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Témoignage de Valériane

Témoignage déposé le 04/01/2025 

Je vous contacte car j’ai découvert votre association, peut être un peu trop tard, par l’émission La Maison des Maternelles.

J’ai fondu en larmes quand j’ai vu que l’on parlait de cette maladie très peu connue.

 

J’ai eu ma première fille en décembre 2016, j’ai souffert d’hyperémèse gravidique.

Il n’y avait pas encore de terme médical à l’époque.

Je suis passée par l’amp pour avoir ma fille et j’ai eu la chance de tomber sur une médecin à l’écoute.

J’ai été très malade, hospitalisée 2 fois.

La première fois le médecin m’a demandé si la grossesse était désirée, mon rapport à l’alimentation, et m’a dit de partir un peu en vacances, que ça me changerait les idées.

Ensuite, lors de la première échographie à 12SA, la médecin qui me suivait m’a à nouveau hospitalisée car mon état était critique, je ne m’arrêtais plus de vomir.

J’ai pu me sentir mieux grâce à des perfusions de corticoïdes, Zophren, puis j’ai pu avoir de l’ondansétron en per os, ce qui m’a aidé à continuer cette grossesse, même si ça n’a pas du tout été une période épanouissante.

 

Huit ans plus tard, je suis tombée enceinte naturellement, cette grossesse était désirée.

J’avais évoqué quelques mois auparavant lors d’un rendez-vous gynéco le souhait d’être à nouveau maman et mes craintes également.

On m’a répondu: “Chaque grossesse est différente”. En effet, cette fois ça a été pire…

Mon corps s’est mis en alerte rouge très rapidement.

À 6 SA j’avais déjà de fortes nausées constantes jours et nuits, ainsi que des vomissements.

J’en ai parlé à la sage femme qui m’a donnée des conseils classiques (fractionnez vos repas etc.)

Je passais mes journées allongée, quasiment incapable de me lever, sauf pour aller vomir.

J’ai été 3 fois hospitalisée: la première fois une nuit, la deuxième 3 jours et la 3eme 4 jours dans 2 établissements hospitaliers différents. Avec le même protocole à chaque fois: bilan sanguin, métoclopramide, prise de doxylamine + pyridoxine, réhydratation, vitamines, ondansétron très limité.

Puis homéopathie, réflexologie, acupuncture.

 

J’étais arrivée à 51kg, sans force, je me sentais comme empoisonnée, j’avais tellement mal dans le haut du ventre, à l’estomac , dans le thorax, mes veines ne supportaient plus les perfusions, on me repiquait tous les deux jours.

J’ai vu 4 médecins, qui ne m’ont pas proposé d’autres solutions, ni accompagnement .

 

Nous avons pris la lourde décision d’interrompre cette grossesse car je me sentais incapable de tenir.

Chaque jour, mon état se dégradait, chaque heure à tenir était devenue un supplice.

Un curetage a donc été effectué.

Une fois la décision prise, la médecin m’a prescrit une perfusion de chlorpromazine, ce qui m’a fait dormir jusqu’à l’intervention.

 

Je me suis tout d’abord sentie soulagée car c’était devenu de la survie.

Mais je suis aussi très triste car c’est un réel deuil. Le deuil de cette grossesse que je pensais vivre différemment, et le deuil de ne plus pouvoir avoir d’enfant car mon corps ne l’accepte pas.

Il y a également de l’incompréhension et de la colère vis-à -vis du corps médical qui n’a que très peu de connaissances par rapport à cette maladie et qui ne donne pas l’impression de s’investir pour trouver une solution.