Témoignage déposé le 07/07/2023
Je voulais vous faire part de mon témoignage.
J’ai connu votre page seulement après mon accouchement suite à une discussion avec ma cousine et je suis certaine que votre page m’aurait aidé durant ma grossesse.
Fin Octobre 2021, j’apprends que je suis enceinte seulement 6 semaines après le début « d’essai bébé ». Un soulagement pour mon compagnon et moi-même qui avions décidé de ne pas passer par une PMA.
Novembre 2021, je ressens les premiers symptômes dérangeants de la grossesse : hypersalivation, fatigue extrême et premières nausées, tension trop haute et on me parle des risques de pré-éclampsie…
Très vite, j’ai dû annoncer à mon employeur ma grossesse qui se doutait bien de quelque chose en me voyant courir aux toilettes plus de 5 fois par heure. C’est ma responsable qui me pousse à aller voir un médecin pour qu’il me mette en arrêt maladie.
Je reste 3 jours à la maison au « repos » et je passe mes journées aux toilettes tant les vomissements ne me laissent aucun répit.
Décembre 2021, les vomissements s’accentuent, je vomis en conduisant, en ouvrant la bouche pour essayer de m’alimenter, en changeant de position la nuit. Je n’ai plus aucun moment de tranquillité. Mon médecin décide donc de m’arrêter quelque temps, finalement je serai en arrêt maladie tout le long de ma grossesse.
J’enchaîne 20 vomissements par jours.
17 décembre 2021, j’ai rdv pour la première grande échographie. J’écoute les conseils de la sage-femme et je bois mon litre d’eau avant le rdv, sachant éperdument que je ne le garderai pas. 5mn après, me voilà en voiture avec mon seau sur les jambes, à vomir toute l’eau que je venais de boire. J’arrive à l’échographie et la sage-femme en charge de l’écho me demande comment se passe la grossesse. Je lui explique donc que je ne cesse de vomir, que je fais des malaises tant je suis fatiguée et que mon corps faiblit.
Je me souviens encore de cette phrase « vous vous attendiez à quoi en tombant enceinte ? Il faut se renseigner avant de faire un enfant si vous ne pouvez pas supporter cela, mauvaise nouvelle, une grossesse dure 9 mois ». Durant l’échographie, elle me dit également que je lui fais perdre son temps car ma vessie est vide… (Normal j’ai vomi l’eau que je venais de boire) et qu’elle devra donc me proposer un autre rdv qui sera hors délai si jamais elle ne voit rien. Finalement elle y parvient et tout va bien pour mon bébé.
Fin décembre 2021, mes malaises sont de plus en plus fréquent, la vue et l’odeur des aliments me font vomir, mes vomissements sont de plus en plus réguliers, je compte l’intervalle entre chaque (3 à 5 mn tout au plus), j’arrive à plus de 50 vomissements par jours, parfois même en dormant.
Mon compagnon s’inquiète de me voir dans cet état, de me voir rendre le seul grain de riz que j’arrive avaler, de me voir rendre la goutte d’eau que je bois. Il m’installe des couvertures et un petit matelas dans nos toilettes pour la nuit pour que je n’ai pas à courir jusqu’à l’autre bout de l’appartement.
28 décembre 2021, s’en est trop, mon état s’est dégradé, je perds mes cheveux, mon teint est blanchâtre, mon visage se creuse, mon ventre diminue chaque jour, je rentre dans des vêtements que je ne pouvais plus mettre depuis plusieurs années, mes lèvres sont sèches et saignent. Je pleure, je remets cette grossesse en question, je cherche sur internet si un avortement est toujours possible, puis en reprenant mes esprits, je demande à mon compagnon de me déposer aux urgences.
J’arrive aux urgences et très vite je comprends que j’embête les infirmières, l’une d’entre elles m’a même dit que les vomissements n’étaient pas des cas d’hospitalisation. Elles me font le test Covid à l’entrée (sachant que j’en avais fait avant de partir à l’hôpital et qu’il était négatif). Le test ressort positif et l’une d’elle me dit « chercher pas plus loin c’est le Covid qui vous rends malade et en plus vous allez faire baisser nos statistiques » si elle savait qu’à ce moment j’en avais rien à faire de ce Covid.
Une interne m’ausculte, mon bébé va bien il grandit bien. La prise de sang revient et l’interne me parle d’Hyperémèse Gravidique et m’annonce qu’elle me garde jusqu’à ré hydratation.
Je passerai 10 jours à l’hôpital sans droit de visite à cause du Covid. A ce moment-là, je me sens terriblement seule et je rencontre une aide-soignante d’une gentillesse incroyable et d’un soutien inexplicable. En dehors d’elle et de mon compagnon personne ne comprenait ma souffrance. On me répétait que c’était dans ma tête, on me conseillait de faire de la sophrologie car j’étais trop stressée et que je me créais moi-même des vomissements. Tout ce que je n’avais pas besoin d’entendre car je le savais que je n’y étais pour absolument rien.
Concernant le traitement, on essaye plusieurs choses mais les vomissements ne diminuent pas. Le médecin décide de me donner un traitement donné dans le cadre des chimiothérapies en m’expliquant que je devais avoir un contrôle régulier car cela pouvait avoir des effets sur mon bébé.
Rapidement, les vomissements diminuent. Je passe de 50 vomissements à une 15aine par jour mais c’est au tour de ma tension de faire des siennes. Je serai hospitalisée plusieurs fois par mois pour hypertension et pour vomissements.
03 juin 2022, je suis hospitalisée pour vomissement et hypertension, on me parle de déclenchement pour pré-éclampsie sévère.
09 juin 2022, après 6 jours de déclenchement interminable car le personnel refusait ma demande de césarienne, après 2 jours de contractions intenses sans péridurale puisque mon col ne s’ouvrait pas, j’ai donné naissance à mon fils en 5 minutes ! La fin de ce cauchemar. Un accouchement merveilleux sans vomissements, après une grossesse qui me laisse des traces encore aujourd’hui.
Pourtant, malgré le calvaire que j’ai subi, mon enfant m’apporte tellement de réconfort et de bonheur au quotidien que j’espère bientôt porter notre deuxième bébé.
Si j’ai un conseil à donner c’est si un médecin ne vous croit pas et minimalise votre état, changez de médecin !
Non ce n’est pas normal de vomir aussi souvent.
