Témoignage déposé le 31/05/2022
J’espère que ce 2e témoignage aidera beaucoup de femmes car je pense qu’il est aussi important de parler de l’après accouchement. Mon 1er témoignage a été publié le 25 juillet 2021. Depuis la naissance de ma fille, le 19 mars 2021, beaucoup de choses se passent en 1 an.
Pour moi l’après accouchement c’est, réussir à parler 1 an après de ce qu’on n’a pas pu dire encore il y a quelques mois, tout ça à cause du choc post traumatique. Mais aussi de dire que ce n’est pas parce que nous avons accouché, que tout est entièrement derrière nous.
La publication de nos témoignages, pour moi c’était difficile d’accepter qu’on puisse savoir les moindres détails du cauchemar que j’ai vécu. Jusqu’où cette maladie nous rabaisse, notre hygiène, notre vie sociale et notre qualité de vie, détruites. On se sent déjà plus bas que terre, coupable de notre état. Mais surtout impuissante, incomprise, seule, enterrée. Pour ma part j’étais en colère contre mon corps qui n’était plus le mien. Il m’a laissé tomber pour la première fois de ma vie, il appartenait à cette saloperie de maladie.
En colère surtout contre ceux qui n’ont pas voulu me croire et qui prennent cette maladie à la légère encore maintenant. Des fois c’est même devenu un concours, »oh ben moi j’ai eu ça ah mais moi j’ai eu ça il faut penser à lui il faut penser à elle ». Malheureusement je n’ai pas attendu d’avoir cette maladie pour savoir réellement ce que c’est de passer par des situations extrêmement difficiles.
Avec le temps on se rend compte qu’on encaisse encore même si on est enfin libre de cette horrible maladie. Je suppose que comme moi, beaucoup autour de vous pense qu’on s’en remet en 2 ou 3 mois. Au bout d’un an, c’est bon maintenant elle saoule avec son hyperémèse gravidique elle va passer quand à autre chose. Il lui arrive toujours quelque chose, elle a toujours autre chose. Encore la preuve que les gens parleront toujours plus de ce qu’ils ne connaissent pas que de ce qu’ils connaissent.
Je suis devenue avec le temps, le reflet de la personne que j’ai en face de moi. J’aurais vraiment aimé que tout s’arrange en 2 ou 3 mois après l’accouchement. J’ai encore du chemin à faire même 1 an après.
Physiquement, comme écrit dans mon 1er témoignage, on m’a diagnostiqué la fibromyalgie. Un peu normal quand j’ai été allongée 235 jours. Je me demande si les gens arrivent à s’imaginer ce que ça représente d’être allongée 235 jours, du jour au lendemain, à cause d’une maladie qui nous tombe soudainement dessus. La fibromyalgie se déclenche à cause de faits traumatisants, je n’ai pas le contrôle sur ça, personne ne l’a. Ça peut disparaître comme ça peut rester à vie.
J’ai un corps meurtri et épave il va me falloir encore 1 an voir 2 pour m’en remettre complètement, ça aussi il faut se justifier plusieurs fois pour qu’on vous croit comme si j’ai eu une grossesse ordinaire. Même 5 ou 6 marches d’escalier je suis arrivée à un stade, de les monter doucement, alors que j’ai seulement 33 ans.
Nous sommes partis en vacances l’automne dernier, j’avais ma serviette de plage à plat sur le sable, j’étais incapable de me mettre au sol, soit j’étais tout le temps debout soit je trouvais un rocher pour m’asseoir. Il y a 2 ans de ça c’était basket, short et bikini, le nécessaire pour escalader et se rendre à des criques cachées. C’est ce que j’ai toujours aimé faire en vacances, cette maudite maladie m’a tout gâché. Mon corps d’avant, je ne m’en souviens même plus. Les 1es semaines après mon accouchement, je ne pouvais pas grimper sur une chaise pour récupérer un verre dans l’armoire, ni même me mettre à genou. Aujourd’hui si je me mets à genou pour la poussière, je dois me baisser encore très doucement, j’ai l’impression d’être en apprentissage comme ma fille en ce moment dans son parc. Je passais des nuits horribles comme si une montagne était sur mon dos.
J’ai regardé King Richard, sur la vie des joueuses de tennis les sœurs Williams. Pourquoi j’ai fini en larmes à la fin du film, une fierté pour toutes les femmes, une forme physique tout simplement que j’avais et que j’ai perdu, une des sœurs maman d’une petite fille de 4 ans, qui avait une belle grossesse et avait une forme olympique après son accouchement. Tout ce que je n’ai pas.
En résumé, on doit se battre enceinte de nous croire ce qui nous tombe dessus pendant 9 mois, et ensuite on doit se battre après de nous croire dans quel état cette maladie nous a laissé. Quand certaines faisaient déjà leurs abdos post-partum chez le kiné, moi je dois encore y aller pour mon dos, et je suis encore très loin du tunnel.
