Témoignage déposé le 10/08/2024
J’ai 25 ans quand je découvre que je suis enceinte. Je suis amoureuse, je ne sais pas quoi faire. Pourquoi pas le garder, on s’aime après tout. Soudain un état dépressif m’envahit, tout me dégoûte, je suis mal, je quitte Paris et je retourne chez ma mère, je reste allongée dans le noir, je ne parle plus, je vomis, tout me dégoûte. Je ne donne aucune nouvelle même pas à mon petit ami et je coupe les ponts comme un ours au fond de sa grotte. Plus rien n’a d’intérêt, je suis un fantôme qui erre et qui vomit. J’avorte pour sauver ma vie. Mon copain ne se remettra jamais de ma disparition et du reste, je ne comprends pas ce qui vient de m’arriver, j’ai mis plus d’un an à m’en remettre. Je retombe enceinte 3 ans ans plus tard, je finis dans le même état. Je me réfugie dans la maison de famille et je ne sors plus de ma chambre, personne ne m’explique , on me parle de problème psychologique , dû sans doute a mon adoption, j’y crois, je me dis que ce sont les séquelles de mon abandon … J’avorte une seconde fois pour retrouver un état normal. Et puis en 2018 je tombe de nouveau enceinte, j’aime éperdument mon conjoint, je veux absolument être maman. Je sais que ça va arriver, ça arrive, vomir, vomir, ne plus supporter les odeurs, vomir encore, perdre 7 kilos en un mois, arrêt maladie, je reste sur le lit à ne rien pouvoir faire, tout le monde pue, la maison pue, je sombre dans une dépression. On me dit à l’hôpital que c’est l’adoption, encore et encore. Je demande qu’on m’aide, on me dit de prendre mon mal en patience. Je ne bois plus je ne mange plus, je reste silencieuse dans le noir. Et je supplie d’avoir la force de le garder. Le second trimestre arrive, j’espère que ça va aller mieux, un peu… Je passerai 3 mois à cracher de la salive et être encore dégoûtée des choses mais je vais un peu mieux. Je suis un lama qui dégoûte les gens. Et enfin le 3e trimestre le 21 juillet exactement, j’ai cessé de cracher, j’ai recommencé a avoir une sensation normale. J’ai pu vivre et j’ai donné naissance à un petit garçon que j’aime plus que tout. Mais je sais que je n’en aurai qu’un. Pour toutes ces raisons.
