You are currently viewing Témoignage de Elodie

Témoignage de Elodie

Témoignage déposé le 25/04/2024 

Les nausées ont commencé à 5SA. Pour ma 1ère, elles ont duré quasiment jusqu’à la fin alors, j’ai peur. Cette fois, on me propose différents traitements, mais rien ne fonctionne et très rapidement, je dois m’arrêter de travailler tellement je suis mal.

Je ne vomis pas mais je ne peux plus du tout m’alimenter ou boire. Je survis grâce à des biscottes beurrées. Après une semaine avec uniquement 10 cL de jus par jour, je ne tiens plus debout. Je me rends aux urgences où malgré les signes de déshydratation, je ne suis pas prise en charge.

C’est sur un groupe de mamans qu’on me recommande l’asso. C’est là que j’entends pour la première fois que l’HG ne se limite pas à des vomissements et qu’enfin j’ai l’impression que l’on me comprend. 

Grâce à l’aide d’une de mes « sœurs de misère », je suis prise en charge par un médecin qui connaît bien la pathologie et confirme le diagnostic « hyperémèse gravidique sévère ». Je suis à la fois soulagée d’être entendue et en colère de ne pas avoir été prise au sérieux.

Je suis mise sous perfusion, à domicile, et on essaie encore d’autres traitements, plus forts. Je reprends 2,5kg juste avec l’hydratation. La vie est rythmée par les rappels de médicaments, toutes les 3h. Mais rien ne fait passer ces nausées et je ne peux toujours pas manger.

Après 7 semaines d’HG, j’ai perdu plus de 10kg, je dors 20h par jour tellement je suis faible. Je souffre et je me sens très seule. Chaque nouvelle piqûre est une torture malgré la douceur et la gentillesse des infirmières qui prennent soin de moi.

Je ne peux plus travailler ni m’occuper de ma 1ère fille. J’ai peur. Et si ça durait encore toute ma grossesse ? Comment survivre à ça ? Préparer l’arrivée d’un bébé ? Assumer la perte financière d’un arrêt prolongé ? Organiser un déménagement ?

C’est le cœur en miettes que je prends la décision d’arrêter la grossesse et dire au revoir à ce bébé que j’ai pourtant désiré. Aujourd’hui, j’essaie de faire mon deuil de ce bébé, de cette vie à 4 que j’avais projetée. Pas une journée ne passe sans que je pense à lui, à ce 26 avril 2024 qui était ma DPA.