Témoignage déposé le 11/12/2025
C’est ma 1ère grossesse.
Je m’attendais à avoir les nausées habituelles du 1er trimestre, mais pas à vivre une grossesse HG, malgré les traitements mis en place progressivement par mon gynécologue, ni à être encore malade à 8 mois de grossesse aujourd’hui.
Nous nous sommes retrouvés complètement démunis, à ne plus arriver à me faire garder aucune nourriture, ni solide, ni liquide. Le corps, même vide, continue à vomir…
Je suis restée dans le noir, sans aucun stimuli (pas de lecture, pas de discussion, pas d’écran, pas de visite, pas de vacances). Prendre une douche ou aller aux toilettes était un calvaire par lequel il fallait bien passer, avec de l’aide car je ne tenais pas debout, et qui se finissait toujours par une grosse session de nausées et vomissements.
J’ai fini par être déshydratée et avoir développé une cétose. Mes cordes vocales étaient brûlées, je ne pouvais plus communiquer que à voix basse.
Heureusement, j’ai eu (et ai toujours !) un mari en or, qui gère les bassines, cuisine tout ce qu’il peut en espérant réussir à me faire garder une bouchée de repas, des paroles bienveillantes, un massage tous les soirs. Ça aide à tenir et à éviter de passer à l’action de l’avortement, qu’il m’est arrivé d’évoquer plusieurs fois.
J’ai finalement été admise aux urgences à l’hôpital, le début de l’espoir ! Hospitalisée une semaine avant de trouver la bonne combinaison de traitements / posologie. J’ai enfin pu reprendre un semblant d’alimentation. Vomissant toujours, je devais tout de même rester dans le noir pour de nombreuses semaines, avec un réveil toutes les 3h pour prendre le traitement. Cela s’est drastiquement calmé à la fin du 1er trimestre (…). Malheureusement, (…) je suis toujours sous traitement maximal, à me déplacer avec ma bassine et à vomir quasiment tous les jours. Mon bébé est sous haute surveillance car son poids est très faible, du fait que j’ai toujours des grandes difficultés à m’alimenter.
Au-delà de la souffrance physique, il y a bien-sûr une grande souffrance et détresse psychologique. Des petites anecdotes peuvent faire sourire, mais je les perçois et les vis comme dégradante, et me sens parfois bien misérable : ne pas avoir le temps de prendre sa bassine et vomir directement dans son assiette, dans son lit, dans la corbeille à papiers du bureau, le tout en s’urinant quelques gouttes dessus à cause de l’effort.
Et le regard naïf, dans l’incompréhension et le manque de compassion total de certaines personnes, avec des phrases bien connues “la grossesse n’est pas une maladie”, “moi aussi j’avais des nausées”, “c’est normal de vomir”, “tu as de la chance, tu n’auras pas besoin de faire un régime après l’accouchement”…
J’attends désormais l’accouchement comme une délivrance, même si je sais que je vais aborder le post-partum en étant déjà épuisée. Je fais une croix sur une seconde grossesse et la joie d’avoir une fratrie à la maison.
Je souhaite énormément de courage à toutes les femmes qui vivent une grossesse HG. Tenez bon, il y a des médecins qui connaissent la maladie et qui pourront vous aider.
Merci à l’association pour votre travail de communication auprès des personnels de santé, il est essentiel ! Et bien-sûr pour le soutien que vous apportez aux femmes (…).