Mentalement, je suis suivie par une psychologue qui a eu la même maladie que nous il y a plus de 10 ans en arrière, je ne pouvais pas mieux tomber pour me comprendre et surtout m’aider. Ma merveilleuse Angélique. Ça fait toujours plaisir de rencontrer de nouvelles personnes avec le cœur sur la main, on sait que ça existe encore, qui s’inquiète vraiment pour moi et qui veut réellement mon bien, une personne plus que bienveillante, sans aucun jugement, sans aucune critique, toujours de bons conseils. Je n’ai aucune honte de dire que je suis suivie. C’est important de le dire.
Je suis une survivante de l’HG pour ma fille. Je suis sa mère et je décide de la protéger de tout ce que je pourrai au maximum dans un monde aujourd’hui qui n’est plus vraiment le nôtre car oui nous vivons vraiment dans un monde de fou. Malgré tout la lutte continue.
Je suis marquée à vie, j’ai un traumatisme à vie que je dois minimiser pour continuer d’avancer et de me battre encore et toujours pour ma fille. Personne ne nous comprend et personne ne comprend la définition du mot »traumatisme », il nous colle à la peau chaque seconde de notre vie, s’installe dans notre cerveau et même si le temps passe il ne s’en ira plus. On doit vivre avec cette cicatrice toute notre vie.
Nous avons pour certaines d’entre nous, accouché pendant une crise sanitaire qui a bousculé le monde entier. Les précautions et les gestes barrières pour notre fille, pour nous, encore une fois dans la majorité on doit se battre pour que ça soit appliqué sous notre toit, et ailleurs. Même après qu’on ait eu le covid tous les 3. Dans quel état doit-on être, pour qu’on arrête de prendre cette épidémie à la légère.
1 an après pour moi ce n’est pas uniquement parler de ce qui se passe après. Je peux dénoncer d’autres choses pendant le 1er et 2e trimestre que je n’ai pas réussi à dire la 1ère fois. Le choc post-traumatique.
Beaucoup oublient qu’en plus de la maladie, nous avons la chute des hormones. Je pleurais tous ces mois autant que quand j’étais enceinte, je ne pourrai jamais dire plus, c’est impossible.
J’ai changé 3 fois de médecin traitant. Le 1er de base est parti à la retraite, les 3 autres, complètement sur la lune. Aucun intérêt sur l’hyperémèse gravidique, un pauvre médecin d’Alsting, qui m’envoie directement aux urgences de l’hôpital Marie-Madeleine. Qui n’était pas foutu de décrocher une seule fois au téléphone dans l’état où j’étais. Il fait partie de Robert Pax, je peux vous dire que question hyperémèse à Robert Pax ils sont aussi bien à côté de la plaque, et vous laisse mourir de faim et de soif, c’est bien pour ça que j’ai signé une feuille de sortie à 2h du matin. Avec l’envie de vomir et en ne supportant aucune odeur nulle part bien entendu. Ils peuvent se donner la main question maltraitance des patients, à un autre étage ils se foutaient complètement du cancer de mon oncle.
J’étais contente de ma grossesse du 16 au 27 juillet 2020, j’avais 2 ou 3 applications sur la maternité. La maladie a frappé le 28 juillet, le 6 août je suis allée voir ce médecin, je lui ai sorti mon téléphone et lui montre l’article du jour sur une de mes applications qui parlait de l’hyperémèse gravidique. Une horreur d’être dans la voiture à mes parents, je devais supporter l’odeur du cuir, en pleine canicule, je respirais par la bouche. Seulement 9 jours après le début de l’enfer, je savais que le commencement de ma grossesse n’était pas normal. Chacune d’entre nous le sent que ce n’est pas normal. Je savais à 99% que j’avais une grossesse HG, c’était la 1e étape. La 2e étape, qui allait me croire, la 3e étape, qui allait me comprendre et enfin la 4e, qui allait me soigner.
Je suis allée à la boucherie Marie-Madeleine, j’avais déjà perdu du poids. J’ai dû mentir de perdre tant et tant pour que la pourriture de médecin n°1 accepte mon hospitalisation. Je suis restée 3 jours, ça allait mieux. Je rentre tout recommence sans parler des crises d’angoisse qui reprennent le dessus m’empêchant de respirer en pleine nuit et en pleine canicule, les fenêtres ouvertes le bruit de l’autoroute me dérangeait déjà, je n’ai jamais autant manqué d’air de ma vie. Je croyais que j’avais eu à nouveau le covid. Je vais chez mes parents j’étais en train de dépérir de jour en jour sur le matelas, puisque je n’arrivais plus à boire et plus à manger. J’étais sale et dépressive. J’ai passé le 1er et 2e trimestre à me tenir aux gens pour marcher, avec sans cesse une douleur au thorax. Mon diaphragme en a pris un sacré coup, j’avais toujours en marchant cette sensation d’oppression, de nœud à l’estomac, de poids sur le thorax, forcément de nausée, une respiration réduite, qui m’empêchait de respirer à fond, dûe à cette pression en continue dans l’abdomen. Quand j’ai accouché, cette respiration que je n’avais plus depuis 8 mois est soudainement revenue. Une respiration qui fait du bien, je l’ai appelé une respiration de soulagement qui vous dit que vous êtes libre, vous connaîtrez ce moment aussi.
