Témoignage déposé le 10/07/2024
Le 3 Septembre 2019 j’apprends que je suis enceinte de mon premier enfant. Emplie de bonheur j’imagine une grossesse de rêve mais très vite la réalité me rattrape. À 3 semaines de grossesse les nausées commencent les vomissements ne s’arrêtent plus. L’obstétricien qui me suit alors ne prend pas au sérieux mes maux et me fait des arrêts d’une semaine et m’oblige à reprendre le travail entre chaque arrêt. Les vomissements continuent, les malaises s’enchaînent. Je perds 12kg en 2 mois et aux vomissements s’ajoutent l’hypersalivation. Je n’ai plus aucun contrôle sur mon corps. Quand je suis au travail on me fait comprendre que ma place n’y est pas et quand je suis à la maison j’entends des collègues dire que je suis en arrêt de complaisance. Psychologiquement je suis au fond. Je me demande à quoi bon subir tout cela et crains que cet état ait un impact sur la santé de mon enfant. Heureusement mon conjoint est très présent et m’épaule autant qu’il le peut. Arrive ensuite le Covid et le confinement… Mon médecin échographe repousse sans cesse notre rendez-vous , ne me plaçant pas en priorité. Je finis par avoir (avec près d’un mois de retard) ma dernière échographie et découvre que mon bébé est machrosomique. En plus de vomir et cracher je dois maintenant surveiller les quelques aliments que j’arrive à avaler afin qu’ils ne contiennent aucun sucre et je dois marcher 1 à 2h par jour pour perdre le peu de poids que je prends. Après 9 mois de bataille contre moi même, Je suis libérée de mon état le 10 mai avec l’arrivée de mon fils Timoté qui est la plus belle chose au monde.
Je reste traumatisée par cette expérience de grossesse. Je prends beaucoup de poids post partum compensant quelque part les 9 mois de privation subie et mets plusieurs mois à m’accepter et à avoir de nouveau confiance en mon corps.
Le temps passant et les médecins m’affirmant que deux grossesse ne se ressemblent jamais je finis par me lancer et faire un deuxième enfant. 4 ans après la première grossesse HG j’apprends que je suis enceinte. Merveilleuse nouvelle qui tournera de nouveau au cauchemar quelques jours après…
Je suis très vite arrêtée par mon nouveau médecin qui au récit de ma première grossesse prend mes symptômes très au sérieux. Je vomis plus de 30 fois par jour et crache d’hypersalivation entre chaque nausée. Ce coup ci je perds 13kg en 3 semaines. Je n’arrive pas à m’alimenter ni à m’hydrater. Après plusieurs essais de médicaments, je suis hospitalisée à deux reprises et mise sous Chlorpromazine. Je n’arrive pas à me laver ni à me lever ni à m’occuper de mon premier enfant qui me voit végéter et vomir du fond de mon lit (je culpabilise de ne pas être présente pour lui). Ma famille nous vient en soutien. Mon état nous fait peur. Je ne supporte plus aucun bruit, aucune lumière, aucun mouvement, aucune odeur… Mon mari et moi pensons sérieusement à l’IVG même si nous avons désiré cet enfant. Les médecins essayent de nous donner confiance et nous décidons de poursuivre la grossesse. La Chlorpromazine commence à faire effet, après 4 mois de grossesse je ne vomis plus qu’une à quatre fois par jour, mais comme si mon état n’était pas suffisamment réducteur, mon périnée décide de ne plus tenir sous la pression des vomissements.
Le fait de moins vomir, je retrouve mes esprits et le poids psychologique de cette grossesse m’empare. Je suis seule isolée chez moi sans pouvoir travailler n’y m’occuper car un rien peut me faire vomir ou hyper saliver durant des heures. En même temps j’éprouve le besoin d’occupation. Je sombre peu à peu dans la dépression, je ne vois plus le bout de cette grossesse. La découverte de l’association HG et la lecture des récits d’autres femmes partageant mes symptômes m’aideront à tenir tant bien que mal.
La délivrance arrivera finalement le 24 mai avec l’arrivée de ma petite Lynn. Malheureusement ce coup ci la grossesse HG aura causé des séquelles à mon enfant. mes hormones de grossesses (tellement élevées) ont atteint l’acidité de son estomac ce qui lui provoque des remontées acides qui lui brûlent l’œsophage et les cordes vocales. Classée parmi les bébés RGO il m’est déconseillé de l’allaiter afin de ne pas lui transmettre plus d’hormones et lui permettre de se rétablir. Rien de plus désespérant pour une maman que de voir son enfant souffrir par sa faute …
La décision est prise, cette grossesse sera la dernière ! Afin de m’en assurer, j’ai pris la décision de me faire ligaturer les trompes pour ne plus jamais avoir à revivre cela. Débute alors une bataille entre le corps médical et moi afin de trouver un médecin qui acceptera de me stériliser à tout juste 33 ans.
Courage à toutes les femmes qui traversent l’épreuve d’une grossesse HG et Merci à l’association pour tout ce que vous faites pour nous.
