Témoignage déposé le 14/01/2026
Notre fille a malheureusement souffert de cette étrange et très compliquée pathologie
appelée « hyperémèse gravidique ». Étrange et méconnue pour nous, et encore trop
méconnue du monde médical. Comment affronter cette impuissance ? Voir notre fille
se battre contre l’inconnu, l’incompréhensible, alors que d’être enceinte aurait dû être
la plus belle chose au monde ?
Vomissements, nausées, perte d’appétit, amaigrie, grande fatigue, moral en baisse,
hospitalisations, vaisseaux qui éclatent… Au début, nous ne comprenions pas ces
symptômes, et notre grande inquiétude grandissait chaque jour. Le réflexe
d’interroger internet nous portait à croire que c’était l’hyperémèse gravidique.
Nous ressentions une peine immense et nous nous devions d’affronter ce « mal » qui
rongeait notre fille. Mais pour combien de temps ? Encore une fois l’étrange et
l’inconnu.
Démunis devant ce qui aurait dû nous rendre heureux, des tonnes de questions nous
envahissaient : va-t-elle vite aller mieux ? Que va-t-il lui arriver ? Qui pourra l’aider et
la sortir de là ?
Voir notre fille dans cette souffrance, incapable d’aller travailler, d’effectuer les taches
quotidiennes de la vie, de manger, de boire, la regarder dans cet état, nous a arraché
le cœur, avec impuissance.
La confiance en la médecine nous ne quittait pas mais devant ces interminables
symptômes, et sans résultats apparents, nous finissions par être découragés.
Nous avons essayé d’être là pour elle, la soutenir, la surveiller, l’aider, l’entourer, la
soulager par nos mots et notre présence. En fait, nous avons vécu des mois irréels.
Notre plus grand souhait était que cette souffrance s’arrête enfin, et qu’elle puisse
apprécier ces petits êtres qui grandissaient en elle, avec légèreté. Mais hélas, pour
ses deux grossesses, elle a vécu ces tourments impensables.
Son courage, l’aide de son conjoint, son envie de voir naître ses petits l’ont aidée,
non sans mal, à continuer de lutter de toutes ses forces jusqu’aux accouchements.
Et quel soulagement pour nous, rempli de fierté !
Mais ce soulagement a laissé comme un goût amer, car toute cette souffrance subit
par notre fille, fut un peu la nôtre également.