Mon compagnon est venu j’ai murmuré à ma mère »aidez-moi ». Ma mère ne s’inquiète pas que pour ses enfants, elle s’inquiète pour tout le monde, elle était mal aussi pour mon compagnon. Sans oublier que l’urgence c’était moi. Ce jour où j’ai été transportée sur le brancard par les ambulanciers, j’étais entre consciente et inconsciente. Ils m’ont demandé de parler, je les entendais mais je n’arrivais pas je n’avais plus de force.
»Allez Susan Allez Susan restez avec nous Susan restez avec nous ».
Je pensais tout le temps à mes neveux et mes nièces, je devais préparer un gâteau pour les 9 ans de ma nièce que je n’ai jamais fait. 1 mois avant tout ça, c’était des après-midi piscine ensemble dans notre jardin, les voir heureux c’était mon meilleur souvenir, musique, glace, ballon et pistolet à eau, je croyais que j’allais finir mon été avec eux, et soudain je regarde en l’air et j’entends à nouveau les sirènes de l’ambulance. Pour moi je n’allais plus les revoir. Je ne disais absolument rien, seulement une larme a coulé. On a toutes ce pressentiment de fin de vie. Qu’on nous cache quelque chose. Que personne ne peut nous aider, personne veut nous dire la vérité et qu’on doit accepter de mourir à petit feu. Que notre fœtus ne tiendra pas.
Arrivée à la boucherie, la pourriture de médecin n°2 me pince la peau pour vérifier si j’étais consciente ou pas, il m’a pincé tellement fort que j’ai hurlé »ça fait mal vous êtes malade ou quoi ! ». A sa voix, je reconnais que c’était mon gynécologue de secours. J’ai ma gynécologue de base, je devais faire un contrôle important avant de tomber enceinte il était disponible avant elle donc j’ai eu un rdv dans son cabinet, je l’ai trouvé très sympa, très réactif et professionnel. C’était 3 mois avant cette hospitalisation. A Marie-Madeleine, c’est un monstre sans cœur, quoi qu’apparemment même dans son propre cabinet selon les avis Google. Je rêve encore maintenant d’y retourner et de lui retourner son bureau, et lui rappeler qui j’étais quand il m’a manqué de respect en tant que femme pour commencer car dans l’état physique où j’étais il ne m’a pas reconnu. J’étais en pyjama short et débardeur c’était la canicule, pieds nus sans soutien-gorge, on m’a laissé comme ça sur le brancard horriblement dur de 14h à plus de 19h sans eau, sans couverture, en pleine lumière, comme si j’étais nue comme un ver en pleine rue, on devait me ramener une bassine pour faire pipi je l’ai attendue plus de 3h à me retenir, et à force de me retenir quand cette idiote de sage-femme m’a ramené cette bassine, j’essayais ça venait plus. Alors quand autour de vous on croit qu’on doit oublier absolument tout en si peu de temps juste parce que ça y est on a accouché, vous êtes tous vraiment très loin de la réalité.
J’entendais mon père et mon compagnon se disputer avec l’équipe de l’après-midi, ils n’avaient pas le droit de venir, encore une fois, merci le covid. J’entendais derrière la porte la pourriture de médecin n°1 dire aux sages-femmes »elle est déjà venue la semaine dernière c’est le 1er trimestre c’est comme ça on va pas l’hospitaliser ! ». Il s’est fait engueuler par mon père et mon conjoint donc si en fait je suis à nouveau hospitalisée mais à quel prix. La méchanceté du corps médical, l’ignorance, la mauvaise foi et même quand on sait tout ça on se permet encore de me cracher dessus pendant ma grossesse et même après. On m’a installée dans une chambre, sans télé, sans rien, avec mes affaires, effectivement, ils avaient prévu de m’isoler dans le noir, m’interdire de boire et de manger. Cette fameuse technique adoptée dans je ne sais combien d’hôpitaux en France, et on devait tous les applaudir à la fenêtre il y a 2 ans, il y a un grand tri à faire avant, moi je vous le dis.
Ce n’est pas arrivé car j’ai entendu mon compagnon engueuler encore une fois l’équipe, pour me changer de chambre, avoir la télé, bien que dans cette maladie, il faut éviter les écrans le plus possible ce qui engendre des nausées. Entendre au moins le son je me sentais moins seule dans cette horrible chambre. Sans arrêt chaque seconde que je vivais je me disais dans quoi je me suis embarquée comment je vais finir, c’est ça la joie d’être enceinte. La sage-femme a pris violemment mon lit et moi dedans bien entendu et m’a changé de chambre, je lui ai dit de rouler plus doucement je me sentais mal ça lui passait au-dessus bien sûr.
