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Témoignage de Shana

Témoignage déposé le 18/11/2025 

Pour mon premier bébé, je ne connaissais pas du tout l’HG. J’avais vécu l’enfer, mais c’était « facile » quelque part, parce que je n’avais pas à m’occuper d’une autre personne. Pour ma deuxième grossesse, même si au début je n’étais pas renseignée et que j’espérais ne pas revivre cela, ça a été la descente en enfer.

On revenait de Martinique, là où on devait déménager. Ça a été un échec et ça nous a conduits à revenir en Belgique. Ce petit bébé, c’était un peu une façon de se raccrocher à quelque chose, parce qu’on l’a très mal vécu. Mais le mal m’a vite rattrapée : à 6 SA, les vomissements ont commencé, mais je n’étais toujours pas informée sur l’HG, donc je me disais que ça allait passer… C’est surtout ce qu’on me faisait croire aussi. « C’est normal, madame, c’est le début. Ça va passer vers 14 SA, quand les hormones chutent un peu. »

Je perds rapidement du poids (comme pour ma première, où j’ai perdu quasiment 20 kg !).
Impossible de m’alimenter, je vomissais jour et nuit, même l’eau ne passait pas. Je cachais un peu mes symptômes aux médecins parce que j’avais peur d’être hospitalisée : je ne voulais pas laisser ma première fille, qui était encore allaitée (oui, j’ai continué à allaiter dans cet état). Je passais mes journées à dormir, je m’occupais de ma fille au lit, j’ai craqué pour les écrans pour pouvoir me reposer, pour la malbouffe parce que c’était plus facile, vu que tout me donnait la nausée. Même l’odeur de mon mari me faisait vomir !

Dans tout ça, on s’est retrouvé sans logement durant deux semaines. C’était aussi dur mentalement que physiquement. J’ai fini par sombrer dans une dépression, avec des idées noires, l’envie d’avorter. La douleur était si profonde que je ne voulais même plus de ce bébé, je voulais le faire adopter.

Un jour, je décide quand même d’aller aux urgences pour avoir un peu d’aide… sans succès.
Après avoir passé deux heures à faire des allers-retours aux toilettes de la salle d’attente, puis une heure à attendre un médecin qui ne voulait même pas me voir parce que j’avais rendez-vous dans l’après-midi et que, selon elle, ça suffisait, après qu’on a insinué que je mentais parce que, selon eux, il était impossible de vomir 40 fois par jour, j’ai fini par recevoir une misérable perfusion. On m’a ensuite laissée partir, et j’ai vomi sur le parking trente secondes plus tard.

J’ai fini ma grossesse dans mon lit, sans personne pour m’aider, avec un enfant et une maison à gérer, et des envies de suicide profondes, j’ai même faillit passé à l’acte un jour, mais j’ai réussi à tenir bon. 

Ma fille est née le 4 août (mon terme était le 26 juillet) , sans soucis de santé. Je me suis même offert le luxe d’un accouchement physio, sans péridurale. C’était mon projet de naissance et malgré tout j’y tenais fortement (comme si je n’avais pas assez souffert pendant huit mois).

Aujourd’hui  ma fille a 3 mois, nous sommes en co-allaitement, je frôle la DPP mais ça va, ça ne sera jamais pire que de vivre une grossesse avec l’HG honnêtement.

Je rêve d’un troisième enfant mais ça restera un rêve, j’ai peur d’y rester cette fois-ci.