Témoignage déposé le 06/07/2023
Je m’appelle Jennifer et je vous suis sur les réseaux sociaux depuis environ 2 ans. J’ai découvert votre association à la suite de ma première grossesse, pour laquelle j’ai vécu l’HG, sans savoir ce qui me tombait dessus. Après des recherches sur internet et des lectures de témoignages, je vous ai découvert.
Je suis enceinte de 6 mois de mon 2e enfant, et j’ai vécu l’hyperémèse gravidique pour mes 2 grossesses. Je souhaiterais vous faire part d’une partie de mon histoire car je veux apporter tout mon soutien aux femmes qui vivent cette situation mais aussi informer le plus possible afin que nous puissions être écoutées et aidées de la meilleure façon qu’il soit.
Je trouve cela très triste et surtout révoltant que la société minimise l’HG et les conséquences psychologiques que cela engendre chez la femme mais aussi sur son entourage.
Je suis tombée enceinte une première fois au mois d’avril 2021. Après environ 1 mois sur un petit nuage, j’ai commencé à avoir des fortes nausées, constamment, jour et nuit. Je n’arrivais plus à manger tellement les nausées étaient fortes. Cela semblait normal pour mon docteur, je ne m’inquiétais donc pas. Les nausées ont laissé place aux vomissements. Des vomissements qui ne me permettaient pas de garder ne serait-ce qu’une cuillère à café d’eau… Après plusieurs semaines dans un état végétatif, et 9 kilos en moins, j’ai pris la décision d’appeler le SAMU pour être hospitalisée et mettre fin à mon calvaire. Mes 2 séjours à l’hôpital m’ont permis de reprendre des forces. Mais les symptômes persistants à la suite des hospitalisations, mon médecin décida de me diriger vers un gynécologue. Il me prescrit Cariban qui m’aida, à ce stade de la grossesse, à ne plus vomir. J’ai pu vivre ma grossesse de façon plus sereine à partir du 5e mois.
De cette première grossesse, je garde en moi le traumatisme de l’œsophage brûlé, des mycoses dans la bouche à cause des vomissements, de l’impossibilité de me laver seule pendant des semaines, de l’inquiétude de mon entourage et des 9 kilos en moins qui m’effrayaient (je ne faisais plus que 43 kilos au 3e mois de grossesse). J’ai malgré tout donné naissance à une fille merveilleuse, en bonne santé et qui a désormais 18 mois.
Au mois de janvier 2023, j’ai appris par surprise que j’attendais mon 2e enfant. Cette grossesse n’était pas attendue mais nous l’avons accueillie avec enthousiasme. J’ai eu, bien sûr, très peur de revivre cette situation, mais comme mon médecin me disait : chaque grossesse est différente et j’avais espoir en Cariban qui m’avait aidée.
Malheureusement, les symptômes sont arrivés très rapidement (au bout de 2 semaines environ).
Nausées jour et nuit pendant 1 semaine, qui ont laissé place aux vomissements à répétition.
Je me suis vue revivre la même situation mais avec une petite fille à côté qui ne comprenait pas pourquoi sa maman restait couchée et ne pouvait plus s’occuper d’elle. J’ai à nouveau été hospitalisée 2 fois 5 jours à environ 15 jours d’intervalle. Je n’arrivais plus à boire ni à manger, j’étais déshydratée, incapable de me lever à part pour vomir. Les hospitalisations, et les traitements essayés (Primperan, Cariban, l’association des 2, Largactil…) ne calmaient pas les vomissements, à tel point que je vomissais du sang.
J’ai maudit cette grossesse qui me coupait de ma fille, j’ai souhaité avorter si fort mais avec une telle culpabilité, que je n’ai pu m’y résoudre.
Je suis aujourd’hui à 6 mois de grossesse et je suis enfin libérée de cet enfer.
Mais ces souffrances physiques ont causé des souffrances psychologiques, notamment la peur et l’incapacité de boire de l’eau. Aujourd’hui, je suis une thérapie pour essayer de vaincre cette phobie.
L’hyperémèse gravidique est un évènement traumatique dans la vie d’une femme. Il ne faut pas minimiser ce que nous vivons durant cette période de notre vie, que cela dure 1 mois, 3 mois ou toute une grossesse. Car chaque femme qui le vit, garde cet évènement en elle.
Je souhaite tout mon courage à celles qui sont en train de le vivre, et j’apporte tout mon soutien à votre association et votre travail qui met en lumière cette maladie.
