Témoignage déposé le 24/09/2022
Bonjour à vous les guerrières, je viens vous raconter mon histoire remplie de montagnes…
Tout commence le 24 juillet 2021, après 1 an d’essai ça y est un petit être s’est installé, un bonheur, une joie indescriptible…
Le 7 août on décide de partir en vacances, 12 h de route, si j’avais su ce qui m’attendait…
Le 9 août 1er malaise, je me dis que c’est la chaleur, je ne me pose pas plus de questions, nous sommes dans le sud. J’en n’ai fait 2 dans la même journée, je suis à 1 mois de grossesse. Le lendemain rebelote je me dis que c’est une baisse de tension, rien de trop alarmant je suis aide-soignante donc je sais comment me prendre en charge.
Le 14 août c’est le retour à la maison 5h je me lève 5h03 le 1er vomissement mais un vomissement d’une ampleur telle, que ça m’a surprise de vomir de cette façon, 15 minutes plus tard un 2e et je n’avais pas encore mangé. Tout le long de la route je n’ai pas arrêté d’avoir des vomissements avec des nausées, je suis arrivée dans un état incompréhensible.
La semaine suivante fut identique, je prends rendez-vous avec mon médecin, il me met sous primperan et omeprazole, ma tension est légèrement haute mais ça va. Je reprends le travail et là c’est la dégringolade, je fais un malaise, celui-ci me dit que ce n’est pas normal je demande à ma collègue de me prendre une tension car je ne tiens plus je vois trouble. Stupeur je suis à 16/9 de TA ! A vrai dire ça m’a choquée car pour moi je faisais juste des baisses de tensions et pas du tout… c’était de l’hypertension
Et c’est reparti pour un tour chez le médecin, il m’a mise en arrêt de suite!
Je suis partie consulter mon gynécologue car au bout du 4e mois cela était toujours présent, mon appétit diminuait et les vomissements s’amplifiaient. Mon moral commençait à aller tout droit vers le bas. À ce moment précis beaucoup de questions passent par la tête. Je me disais et si un arrêt de tout ça, que je ne méritais peut-être pas cette grossesse pourtant tellement désirée par mon conjoint et moi-même et cela nous avait pris 1 an.
Je n’arrête pas de pleurer tous les jours car cela devient invivable, partout où je vais j’ai des vomissements, à peu près 30 à 40 par jours sans compter les spasmes qui sont horribles. De plus, du fait que mon alimentation devenait moindre je commençais à vomir de la bile et du sang. Résultat, les jours passent et rien ne s’améliore malgré les traitements. Au contraire, cela s’aggrave.
Plus j’avance dans ma grossesse plus mes nuits deviennent compliquées car je vomis beaucoup la nuit aussi.
Malheureusement le jour est arrivé ou c’est mon corps qui a dit stop. Résultats des courses tellement à bout je vais voir mon médecin traitant lui expliquant que je deviens vraiment à bout, je pleure beaucoup. Il m’a beaucoup écoutée. il me pèse, verdict perdu 4 kilos en 5 jours. Alors même que j’avais été consulté mon gynécologue même pas une semaine auparavant.
Par la suite, tout va très vite, hospitalisation d’urgence car perte de poids accompagnée d’une déshydratation et des carences. On me met sous perf je prends à peu près 5 à 6 médicaments différents pour combler les carences et on me fait le primperan en IV. 2 jours passent et aucun diagnostic de posé, on me parle juste de la chambre noire (ce que je ne veux pas). On me dit d’éviter les écrans que ce soit télé, portable.
Et je peux vous dire qu’ils passaient très très souvent pour voir ce que je faisais,
3 jours après, je vois le médecin comme tous les matins à la vitesse d’une fusée et là je lui ai demandé de m’expliquer clairement les choses. Enfin un nom sur ce que j’ai. Il me dit c’est une hyperémèse, je suis soulagée et à la fois non car j’ai peur que cela continue jusqu’à la fin de ma grossesse, je commence mes recherches sur ce sujet.
Je reprends une alimentation légère et je vomis encore bien sûr, mais chut c’est mon secret car je déprime à être seule. Un soir une SF est venu me voir en me disant qu’il fallait que j’arrête d’être sur mon portable de regarder la télé qu’il fallait que je bouge que je fasse pleins de choses autre que de rester dans mon canapé et que c’était surtout psychologique, que je faisais un rejet de mon bébé.
Ma nuit fut compliquée. Je suis rentrée au bout de 1 semaine.
Ce dont les gens ne se rendent pas compte, c’est que nous n’avons pas choisi d’avoir une grossesse de cette manière et que oui on vomit partout, sur nous, dans le lit, en voiture, au restaurant, en marchant, en se baissant juste pour faire un lacet, en toussant…
Les semaines passent et deviennent compliquées je fais encore des malaises parfois 4, 5 d’affilée. C’est dur, très dur, je ne me suis jamais vue comme ça et ça fait un mal de chien ! Arrivé fin janvier contrôle chez le gygy je suis encore en hypertension et je lui explique que mes vomissements, nausées sont toujours présents et ni une ni deux il appelle lui-même les urgences au vu de mon dossier, ils m’attendent à la mater. Je suis placée sous monitoring mais je vomis toujours et je sens que je suis dans un pic. Les vomissements s’accélèrent. Je leur en parle, et ils le constatent mais j’aurais préféré ne jamais le faire, la SF me demande si je n’ai pas la gastro ?! La blague je me suis faite hospitalisée 2 mois auparavant pour ça ! Elle se fiche de moi et me dit de rentrer… Après tout, je vais moi aussi commencer à croire que c’est psychologique.
