Témoignage déposé le 20/01/2025
Quand on imagine la grossesse, on pense souvent aux moments de joie et d’émerveillement. Mais pour moi, chaque début de grossesse a été marqué par un combat contre l’hyperémèse gravidique, une réalité que je n’avais pas anticipée avant ma première expérience.
Ma première grossesse , en 2013, a été une entrée brutale dans cet univers. Dès les premières semaines, les nausées et vomissements ont envahi mon quotidien. Les trois premiers mois ont été un enchaînement d’épreuves, avec des journées interminables et une sensation d’impuissance. Noël, une période normalement festive, est devenue un souvenir difficile : les odeurs et les repas étaient insupportables. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le manque de compréhension du corps médical. On m’a dit que « c’était dans ma tête ». Lorsque les vomissements se sont arrêtés brutalement, j’ai eu une peur immense que la grossesse soit interrompue. Heureusement, ce n’était pas le cas, mais cette expérience m’a laissée avec beaucoup de questions et un sentiment de solitude face à ma souffrance.
En 2019, lors de ma deuxième grossesse , j’ai rapidement compris que les choses allaient se compliquer à nouveau. Cette fois, la fatigue était encore plus écrasante. Je suis conservée alitée pendant deux semaines, dans le noir, incapable de faire quoi que ce soit. Mes forces diminuaient chaque jour, jusqu’à ce que je sois hospitalisée, épuisée. Grâce à un traitement, j’ai pu tenir jusqu’à la fin du troisième mois. Une fois rentrée chez moi, j’ai retrouvé un peu d’énergie, mais ces premières semaines ont été un véritable défi, tant pour mon corps que pour mon esprit.
Ma troisième grossesse , en 2023, a été la plus difficile. Dès le début, les symptômes se sont intensifiés à un niveau que je n’aurais jamais imaginé. Un dimanche, j’ai arrêté de m’alimenter, incapable de garder quoi que ce soit. Les vomissements, qui atteignaient jusqu’à 40 épisodes par jour, ont pris le dessus. Le jeudi, je ne pouvais même plus boire une goutte d’eau. C’est finalement le samedi que j’ai été hospitalisée, complètement déshydratée et à bout de forces. Pour la première fois, j’ai envisagé l’interruption de grossesse, non pas par manque de désir pour cet enfant, mais parce que je n’arrive plus à imaginer comment continuer dans cet état. Pendant plusieurs semaines, ma vie personnelle et professionnelle a été mise sur pause, entièrement tournée vers la gestion de cette pathologie.
L’hyperémèse gravidique est bien plus qu’un simple désagrément de grossesse. C’est une condition qui bouleverse le quotidien, épuise le corps et l’esprit, et reste pourtant largement méconnue ou minimisée. À travers mon témoignage, je souhaite mettre en lumière ce que vivent tant de femmes et insister sur l’importance d’une prise en charge médicale adaptée, mais aussi d’une écoute bienveillante. Ces grossesses ont été éprouvantes, mais elles m’ont aussi appris à mieux comprendre mes limites, à demander de l’aide, et à apprécier d’autant plus les moments de répit.