Ça me rappelle qu’une matinée, avant d’être hospitalisée 1 mois en présence du professeur Deruelle, ici on ne me croyait toujours pas, nausée sur nausée même le peu de céréale que j’avalais j’étais déjà traumatisée de manger, je priais de ne pas aller vomir, j’ai vomis je ne savais plus comment sortir de chez moi, je ne pouvais plus me forcer à rouler dans cet état et tous les croire que c’était normal de rouler comme ça et que je devais me forcer à sortir, j’étais traumatisée de devoir partir de chez moi, à la vitesse où je m’habillais tout ça en tremblant, on s’est plaint que je n’étais pas encore arrivée en bas sur le parking, seulement 10 minutes après avoir vomi. C’est bien ce que je vous dis, on ne me croyait toujours pas. Et une fois en route, les virages comme si je n’étais pas enceinte, une conduite énervée et pressante comme si c’était de ma faute. Après ce trajet il était clair que pour midi j’étais dans l’incapacité totale d’avaler encore quelque chose. C’était bien la confirmation que je n’étais là que pour pondre. Empathie, zéro. Méchanceté gratuite, 10 sur 10. Vous connaissez la série Euphoria, une droguée au sol qui faisait une crise de manque, elle combattait pour ne pas replonger, dans mon lit j’étais dans le même état, à combattre les nausées, on m’a vu dans cet état, je demandais du calme à ce moment-là, parler moins fort ne pas crier à côté de moi, un minimum de respect pour ce que je suis en train de vivre, et on a osé lever les yeux au ciel, mais apparemment je suis trop direct, trop susceptible.
J’en reviens à la boucherie, qu’on vienne encore me dire que le seul service qui tient encore la route là-bas c’est la maternité, mon dieu… Pour les grossesses ordinaires oui, certainement pas pour le reste. J’ai mangé et j’ai bu ce que je pouvais. Ma mère m’avait aussi rempli les sacs heureusement. A vous toutes et vos proches qui vous soutiennent, n’ayez peur de personne, vous êtes dans cet hôpital entourée d’étrangers, ça ne doit en rien vous intimider ne vous laissez pas faire. L’association est là, écrivez-nous. Oui on vomit tout ce qu’on mange tout ce qu’on boit oui rien ne passe, mais l’estomac vide c’est encore pire, votre estomac va bien finir par garder quelque chose, ne serait-ce qu’un bout de pain, quelques gorgées d’eau et quelques biscuits secs ou madeleines, que votre famille vous en apporte, il n’y a aucune loi signée qui vous l’interdit ! Ne vous faites pas avoir par ce qu’ils vous disent ou ordonnent !
On connaît la maltraitance des femmes, des enfants, le harcèlement à l’école, au travail, la délinquance dans les rues. Personne ne parle de maltraitance dans les hôpitaux qui maintenant existe depuis tellement d’années, aucune loi aucune amende contre ça rien n’est votée !
Je me lavais avec une bassine d’eau, je faisais pipi dans une bassine je ne pouvais plus me lever. Combien de mois j’ai répété cette phrase qui devenait fatigante »je peux pas me lever je ne peux pas me lever je peux pas me lever ». »Je me sens mal si je me lève je me sens mal si je me lève je vais vomir si je marche je vais vomir si je marche », c’est quand même incroyable cette excuse des mois après mon accouchement ‘‘on ne connaissait pas la maladie » mais quand ça sort 15 millions de fois de ma bouche dans quel état je suis pourquoi tout simplement ne pas me croire. Tout vient de là, que ça soit le corps médical ou les proches, pourquoi vous nous ignorez, pourquoi vous ignorez notre souffrance, pourquoi vous ne pensez qu’à vous, pourquoi vous nous traitez de folle, pourquoi vous ne cherchez pas plus loin, pourquoi autant de froideur, d’arrogance et de mépris, pourquoi vous nous croyez pas, pourquoi vous cherchez autre chose que ce qu’on est devant votre nez. La loque, le zombie, le cadavre, la moins que rien qu’on est devenue du jour au lendemain devant vous. Suis-je de nature ainsi quand je ne suis pas malade ?
Dans l’état pitoyable où j’étais, j’ai quand même réussi à tous les réprimander un par un tous les jours pendant je pense presque 10 jours. Médecins, cadres, infirmières, infirmiers, sages-femmes, internes, psychiatre. Oui un psychiatre est venu m’agresser dans la chambre, me faisant croire que c’était dans ma tête et que je devais aller en psychiatrie à Sarreguemines. Le pire c’est que même si je l’ai jeté comme un malpropre de ma chambre, j’ai failli le croire, je me suis demandée si je devais vraiment y aller. Quand j’ai vu qu’il avait une étoile sur Google, encore un qui mérite de perdre son travail et l’interdiction d’exercer. Je l’ai appelé pourriture n°3. Mais ça m’a tellement fait du bien de l’avoir jeté de ma chambre, j’étais en train de me faire engueuler comme une gamine de 5 ans, le connaissant ni d’Adam ni d’Eve, et ni une ni deux malgré mon état j’ai eu le même ton que lui. M’agresser gratuitement et se prendre pour un professionnel ça n’a pas duré longtemps. Ce n’était pas malin de sa part car une fois parti les nausées étaient pires.
On ne respectait pas le calme et le silence dont j’avais besoin, on ne respectait absolument rien.