Mon moral ne va pas bien mais mon corps aussi, je n’arrive plus à tenir debout je passe mon temps sur le canapé à regarder le bout de mes pieds et ça peut durer des heures, je pleure je me sens honteuse. Je vomis encore et encore sans même avoir mangé. A la maison je ne fais pratiquement plus rien, je sens une déprime profonde. J’ai cette punaise de boule dans la gorge qui m’accompagne chaque jour et je ne la supporte plus. Mon conjoint est compréhensif mais pas tout le temps, oui il veut faire pleins de choses en rentrant du travail mais je ne peux pas et le pire c’est que ce n’est pas que je n’ai pas envie mais juste qu’il m’est impossible de me lever du canapé. Ma belle-mère me fait beaucoup de remarque mais là c’était différent, c’était méchant..
Ah ben dis donc tu n’as pas pris de poids ! Tu as les joues toutes creuses ! Et puis les cernes ce n’est pas possible comment tu vas faire pour t’occuper de ton enfant ?
Ça me fait mal à un point c’est fou, et pourtant elle sait très bien que je suis malade et pas bien.
Le 8 février 2022 j’ai ma dernière écho, une hâte incroyable, plus le temps avance et plus je me languis de rencontrer mon amour.
Malheureusement ce jour-là m’a anéantie.
Bébé a un problème au cœur je suis obligée d’aller à 1 h de route pour voir un cardio pédiatre, résultat je ne peux pas accoucher dans ma ville, je dois mettre ma merveille au monde dans un hôpital de niveau 3. J’ai un suivi tous les 10 jours pendant 1 mois. Je vomis moins, 1 à 4 fois tous les matins, c’est déjà une grande victoire. Et ça pendant 2 semaines.
Désormais je suis obligée de faire un contrôle tous les deux jours, le jour du terme arrive. Contractions ++++ mais rien, ça tombe bien j’ai rendez-vous ce jour-là.
On me pose un ballonnet j’étais dilatée à 2 il était 16h. J’ai souffert comme jamais ça ne m’était arrivé, dans cet hôpital les SF étaient vraiment des amours. Les vomissements de pics étaient revenus de plus belle. Elles m’ont fait de l’acupuncture, de la sophrologie, 2 bains, mais rien n’y fait je vomis toujours même sous perf de zophren et primperan.
Le lendemain matin on m’enlève le ballonnet je suis à 3, youpi !!! Direction la salle de travail. Rien ne s’est passé comme prévu j’ai eu une césarienne en urgence car bébé ne bougeait plus, il était bloqué avec le cordon. Mon petit loup a fait une détresse respiratoire et a dû partir en réanimation dieu merci heureusement que j’ai accouché en niveau 3 sinon bébé aurait été transféré dans un autre hôpital que moi.
Mes vomissements ont été jusqu’aux 30 dernières secondes de la sortie de mon loup malgré le zophren, le primperan, l’acupuncture, la sophrologie…
Je n’ai pu rencontrer mon fils que le soir à 22h30 dans sa couveuse sous oxygène, avec sa sonde naso-gastrique.
Aujourd’hui j’en pleure encore et vous savez il y a quelque chose qui me fait terriblement souffrir à cause de cette maladie je n’ai pas pu prendre de photo de moi enceinte, il y en n’a que 3,
3 ou à chaque fois il y a soit une perf soit un hôpital. Garder des souvenirs de cette grossesse j’aurais tellement voulu, si elle avait été différente. Je n’ai pas pu prendre le temps d’apprécier toute ma grossesse et honnêtement j’en ai envié les femmes à grossesse normale… Nos grossesses sont des montagnes russes !
Je n’ai jamais été consultée pour en parler, mais je crois que le temps est venu pour moi.
Je l’appelle Elle car Elle a été là pendant ses 9 mois Elle m’a fait faire des choses à mon corps que jamais je n’aurais pensé. Elle m’a détruite à petit feu, j’ai tenu le coup je n’ai pas baissé les bras mais c’est à l’heure d’aujourd’hui que je crois que les conséquences sont plus importantes que ce que je pensais. Aujourd’hui j’ai mal aux dents, quand je tousse un peu trop je sens que je vais vomir, mon alimentation est devenue très compliquée je suis incapable de manger correctement. Dans une journée je tourne à 1 repas normal par jour et ça m’est devenu très compliqué d’apprécier la nourriture …
Il y a tellement de choses à dire mais qui sont encore trop dures aujourd’hui.
Elle nous laisse des traces, elle nous blesse. Elle nous fait sentir humiliées, impuissantes. Je lui en veux malgré le fait que je l’ai acceptée. Elle a effacé une partie de moi.
Je lui en veux et en même temps elle m’a rendu plus forte. Je sais que je la rencontrerai à nouveau et j’espère que ma force et ma détermination seront toujours là.
Je remercie mon médecin traitant du plus profond de mon cœur, le souci c’est qu’il ne connaissait pas cette pathologie. Mon gynécologue ne l’a connait pas non plus et pour lui ça a été toujours autre que l’hg. Ils ne sont pas informés, c’est une pathologie inconnue pratiquement dans tout le corps médical et c’est triste vraiment car Elle provoque une souffrance horrible ce n’est pas une gastro de 3-4 jours. Si seulement.
Cela fait bientôt 4 mois que j’ai donné naissance à mon Amour et je n’ai toujours pas oublié.
Mon fils est né le 11 avril 2022 à 16h10
Mon conjoint et moi avons décidé d’appeler notre fils Youenn où sa signification prend tout son sens (Dieu donne grâce).
Je vous remercie de m’avoir lue, j’ai voulu publier plusieurs fois sur le groupe malheureusement je ne me sentais pas prête mais surtout le fait de vous avoir lues m’a donné une force et un courage incroyable.
Merci à vous vraiment.
