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Témoignage de Eva

Témoignage déposé le 09/10/2025 

J’ai déjà connu une grossesse marquée par l’hyperémèse gravidique.

Un véritable enfer, de 5 SA jusqu’à l’accouchement.

Je poussais… puis je vomissais.

Je pensais avoir « oublié » ce traumatisme en serrant ma merveilleuse petite fille dans mes bras. Mais en réalité, pas du tout.

Nous avons voulu un second enfant. Je me disais que j’étais armée, prête à tout affronter, que ça ne pouvait pas être pire.

Un an d’essais, un an à perdre confiance mois après mois.

(À savoir que ma fille est née d’un seul cycle d’essai.)

Puis un jour, le test est positif.

Je l’annonce à mon mari, nous sommes heureux.

Pour combien de temps ?

Tellement heureux que nous partageons la nouvelle à nos proches, lors d’un événement familial.

Je le regrette aujourd’hui.

Dès 4 SA, les nausées et vomissements s’installent. Violents.

Je dors sans arrêt — non pas par fatigue, mais pour ne plus ressentir les nausées.

À 6 SA, l’enfer.

Je ne garde plus rien, ni nourriture ni eau.

La lumière, la télévision, mon téléphone, même la voix de mes proches… tout me fait vomir, encore et encore.

Je passe mes journées à pleurer.

Je contacte le Pr Deruelle, qui met en place une hospitalisation à domicile.

Je perds 3 kilos en une semaine (et je ne suis pas du genre à perdre facilement du poids).

Je suis déshydratée, en dénutrition.

On me perfuse d’antiémétique matin, midi, soir, avec un soluté et des vitamines.

Ça ne marche pas. Je fais des malaises, j’ai toujours des vomissements, des nausées. 

On me prescrit un autre médicament, qui lui marche, mais je ne fais que dormir. 

Pendant une semaine, je vis la période la plus difficile de ma vie.

Alitée, incapable de m’occuper de ma fille, de mon mari, de moi-même.

Les infirmières sont des amours. Quel métier.

Et me voilà aujourd’hui, à 7 SA + 6.

Dans quelques heures, je vais subir une IVG.

La maladie a gagné.

Je ne suis pas prête pour un deuxième combat.

Pas prête à délaisser ma fille pendant neuf mois — neuf mois qui ressemblent à une éternité.

Pas prête à renoncer à un simple repas partagé avec mon mari.

Oui, parfois l’HG s’arrête après le premier trimestre.

Mais cette saloperie m’a déjà tout pris : ma force, ma joie, mes espoirs.

Je sais ce que c’est d’espérer chaque jour que les vomissements cessent.

Je sais aussi que, pour moi, l’HG ne s’arrête jamais vraiment.

Je dois faire une croix sur un second enfant, sur un frère ou une sœur pour ma fille.

Je suis profondément triste.

Mais je le suis encore plus quand je suis malade.

Alors oui, je perds mon combat contre l’hyperémèse gravidique.

Mais je retrouve le bonheur de m’occuper de ma fille.

De mon mari.

De moi-même.

L’HG a gagné cette bataille.

Mais moi, je reprends ma vie.