Ils étaient tout simplement pressés de me dégager de leur service et que je retourne dans mon cauchemar loin d’eux. C’est ce qui s’est passé. Ce que j’ai vécu jusqu’à ce que je puisse enfin être aidée par le professeur Deruelle, cette attente est très longue jusqu’à la moitié du 2e trimestre. Je l’explique dans mon 1er témoignage. Les fameux 5 ou 6 jours de répit en octobre que j’ai eu malgré encore des passages de nausée, je me disais que c’était gérable si ça restait comme ça jusqu’à la fin. Je recommençais à me laver, me maquiller, m’habiller, recevoir de la visite, sortir, appeler la famille, donner des nouvelles, réussir même à annoncer que c’est une fille. Le retour à une vie normale ? Dans une autre vie. Toutes ces vidéos et ces photos, je ne pourrai plus jamais les regarder. Je ne peux plus et ne veux plus regarder d’échographie. Mon père n’arrêtait pas de pleurer de joie il sait ce que j’ai traversé entre fin septembre et mi-octobre. Lui aussi il croyait que c’était fini.
Personne ne savait que ça n’allait durer que 5 ou 6 jours.
Ma gynécologue, un ange, devenue aujourd’hui praticienne sensibilisée par l’HG, qui n’avait jamais connu cette maladie avant, y croyait aussi, que c’était fini. J’ai pris un risque, l’événement qui a tout redéclenché, un mariage où je n’aurai pas dû aller. J’en ai pleuré de devoir laisser mon compagnon y aller seul, le féliciter de ma grossesse sans moi, lui sachant ce qu’il se passe réellement à la maison et garder le sourire devant tout le monde comme si tout allait bien, j’y suis finalement allée. Je n’aurai jamais dû. La journée, les symptômes revenaient. Pendant la préparation, des nausées. L’église, des nausées. La salle, des nausées. Mais ça personne ne le sait. Je prends sur moi, je m’assoie, derrière cette robe, ce maquillage, ce sourire et ma barre à selfie, à l’intérieur je hurlais. La réalité revient, je me retrouve devant l’apéritif, autour de moi dans ma tête je n’étais plus dans une salle de fête, j’étais dans un lit d’hôpital sous perf ou au-dessus de la cuvette, j’étais pétrifiée j’avais peur de vomir je ne savais même pas quoi manger. Parce que c’est la question que je me posais pendant 8 mois avant chaque repas. Et je sens des regards et on me sourit et personne ne savait le moment que j’étais en train de vivre à cette table d’apéritif. Les symptômes revenaient partaient revenaient partaient. Je voulais tout manger, je n’avais pas le droit. Je voulais boire du bon jus d’orange, j’en avais marre de l’eau. Je bavais devant la bouteille et je suis partie. On a fait des photos, des selfies, j’y croyais jusqu’au bout que c’était fini. Nous, avec cette maladie, on doit éviter le bruit, on a besoin de calme. Je n’ai rien évité du tout ce jour-là. J’ai supporté tout le matériel du DJ le fait d’avoir bougé plus que d’habitude depuis des semaines j’avais le dos complètement en kit, il me fallait des coussins à ma chaise. Toute la journée j’ai envié tout le monde, lui il peut manger ça ou boire ça il se sent pas mal, elle ou elle n’a pas envie de vomir la chance, lui et elle en rentrant rien d’horrible ne les attend, lui avec sa fille la chance est-ce que je vais avoir un jour la mienne, comme s’il y avait un mur qui me séparait des gens et je veux détruire ce mur j’étais condamnée. J’ai beau crier derrière la vitre, personne ne m’entend. Je criais.
On n’a pas une maladie incurable mais ce que les gens ne comprennent pas c’est que tant qu’on ne retombe pas enceinte on n’a rien mais la maladie dort en nous, comme les volcans. Oui c’est une maladie handicapante. Jusqu’à vomir du sang, quand on n’a plus rien dans notre corps à rendre. C’était mon cas jusqu’à ce que je démarre enfin le zophren. Je dirai alors de justesse. Pas des litres de sang mais ça commençait à venir. Je n’ai plus rien à vomir à la fin vous voulez que je rende quoi ?
La dernière séance que j’ai eue récemment avec Angélique, on a parlé du 2e trimestre. Quand on me forçait à sortir, j’étais un fantôme, sans voix, pétrifiée, on pensait que j’étais dépressive, on ne comprenait plus mon silence. Je ne parlais plus puisque personne ne voulait me croire. J’avais un mal-être qui s’était installé en moi, comment continuer à vivre entourée de gens qui ne veulent pas me croire. J’étais livrée à moi-même. La question qu’elle m’a posée, le pire pour moi, les symptômes, ou l’ignorance des gens. J’étais sur le canapé à regarder dans le vide. D’une tristesse, je n’ai jamais été aussi triste et aussi seule, vous voulez savoir à quoi je pensais quand je regardais dans le vide, pourquoi vous ne me croyez pas. Quand je pense que beaucoup de personnes ont absolument tout ce qu’ils veulent dans leur vie, ils ne manquent de rien, ils arriveront toujours à se plaindre.
