Témoignage déposé le 02/09/2022
J’ai 24 ans et je suis maman du petit Amir qui a aujourd’hui 4 mois !
Je viens aujourd’hui partager mon vécu sur les réseaux afin de sensibiliser plus de monde sur cette pathologie encore très peu connue.
J’ai appris ma grossesse le 3 août 2021, j’étais déjà à 6/7 SA.
J’étais très heureuse de cette nouvelle d’autant plus que je sortais d’une FC.
2 semaines après ce test, je ne me sentais vraiment pas bien, j’ai d’abord pensé à une intoxication alimentaire car j’avais dîné dehors avant, mais j’ai vite compris que ce n’était pas le cas.
Et les symptômes se sont installés rapidement un à un.
Dès ce jour-là, je ne pouvais plus boire que de l’eau très glacée.
Je ne supportais plus la lumière, le bruit, les odeurs…
Tout ça accompagné de nausées et de saignements du nez.
Je suis allée plusieurs fois aux urgences maternité mais rien n’a été fait, je n’ai pas été prise au sérieux.
J’avais plus peur pour mon bébé que pour moi… Je passais mes journées à vomir puis à pleurer car je n’avais déjà pas eu un parcours facile et maintenant que j’étais de nouveau enceinte, je n’étais pas » capable » de le faire grandir correctement. Je ne croyais plus en cette grossesse, je nous voyais périr et de ce fait je n’ai pas eu de ventre jusqu’à mon 6ème ou 7ème mois de grossesse.
Mais la situation s’est vite aggravée quand je n’arrivais même plus à m’alimenter, ni à boire quoi que ce soit, même les choses banales du quotidien me donnaient des vomissements (cuisine, brossage de dents…)
J’ai perdu en 1 mois plus de 10 kilos. J’étais dans un état catastrophique.
Je suis donc retournée aux urgences un soir mais bien sûr tout ce que j’ai eu comme réponse c’était : « Mais c’est normal Madame c’est les symptômes de la grossesse, faut supporter ! Prenez un doliprane et attendez dans la salle d’attente ».
Donc je viens de dire que je me vide littéralement, que je suis en train de mourir et la seule réponse que j’obtiens c’est : » c’est normal ».
J’ai donc pris leur doliprane que j’ai bien sûr rejeté 1min après.
Cette nuit-là j’ai fait les examens basiques des urgences : prise de sang, urine, écho puis j’ai attendu plus de 2h les résultats avant de partir car je ne pouvais plus patienter à 3h du matin sur un banc en fer.
Mon état s’est aggravé dans la nuit alors je suis retournée aux urgences le matin très tôt.
D’abord on m’a fait la remarque de pourquoi je n’avais pas attendu les résultats : oui effectivement il était 3h j’étais en train de m’effondrer donc oui je n’ai pas attendu.
J’ai refait les examens de la veille et on m’a fait patienter dans un lit ! Enfin un peu d’humanité !
Le docteur vient me chercher et me voit dans le sale état dans lequel j’étais (pyjama, chignon, et pliée en deux à moitié endormie).
Et c’est là que le diagnostic tombe : Hyperémèse Gravidique ! Un nom un peu barbare et surtout inconnu pour moi.
Il m’explique que ça touche que très peu de femme et que c’est une maladie très peu connue. Il me prescrit des médicaments et me dit de patienter pour voir si ça passe.
Je fais une écho, bébé va parfaitement bien et il me donne même une petite photo contrairement à d’habitude pour me rassurer.
Enfin un nom sur ce que j’ai !
Néanmoins, j’aurais dû être hospitalisée sous perfusion car j’avais perdu plus de 10% de mon poids mais cela a été mal calculé.
Quand je suis rentrée, j’ai cherché sur internet et je suis tombée sur le reportage de Soumaya, ambassadrice de l’association de lutte contre l’hyperémèse gravidique, dans la Maison des Maternelles et j’ai tout de suite compris ! J’avais exactement la même chose mais on se moquait de moi!
La grossesse a suivi son cours avec par la suite une diminution des symptômes.
Mais tellement stressante que je n’ai pris conscience de tout ce que j’avais vécu le jour de mon accouchement.
Bébé est né sans problème et cette grossesse éprouvante a créé un lien très fort entre nous deux.
Aujourd’hui je témoigne afin de faire connaître aux gens, à mon entourage et au personnel médical que non les femmes qui viennent dans cet état ce n’est pas normal, non ce n’est pas psychologique et non ce n’est pas du cinéma !
Il faudrait qu’une sensibilisation soit faite dans le milieu hospitalier et que certaines remarques ne soient plus dites.
Et pour les femmes victimes de cette maladie, nous sommes de tout cœur avec vous car nous sommes passées par là et nous ressentons votre douleur.
