Témoignage déposé le 04/06/2022
Je suis la maman de Baby D. Qui a 1 mois et je vais témoigner comme beaucoup d’entre vous de cette grossesse avec épreuve hyperémèse gravidique.
Je suis heureuse d’être tombée enceinte rapidement mais j’ai eu un début de grossesse pour le moins folklorique et inattendu qui me marquera à vie.
J’ai subi un syndrome rare de la grossesse mais qui touche tout de même environ 1 femme enceinte sur 100 et qui est la 2eme cause d’hospitalisation de femmes enceinte : l hyperémèse gravidique.
Au début je ne connaissais pas du tout cela et donc je ne savais pas ce que j’avais. J’ai même été presque contente des premières nausées et de la fatigue intense ressentie, car ces symptômes me confirmaient que la vie du fœtus se créait bien en moi. Mais je me suis mise à vomir, à un mois de grossesse et c’est devenu quotidien, plusieurs fois par jour, jusqu’à 30 fois dans la même journée, pour cesser à 3 mois et demie de grossesse, fin octobre… Ainsi pendant 3 mois il m’a été très difficile de m’alimenter, je ne gardais rien ou presque, je supportais que quelques aliments type menu enfant (du pain et du jambon, de la purée de pommes de terre, des bonbons et c’est tout…), et j’avais des nausées en continu. J’ai essayé de prendre du gingembre et quelques médicaments anti-nauséeux mais cela n’avait aucun effet sur moi. Moi qui suis active et bonne vivante, je ne me reconnaissais pas, j’étais apathique, allongée toute la journée et de moins en moins en forme car j’ai perdu 10 kg en quelques semaines. Et je ressentais les nausées de sorte que bien souvent, le simple fait de parler ou de regarder mon téléphone pour répondre à des messages était impossible. Je fixais le plafond sans pouvoir faire aucune activité.. J’ai fixé le plafond souvent… C’était l’été j’étais au début, en vacances, et j’étais tellement faible que je n’ai pas pu reprendre le boulot à la rentrée. (En tout j’ai été arrêtée 3 mois, 3 mois qui sont passés lentement).
Heureusement dans ce chaos, j’ai été soutenue par ma famille, mon conjoint, et suivie par plusieurs médecins et sage-femme qui ont été bienveillantes et ont pris mon problème au sérieux. On m’a vite rassurée sur le fait que le bébé se portait bien et saurait chercher les nutriments dont il à besoin. Mais suite à une prise de sang qui montrait que j’avais des carences (et le fait de vomir partout et tout le temps, chez le médecin, sur le parking de la pharmacie, devoir s’arrêter en voiture, etc…), j’ai dû me présenter aux urgences pour être prise en charge.
C’est la 1re fois que j’étais malade et je n’étais plus moi-même. Je suis restée 1 première semaine à l’hôpital puis 2 semaines dans le 2eme mois de grossesse, sans manger, alimentée par perfusion et sous médicament (le Zophren m’a aidée). Je me souviens de la gentillesse du personnel soignant face à ma détresse physique et psychologique. Je me souviens que même sans manger je vomissais toujours, et les nausées ne me laissaient un répit qu’en étant au contact de l’eau, je prenais donc plusieurs douches par jour… mais je m’y suis même évanouie une fois, réveillée avec 3 infirmières et aides-soignantes autour de moi… c’est à cette période qu’une amie sage-femme met un nom sur ce syndrome : l’hyperémèse gravidique.
Je commence à me sentir soulagée de mettre un mot sur mes maux, je ne suis pas seule dans cette galère!
Alors qu’est-ce que l’hyperémèse gravidique, ou HG pour les intimes?
Déjà gravidique, je pensais que j’avais quelque chose de gravissime, mais en fait cela vient du latin gravidarum qui signifie enceinte : c’est donc dans le cadre de la grossesse.
Ensuite hyperémèse cela signifie hyper vomissements ou vomissements incoercibles. Bien que des personnalités aient été touchées, comme la princesse Kate Middleton, la recherche sur les causes de cette maladie est balbutiante et très récente. « Il s’agirait d’une réaction à un taux d’hormones bêta-hCG supérieur à la normale. «
Si certaines femmes subissent l’HG tout au long de la grossesse, je fais partie de celles qui ont connu cela les 4 premiers mois et j’ai ensuite repris mes forces et la santé petit à petit, dieu merci. Il y a eu des moments de reviens’ y, (coucou, devoir vomir sur mon lieu de travail), mais c’est finalement sorti de ma vie et j’ai pu apprécier la fin de ma grossesse.
Je suis malgré tout contente d’être en 2022 et d’avoir pu être soignée, de façon bienveillante (*merci CHU de Nantes) et soutenue par mes proches qui m’ont été d’un grand secours. C’est le médicament donormyl qui m’a le plus aidé après les séjours hospitaliers.
Aujourd’hui c’est un immense bonheur d’avoir donné la vie a mon fils, d’avoir récupéré la plupart de mes capacités physiques, mon état normal sans nausées, et mon appétit comme avant.
Pour moi, le postpartum a ses maux mais au moins je suis « moi-même », et j’ai mon bébé dans les bras donc ça n’a rien à voir avec la période sous HG ! (Mais j’avais très peur du post-partum, on devient méfiant après avoir vécu une maladie inattendue)
Sur le long terme, je pense que je me souviendrais toujours de cette grossesse, une véritable épreuve de vie qui laisse des traces. Je suis plus en empathie avec les personnes qui souffrent de quelle douleur que ce soit, peut-être parce que j’ai été malade, et parce que je suis devenue maman aussi… ainsi je souhaite beaucoup de force et courage à toutes celles qui traversent cette épreuve et à leur entourage qui sont touchés également.