De ce que j’ai lu dernièrement, beaucoup de femmes après une grossesse HG restent nauséeuses, ont des problèmes physiques et de santé et doivent consulter, chanceuses sont celles qui n’ont vraiment plus rien après l’accouchement. Je me suis rendue compte après quelques mois, j’ai eu des nuits, réveillée par des nausées, sans aucune raison, je les ai combattu pour que ça parte, comme quand j’étais enceinte. Ça m’est arrivé peu de fois en 1an et j’espère ne pas garder ça toute ma vie. Ça survient en pleine nuit, je n’ai jamais eu ça avant ma grossesse. Je ne supporte plus les transports à l’arrière, même devant si je suis la passagère ça peut être des fois difficile. Je ne supporte plus certaines odeurs, ça non plus on ne le contrôle pas.
Je revenais de loin à ce mariage et pourtant ce n’était que le 1er level et je ne le savais pas encore.
On a beau écrire des témoignages, que par la suite après l’avoir lu on nous comprend mieux. Moi j’attends encore des excuses que je n’ai jamais eues et que je n’aurai sans doute jamais. Ou alors on s’excuse mais on recommence après. J’ai supporté plus d’une fois en 1 an, »oh mais pourquoi pas une 2e grossesse ? Mais qu’est-ce que t’en sais si ça sera pareil ? » Pourquoi ? Vous avez fait des études ? Vous le savez, vous ? Fallait m’aider alors quand j’étais malade si vous connaissez l’hyperémèse gravidique mieux que moi.
« Un enfant c’est triste, tu dis ça maintenant tu verras plus tard ».
Lina mon amour non tu nous rends pas triste ne les écoutes pas le jour où tu auras vraiment l’âge de comprendre, tu comprendras que parfois l’humain peut blesser seulement avec des mots et ne s’imagine même pas l’impact que ça a sur la personne sur le moment ou à la fin de la journée. Plus le temps passe et plus on se dit qu’au final c’est peut-être mieux de passer au-dessus car on a tellement mieux maintenant sous nos yeux. Des fausses larmes, des fausses accusations, des retournements de situations qui ne tiennent pas debout, je suis la mauvaise, je suis la tête de turc, après tout ce que j’ai vécu. Mieux regarder le sourire de ma fille et je vais mieux.
Nos témoignages pour moi restent une définition de ce que nous avons vécu, pas pour nous pour ceux qui le lisent, on aura beau l’expliquer dans les moindres détails à la fin ça ne restera qu’une définition de l’hyperémèse gravidique, car tant que ça ne vous est pas arrivé à vous, vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait.
Juste avant les fêtes, avant le 1er Noël de ma fille, après tout ce qu’on a traversé, on s’est permis de se moquer d’elle et manque de pot par erreur ou plutôt une chance pour moi grâce à l’idiotie de la personne j’ai reçu ce message, ça ne m’était pas destiné il l’était pour la 2e personne qui se moquait. Apparemment avec toutes les belles photos que je fais de ma fille depuis sa naissance, »la pauvre elle fait de la peine » »elle va la rendre débile ». S’attaquer comme ça gratuitement à ce que j’ai subi mais avant tout à ma fille de 9 mois, l’intelligence de cette personne est passée par la fenêtre, à vomir. On croit connaître les gens, on les a côtoyés et on reçoit ça d’un coup en pleine séance de ciné. Je n’ai pas mis les pieds au cinéma pendant des mois, toute ma séance gâchée.
Aujourd’hui je vais l’écrire car ça fait partie de l’après accouchement et des choses à dénoncer, la méchanceté gratuite des gens, surtout venant de quelqu’un qui n’est jamais venu la voir, on peut choisir ses amis, malheureusement pas sa famille. M’enfin, je ne la considérais plus comme tel, le ciel a fait que ce jour-là je devais le savoir enfin, qu’on se moquait déjà de nous depuis longtemps. Et je sais bien que ce n’est pas la seule.
A nos yeux, ma fille est la plus belle du monde, et à son si jeune âge, elle vaut déjà tellement mieux que cette personne et n’aura jamais sa méchanceté et encore moins sa vie grâce à dieu. Encore des gens frustrés. Les gens souffrent tellement en eux, ou ont tellement souffert, pour extérioriser tout ça, soit ils décident de faire le bien autour d’eux, soit ils choisissent la méchanceté.
C’est pas grave ma fille, on est des survivantes, des combattantes et on n’a rien à prouver. Tu ne le sais pas encore, mais je saurai te l’expliquer plus tard.
Ce que je n’ai pas mentionné dans mon 1er témoignage, c’est le syndrome de la jambe sans repos. La maladie s’installait déjà, je l’ai su quand j’ai su la maladie début août 2020, cette nuit-là j’étais à 4SA je ne savais pas que 2 semaines après le cauchemar allait commencer. Alors à 4SA en pleine nuit, un soir j’ai eu un peu de mal à dormir et j’écrivais à ma cousine que j’avais l’impression d’avoir le syndrome de la jambe sans repos.
https://www.ameli.fr/…/syndrome…/definition-causes
Le 1er trimestre c’était un enfer de vivre avec ça car ce n’était pas que nocturne c’était jour ou nuit ça pouvait apparaître n’importe quand mais c’était un seul côté, le côté droit de la jambe à mon bras, donc aucun repos dans le lit, ça m’empêchait de dormir et de me reposer et des palpitations non-stop.
