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Témoignage de Adeline

Témoignage déposé le 25/02/2026

Je souhaiterais partager l’une de mes expériences durant ma grossesse actuelle.

Ici, ce n’est pas trop ça, on débute le 6eme mois.

Après une accalmie entre le 4 et 25 janvier (miracle et faux espoirs), les nausées sont revenues progressivement même si c’était tout à fait gérable.

J’essayais de donner le change au travail, mais c’est devenu trop compliqué: je vomissais dans mon masque…et j’ai fini par perdre ma mission d’intérim… Les vomissements sont devenus de plus en plus forts, je ne gardais plus rien, pas même un demi-verre d’eau. L’épuisement s’est de nouveau installé et j’ai l’impression parfois de perdre la tête. 

C’est reparti pour une énième hospitalisation en journée le vendredi 13 : j’espérais une réhydratation mais elle n’a pas été faite. À la place, ils m’ont mise sous Métoclopramide, qui ne fonctionne absolument pas sur moi, malgré mes avertissements répétés.

Ainsi que le Doxylamine + Pyridoxine, la Métopimazine et le fameux Dompéridone qui m’avait déjà fait faire de la tachycardie au premier trimestre.

Il n’y avait que l’Ondansétron qui avait plus ou moins fonctionné.

Finalement ils ne m’ont pas gardée. Motif du médecin : « les plaquettes sont bonnes », « elle n’a pas vomi durant sa présence à l’hôpital » et « Les bilans sanguins sont bons ».

Estomac vide depuis le 9 car absolument rien n’était gardé (nous sommes le 13…).

Une sage-femme a tout fait pour que je reste ou que je sois au moins être réhydratée, mais rien n’y a fait.

Nous sommes rentrés, mon conjoint consterné et moi au bout du rouleau et vraiment pas la tête à réfléchir, je me laisse porter à la dérive. 

Le soir même, j’essaie de manger avec l’espoir que le Métoclopramide agisse.

ERREUR ! Un bol de soupe, 1 biscotte et 1 quartier de pomme ont provoqué 3 heures de vomissements, qui finissent avec des résidus de sang et un malaise sans perte de connaissance.

Je passe encore une fois le weekend à essayer de plus ou moins de boire et d’ingérer quelques aliments … que je ne garde pas. Désespoir.

Le lundi, j’ai fait un bilan sanguin et urinaire complet que la sage-femme avait prescrit par ordonnance. 

Les résultats n’étaient pas si mauvais encore une fois, « pas suffisamment alarmant » selon le médecin, malgré un début de déshydratation et des cétones dans les urines de ++++ le maximum donc. Entre le 9 et le 18, je perds 4 kg. Et je ne suis pas non plus allée à la selle et je fais tout juste 4 cl d’urine deux fois par jour.

Mercredi 18, je m’écroule, mon conjoint me ramène à l’hôpital.

Déshydratée et affamée : ils m’ont enfin gardée pour déshydratation sévère et état de famine avancé. Mon taux de cétones était au maximum.

J’avais des tremblements du fait des crampes présentes depuis plusieurs jours et il aura fallu me perfuser mes veines éclatées à chaque fois. Le médicament se diffuse sous ma peau mais cela me provoque des hématomes. Par la suite, une anesthésiste u arrivera.

On me dit « ah bah vous êtes stressée madame (car je tremble) » mais je ne me débat plus avec ces petites phrases.

Je retombe sur la sage-femme de la dernière fois elle fait tout encore une fois, afin que je sois sous Ondansétron et mieux prise en charge. 

Mais là, c’est la descente aux enfers.

Le jeudi 19 on me laisse plus ou moins tranquille: on me réhydrate avec une poche de glucose, ion, des électrolytes, de la vitamine B et tout le tralala qu’il y a dedans. L’après-midi à 14h on commence les 4mg de Ondansétron le soir et on me ramène un plateau. J’essaie de manger et malgré la petite quantité ingérée, cela se solde par à peu près 2h de vomissements suivi de résidus de sang. 2h du matin encore (…) Ondansétron.

