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Témoignage de Pauline

Témoignage déposé le 17/06/2025 

La grossesse, ce rêve que beaucoup de femmes imaginent merveilleux, avec la découverte de la vie qui s’éveille en soi, les premiers mouvements, le ventre qui s’arrondit, le respect de l’entourage pour cette période sacrée.

C’est ce que j’imaginais aussi. Nous sommes en 2021, j’ai 29ans, et avec mon compagnon nous décidons d’avoir un enfant. J’arrête la pilule en novembre, je tombe enceinte en décembre. Quelle joie ! Je m’estime tellement chanceuse étant donné le nombre de femmes et d’hommes qui galèrent à fonder leur famille.

Janvier 2022, quelques jours après les fêtes, je ressens les premiers désagréments, des nausées le soir. Tiens, c’est bizarre, ce n’est pas plutôt le matin normalement ? Et puis les jours s’enchaînent, et les nausées durent toute la journée, puis la nuit. 

Fin janvier, la désillusion. Je suis à 6SA. Et les vomissements commencent. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je vomis une fois, deux fois, trois fois, jusqu’à une vingtaine de fois par jour. Les nausées me clouent au lit, je ne supporte aucune odeur, même pas celle de mon gel douche. Mais il n’y a pas que les odeurs qui me font vomir, il y a également cette hypersalivation, qui m’oblige à me trimbaler avec un lange ou une serviette dans la bouche toute la journée. Si j’avale ma salive, c’est vomito illico presto. Jour et nuit. Mes copains sont ma bassine et ma serviette. Je perds 7kg en 1 mois et demi. Mon gynécologue m’explique que si je n’arrive plus à boire, il faudra aller aux urgences. Ma hantise, alors je me force et me réfugie dans le coca cola, la seule chose que je tolère à peu près. Mais je culpabilise pour mon bébé. Par chance, mon gygy est très rassurant, me disant que bébé pompe tout ce qu’il lui faut dans mon corps, et que si le coca me fait du bien, je dois foncer !

Mon homme travaillant de nuit, je retourne vivre 3 mois chez mes parents, car évidemment, les nausées, vomissements, la perte de poids et la déprime font que je fais des chutes de tension et malaises…

Mes amis sont rares à me soutenir, personne ne comprend, tout le monde pense que j’exagère. Seul mon compagnon, mes parents, mon frère et une amie qui a subi la même chose pour sa grossesse comprennent l’impact psychologique de cette maladie. L’hyperémèse gravidique.

Un enfer qui durera jusqu’à 22 SA pour cette première grossesse, et qu’on garde en mémoire comme un traumatisme.

J’accouche en septembre d’une petite fille en pleine forme ! La délivrance ! L’avantage de l’HG, c’est que, pour ma part en tous cas, j’ai très bien vécu l’accouchement.

Septembre 2024, je tombe enceinte de mon deuxième enfant. Après plusieurs mois de réflexion, car je n’ai pas oublié les 4 premiers mois de ma première grossesse. Je m’attends à revivre la même chose, car on le sait, 80% de récidive chez les « vomisseuses ». Banco, je revis le même cauchemar entre 6SA et 25SA. Je ne supporte plus l’odeur de ma fille, je retourne chez mes parents avec elle car je suis incapable de m’en occuper. Je crois que j’ai pleuré doublement pour cette grossesse, pour la douleur induite, et pour la culpabilisation par rapport à mon premier bébé, qui est encore si petite pour comprendre ce qui arrive à sa maman.

J’accouche dans quelques jours et c’est maintenant derrière moi. Mais c’est ma dernière grossesse, car je ne veux en aucun cas revivre l’hyperémèse gravidique. Les traitements qui m’ont été prescrits n’ont malheureusement pas fonctionné pour moi, mais j’espère avec les récentes découvertes que les futures mamans, dans quelques années, pourront être traitées comme il se doit et ne subiront pas ce que bon nombre d’entre nous subissent, en silence et jugée.