 jours environ. Je lutte contre les vomissements pour pouvoir sortir, m’échapper d’ici. 5 min après avoir quitté l’hôpital, je demande à mon homme d’arrêter la voiture, et je vomis. Evidemment et sans surprise, l’isolement n’a pas été efficace !
Je rentre affaiblie mais je suis chez moi. Ma maman prend mon fils 7 jours chez elle pour me soulager.
Pour moi, c’est la rencontre 1 mois après d’une endocrinologue qui me prescrit du ***, et l’arrivée du second trimestre qui me rétablit petit à petit. L’hyperthyroïdie rentre également dans l’ordre.
Je reprends des forces et je mènerais cette grossesse gémellaire à terme, avec un accouchement par voie basse à 38sa+2 et 2 merveilleuses filles de 2,8kg, mais je reste marquée, marquée par ce traitement que j’ai vécu comme de la violence médicale, la culpabilisation de l’équipe médicale, l’absence d’aide et compassion dont ils ont fait part.
Voici mon témoignage.
Je suis heureuse des récentes découvertes et espère sincèrement qu’un traitement sera rapidement trouvé pour aider les femmes qui souffrent d’HG. Et en attendant, je souhaite à ces femmes de trouver des professionnels de santé informés, formés sur cette maladie, et avec un minimum de bon sens et de bienveillance pour les accompagner, faute de traitement pour le moment.