Aller voir un neurologue est-ce que ça aurait servi à quelque chose je ne sais pas.
Sincèrement pour moi, l’HG contrôlait ce syndrome, et faisait ressortir le pire que notre corps nous cachait.
Beaucoup de femme avec une grossesse HG ont eu ce syndrome alors je voulais vous rassurer que c’est à cause de l’hyperémèse gravidique que vous avez ca si certaines d’entre vous deviennent dingues à vous demander ce que vous avez. Non vous n’êtes pas folle et vous ne l’avez jamais été.
Ma meilleure amie et moi sommes tombées enceinte en même temps à 2 ou 3 jours près. Son fils et ma fille ont seulement 2 jours d’écart. On a seulement réussi à se voir 1 ou 2 fois pendant le 3e trimestre, à cause de mon état. La seule et unique grossesse que j’ai, je n’ai pas pu la partager avec elle comme je l’aurai voulu, on n’a rien pu partager, comme souvenir ensemble. Même si le 3e trimestre c’est mieux que rien, me voir en pyjama au fond de mon lit en présence des sages-femmes à domicile, c’est vrai, il y avait vraiment mieux à partager ensemble. Elle qui est déjà maman d’un garçon de bientôt 3ans, je sais qu’elle se sentait également impuissante, elle se doutait de la maladie que j’avais mais ne pouvait pas encore comprendre ce que j’ai subi jusqu’à lire mon 1er témoignage. Elle m’a soutenu avant et après, pour énormément de choses, tous ces mois je les aurais traversés autrement sans elle. Bien que les symptômes lui soient toujours inconnus car heureusement elle a eu 2 belles grossesses, l’acharnement qu’elle a à me soutenir, personne ne l’a plus qu’elle. Elle m’a aussi soutenu pour l’allaitement. Ce n’était pas dans mes projets d’allaiter ma fille. Je ne me sentais simplement pas capable de le faire ou j’avais peur. La séparation entre ma fille et moi, l’attachement qu’on était censé créer, entre la maman et son fœtus, dès le départ, est-ce que vous comprenez que pendant le 1er et 2e trimestre je n’ai pas connu ça, ça m’a été arrachée par cette foutue maladie. Et je dois vivre avec ce regret toute ma vie. Tout le monde me croyait folle et dépressive, que ma grossesse n’était pas voulue, que je n’avais aucune volonté à me battre et à m’en remettre, que je baissais facilement les bras. Pour ceux qui ne me connaissent que depuis quelques années, non je ne baisse pas facilement les bras. Apparemment il ne vous est arrivé aucun coup dur dans votre vie pour parler ainsi. Et si vous avez traversé finalement beaucoup de choses, ce n’est pas en critiquant et en parlant de ce que vous ne savez pas que vous allez le montrer. Sombrer dans une maladie, et être enceinte en même temps, après toutes ces épreuves j’ai décidé d’allaiter, je voulais avoir un lien avec ma fille. Et j’ai échoué. Je n’arrivais pas à tirer ce que ma fille avait besoin. J’ai essayé plusieurs jours après mon accouchement, en sachant que j’avais déjà 1 semaine de retard à cause de ma césarienne. Plus les jours passaient et plus ça diminuait. Les sages-femmes m’ont appris à ne pas culpabiliser et ne pas en faire une déprime. Et j’ai réussi. Tout ce qui m’importait c’était nourrir ma fille, être libre de ma césarienne, enfin m’en occuper comme je veux et qu’elle soit tout simplement dans mes bras en bonne santé chez nous à la maison.
L’hyperémèse gravidique m’a enlevé ma vie d’avant du jour au lendemain, tous les jours c’est comme si on vous poussait dans le vide et vous ne savez pas à quoi vous raccrocher. Vous ne savez plus marcher, parce que vous avez pris l’habitude de ne plus rien faire hors du lit. Si vous sortez de ce lit, si on vous force à vous lever, vous allez vomir. Vous n’avez plus l’équilibre du tout. C’est ce que j’ai vécu le 1er et 2e trimestre. Je n’ai rien profité du 3e, puisque j’étais sur mes gardes à peine les yeux ouverts, jusqu’à la naissance de ma fille.
Au stade où j’étais en décembre 2020, jamais j’aurais pensé faire partie d’un livre 1 an après. J’ai reçu un message de Manon, je n’oublierai jamais notre rencontre à distance via cette maladie, qui avait pour projet de sortir son livre sur l’hyperémèse gravidique et évidemment sa propre expérience et ce qu’elle a subi. Que mon témoignage l’ait autant touché, que j’ai pu aider pour un de ses chapitres, je suis fière de ce livre et d’en faire partie, et elle nous a beaucoup apporté, elle nous aide à toutes et par ce livre nous a apporté le soutien dont nous avions besoin.