Le vendredi 20 on me force la main pour manger le matin et je sens que ça ne va pas aller. (C’est mon corps je le sens et je le sais). Ça fait presque 6 mois que je vomis.

Un bol de tisane m’a fait vomir pendant une heure avec du sang à la fin.

Le midi, la purée de pommes de terre a provoqué 4 heures de vomissements et d’évanouissements. Deux heures où je vomis du sang uniquement et où je remplis des haricots les uns après les autres. Ils étaient complètement noirs. Une sage-femme est restée à mon chevet: j’ai l’impression qu’elle était complètement désemparée. J’étais à moitié dans le coltar et j’avais honte, peur et mal. Elle m’essuyait la bouche qui était d’ailleurs brûlée par l’acidité.

14h environ Ils ont augmenté de nouveau l’Ondansétron (…) et ajouté un pansement gastrique. J’avais trois poches sur ma perfusion. En état de choc.

Les sages-femmes, m’ont expliqué que je devais absolument me nourrir, car on risquerait de passer par la nutrition parentérale (intra-veineuse). Je ne savais pas ce dont il s’agissait avant qu’elles m’en parlent.

Je comprends en revanche qu’elles voudraient m’éviter ça car c’est invasif et comprend des risques. 

Et cette douleur intense qui persistera dans mon thorax jusque dans le dos, comme un énorme coup de poignard qui se répète. 

Une sage-femme me dira “mais c’est normal madame vous avez beaucoup vomi ».

Une autre qui semble mieux écouter me dit que « demain on va contrôler ça. »

17h30 environ les choses se calment et je dors. Et vers 19h on me ramène de nouveau un plateau. Cela m’a énormément choqué que l’on me demande de nouveau de manger. J’étais terrorisée et me sentais piégée face à quelque chose qui me semblait complètement impossible et incompréhensible. J’en pleure et je craque: j’ai le sentiment qu’on me torture.

Je sens qu’elle pense que je ne fais pas d’effort, avec le peu de force que j’ai, je refuse catégoriquement.

À 21h le plateau était toujours là, j’essaie malgré tout de manger 6 pauvres petites cuillères de purée enrichie. Le reste je n’y toucherai pas. 

Et là je vomirai de nouveau je ne sais pas combien de temps mais beaucoup moins longtemps et beaucoup moins, et moins intensément que ce qui s’était passé plus tôt.

Je finirai par m’écrouler de fatigue, des douleurs dans tout le corps. On me donnera un cachet pour essayer de dormir un peu. 

2h du matin on me remet une dose (…).

Le samedi 21, on me programme une gastroscopie et une échographie de l’abdomen, le verdict est tombé : début d’ulcère et irritation des voix œsophagiennes.

Rien de surprenant finalement…

Ils ont enfin arrêté de me forcer à manger, plus de pression. 

On m’apporte mes repas avec des consistances que je peux ingérer et qui me feront le moins mal possible, à température ambiante ou froide. 

Je sens que l’antisécrétoire gastrique me soulagera énormément. 

Je réussirai à ingérer la moitié de mes plats non sans mal et sans vomissement mais vraiment très peu. 

On m’explique que si ça se stabilise comme ça je vais pouvoir sortir demain ou après-demain. 

Le dimanche 22, le médecin passe. Je ne l’avais jamais vu. Il me dit: « bah vos bilans sanguins sont tous bons, vous pouvez de nouveau manger et boire vous allez pouvoir rentrer chez vous ce soir. Vous allez avoir un traitement pour l’ulcère, et vous aurez de la Métopimazine pour les nausées et vomissements au cas où ça persiste. On vous revoit dans 10 jours. Vous avez des questions? ».

Je ne dirai rien à part « merci ».

Bébé va bien heureusement. Les monitorings furent tous bons.

Je suis sortie dimanche soir, épuisée psychologiquement et physiquement.