Témoignage déposé le 23/05/2024
J’ai vécu une première grossesse HG en 2018. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée dans un état nauséeux qui ne m’a pas lâchée pendant un gros trimestre. Je vomissais à longueur de temps, partout : à l’arrêt de bus, dans la rue, dans ma poubelle du bureau.
Les odeurs me dérangeaient fortement, je ne supportais plus celle de la lessive !
Jusqu’à l’épuisement et l’arrêt de travail. Heureusement, je parvenais à m’alimenter tant bien que mal, en prenant le soin de choisir des aliments les plus « facilement vomissables ».
En 2020, je tombe enceinte de nouveau et le calvaire recommence. Sauf qu’avec une aînée à s’occuper et moins de temps de repos, la situation se dégrade très rapidement. En 15 jours, je perds 9% de mon poids initial, et me retrouve dans une intolérance alimentaire totale. Impossible de manger et de boire. Je suis complètement déshydratée et affaiblie. Je me lève qu’une fois par jour pour aller aux toilettes en étant aidée. L’odeur de ma fille me fait vomir. Je ne peux pas m’occuper d’elle car je ne peux déjà pas m’occuper de moi. Je ne me lave pas, ne me brosse pas les dents, c’est impossible. Ma dignité en prend un coup.
Je passe mes journées isolée dans mon lit à fixer le mur pour me concentrer à ne pas vomir. Je suis tellement affaiblie que je n’ai pas la force d’écouter de la musique, lire ou même regarder la télé. Tout m’agresse et me fait vomir, même une porte qui claque.
Le gynéco ne m’aide pas, et ceux qui ne me voient pas ne s’aperçoivent pas de l’urgence de la situation.
Heureusement, ma famille prend le relais : change mes draps, nettoie mes bassines de vomis, s’occupe de ma fille.
J’ai vécu une perte d’autonomie physique rapide, et l’hypersalivation m’empêchant de parler, j’étais exclue du monde social.
Je me suis sentie terriblement faible, désespérée, coupée du monde, avec ce mal-être constant, comme un mal de mer qui ne cesse jamais.
Heureusement, un traitement a commencé à faire effet. Et puis, il y a eu la découverte de l’association et la lecture d’autres récits.
Après des semaines à me ré-habituer à m’alimenter, ces fichus symptômes ont complètement disparu au bout de 7 mois, me donnant un peu de répit avant d’accueillir ma seconde petite fille.
Après cette dernière grossesse intense, j’ai décidé de ne pas me taire sur ce que j’avais vécu, de faire avancer la cause et d’aider les femmes et familles dans la même situation.
Je me suis donc engagée au sein de l’association et j’invite toutes les femmes qui le souhaitent à nous rejoindre !