J’ai fait appel à l’association de lutte contre l’hyperémèse gravidique en cherchant sur Google fin août 2020. J’ai demandé de l’aide sur le site internet de l’association à une ambassadrice du grand-est. Aujourd’hui, je suis devenue à mon tour ambassadrice du grand-est. Et j’espère malgré notre vie déjà bien remplie avec notre doudou, remplir mon rôle petit à petit. Beaucoup de bienveillance des ambassadrices, de bons conseils et de réponses à mes questions quand j’ai des doutes et des moments de découragements. J’ai déjà commencé des actions et je ne baisserai jamais les bras. J’ai des projets, mais aussi avec l’aide de ma psychologue Angélique.
Cette maladie vous a fait perdre confiance en vous. Vous pensez que vous ne saurez pas vous occuper de votre bébé, on peut vous décourager pendant votre grossesse, et surtout après, ou vous faire culpabiliser. Vous descendre en flèche et vous rabaisser. Ne croyez pas que c’est mérité. Il n’y a rien de pire pour une femme enceinte. Vous n’avez pas à subir ça. Vous ne le croyez peut-être pas maintenant mais vous l’aurez l’instinct maternel. Je me sentais incapable dans mon état, pour moi j’étais une incapable. On m’a aussi descendu et découragé, on m’a aussi rabaissé, on m’a aussi traité de folle, parce que beaucoup fonce la tête baissée au lieu de savoir ou plutôt ils ont oublié ce qui passe réellement autour d’eux. Aujourd’hui j’ai montré à plus d’un(e) que je savais plus que m’occuper de ma fille. Merci les critiques et les jugements, on perd confiance en nous même si on s’occupe bien de notre enfant. Après tout ce qu’on a vécu, on ne mérite pas ça. Retenez bien une chose, faites bien la différence entre recevoir des vrais conseils, et vous changer vous votre personne et vous dire ce que vous devez faire pour votre enfant. Vous sentez au fond de vous, vous estimez que ceci ou cela il ne faut pas le faire, il faut vous écouter, il faut VOUS faire confiance, c’est votre enfant, c’est votre création, c’est vous qui l’avez porté, c’est votre instinct maternel pas celui du voisin. C’est vous qui saurez pourquoi votre bébé pleure, votre bébé aura plusieurs pleurs, votre bébé ne pleure JAMAIS pour rien, il vous exprime qu’il a besoin de vous. Ne laissez personne vous commander, ces personnes-là vous découragent, et à cause d’elles vous vous demandez si vous êtes une bonne mère en fin de journée. Vous avez déjà traversé l’enfer, le paradis aujourd’hui c’est d’avoir votre bébé dans les bras et d’avoir enfin la chance de vous en occuper comme vous le voulez. Ce que vous vivez comme injustice pendant des mois malades au fond de votre lit que ça n’arrivera jamais que vous n’irez jamais jusqu’au bout. Je suis allée jusqu’au bout, vous irez jusqu’au bout. Vous devez écouter votre bébé, votre bébé va évoluer tous les jours, c’est votre bébé qui va vous dire quand il est prêt pour telle ou telle étape, ne le forcez absolument à rien, on ne force pas un bébé à quoi que ce soit on doit l’écouter et l’encourager dans toutes ses étapes de la vie. Vous devez suivre le rythme de votre enfant et non des autres.
Ma fille je m’en veux de n’avoir créé aucun lien pendant le 1e et 2e trimestre, c’est cette maladie qui nous a séparé, et coupé du monde pendant des mois. Cette maladie m’a forcé à ce qu’on avale d’horribles médicaments toi et moi. Mais si j’avais refusé de les prendre, on ne serait peut-être plus là. Aujourd’hui on s’aime d’un amour inconditionnel, je le sens tous les jours que c’est réciproque, dès ton réveil, mais au fond je vis avec ces questions, est-ce-que tu l’as ressenti, cet abandon, indépendant de ma volonté, est-ce que malgré tout tu m’en veux quand-même.
Aux fondatrices de cette association, je ne sais pas si vous réalisez ce que vous nous transmettez à toutes, comment j’aurais pu m’exprimer ici mis à part l’aide de ma psychologue, et Dieu seul sait que je n’ai pas assez écrit, et que je n’ai pas tout dit. A celles qui ont souffert et qui souffrent en ce moment, on doit s’unir jusqu’à ce qu’on nous entende, seules nous toutes nous comprenons, cette association n’existerait pas, on se sentirait seule et malheureuse chacune de notre côté. On se bat aujourd’hui pour les mamanges, qui ont perdu leur fœtus ou ont dû faire appel à l’IVG, nos mères, nos grands-mères, arrières grands-mères, et toutes les anciennes générations avant nous qui en sont aussi mortes car cette maladie a toujours existé et vous le corps médical vous continuez à nous appeler les vomisseuses, les folles. Vous n’avez même pas idée de ce qu’on vit, peu importe le niveau de souffrance. On vit l’enfer pour donner la vie, on m’a arraché à 9 mois de bonheur que j’aurai dû connaître comme les autres. J’espère même si c’est dur que ma fille lira un jour toutes ces lignes. Je t’aime ma magnifique petite fille.
