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Témoignage de Morgane

Témoignage déposé le 01/06/2020

 

Il y a tout juste un an mon bébé commençait sa vie. Deuxième bébé attendu et voulu. Nous étions très heureux d’apprendre cette nouvelle, mais ayant déjà vécu l’hg pour ma 1ere grossesse j’angoissais déjà sur les symptômes et les semaines à venir.

Lors de l’échographie de datation à 6SA je parle avec ma gynécologue des vomissements possibles à venir et elle me donne déjà une ordonnance de primperan au cas où. Il n’aura pas fallu attendre longtemps car les nausées et vomissements débutent le lendemain.

J’ai quand même réussi à vivre jusqu’au baptême de ma fille, mais 2 jours après (8SA) la descente en enfer commence, comme pour ma première grossesse : vomissements toutes les heures, nausées H24, aucun aliment ni boisson ne passe tout ressort. Néanmoins la violence du 1er trimestre est plus modérée que la première mais reste constante.

Le primperan n’est pas efficace sauf pour les effets indésirables. Les arrêts de travail s’enchainent de 2 semaines en 2 semaines. Première échographie : ouf tout va bien pour bébé, mais je n’arrive pas à profiter de cet instant alors que bébé est désiré.

Je vois les semaines passées et toujours aucune amélioration.

Le deuxième trimestre arrive enfin et je n’attends qu’une chose que les symptômes se calment… Mais bien sûr que non… Les vomissements et nausées sont toujours là.

Première sortie depuis le début de l’hg à 16SA pour un concours que nous organisions, enfin une bouffée d’air frais et les vomissements semblent enfin me lâcher un peu. C’est toujours ça de pris. Mais voilà décollement du placenta avec beaucoup de saignements, donc ce sera repos forcé jusqu’à la 2eme échographie obligatoire.

Les vomissements s’atténuent pour n’être qu’au nombre de 4/jour vers 21-22SA. Après la souffrance physique voilà que s’installe la souffrance psychique. La culpabilité s’installe profondément : culpabilité de ne pas être présente pour ma fille ainée qui me voit chaque jour malade sans pouvoir sortir ou jouer avec elle, culpabilité vis-à-vis de mon mari car je ne suis pas en état physique pour l’épauler dans la gestion de la vie courante, culpabilité vis-à-vis de mes collègues pour la charge de travail supplémentaire qu’ils doivent assumer suite à mon arrêt maladie. Je me sens seulement un coque vide pour laisser bébé se développer. Le vide autour de nous se fait ressentir, les amis ne sont plus là et ma famille se trouve à 800km donc ne peut pas être présente pour nous aider.

Les jours sont longs et difficiles de s’accrocher jusqu’au bout.

Voilà enfin la deuxième échographie, le placenta est remonté le risque est écarté mais voilà que des problèmes de liquide amniotique sont découverts. S’en suit des examens complémentaires, l’attente, le stress, tout ça en plus des vomissements et nausées qui ne me lâche pas.

A la 3eme échographie c’est une suspicion de placenta accreta qui est découverte, donc rebelotte examen complémentaire et le risque ne peut être écarté, il me faut donc accoucher dans une autre maternité que celle prévue pour qu’elle soit de niveau 3.

2 semaines d’hospitalisation en fin de grossesse et accouchement par césarienne programmée et enfin l’hg est terminé. Elle ne m’aura pas quitter de toute ma grossesse.

Mais la fragilité émotionnelle et psychique est encore présente et je peine à me relever de tout ça malgré le bonheur d’avoir mes 2 enfants en bonne santé.

L’hg ne nous impacte pas seulement nous, mais bien toute la famille. Mon mari et moi ne voulons plus vivre de grossesse tels que nous avons vécu. Le plus difficile aura été de ne pas avoir été là pour ma fille, de la voir vomir pour faire comme maman.

Je remercie néanmoins ma gynécologue qui malgré son impuissance a été d’un véritable soutien. Le simple fait de reconnaitre que j’étais bien malade c’était déjà une victoire en soi.

Je remercie également mon mari, ma fille et nos familles les plus proches qui auront été d’un soutien à leur échelle.

j’espère du fond du coeur que l’hg soit reconnu pour ce qu’elle est et que la prise en charge des patientes s’améliore et que l’on soit entendue et écoutée. La souffrance qui en découle est multiples et la reconstruction de soi difficile.