Témoignage déposé le 20/09/2023
Je suis maman de 2 enfants et j’ai vécu 4 grossesses HG.
Tout a commencé en 2012, cela faisait un an que nous essayions d’avoir un enfant avec mon conjoint.
Quand nous l’avons appris à 2-3 semaines de grossesse nous étions sur un petit nuage.
2 semaines plus tard les symptômes sont apparus et se sont aggravés au fil des jours. Je vomissais jusqu’à 30-40 fois par jour (jour et nuit). En 5 semaines j’avais perdu 9 kgs, je travaille à 60 kms de mon domicile donc mon gynécologue m’avait arrêté très tôt et ensuite j’ai été hospitalisée 3 semaines. On m’a perfusée sous Largactil, dans le noir, shootée par la perf, j’étais à peine consciente. J’ai eu droit à la visite d’un psy car d’après eux je ne voulais pas de cette grossesse alors que si, nous étions les plus heureux d’avoir ce bébé. Les symptômes ont duré environ 4-5 mois. J’ai donné naissance en avril 2012 à mon fils ainé.
En 2016 je retombe enceinte avec une certaine appréhension de ne pas pouvoir m’occuper de mon fils. Les symptômes apparaissent très vite mais malheureusement le cœur de bébé s’est arrêté à 12 semaines fin juillet 2016. Les symptômes ont duré jusqu’au curetage pendant lequel j’ai failli y laisser la vie suite à une hémorragie.
Pour rebondir il fallait que je retombe vite enceinte c’était devenu une obsession. En novembre 2016 je suis de nouveau enceinte pour notre plus grand bonheur et rebelote symptômes +++. Cette fois ci avec l’appréhension de l’HG et d’une nouvelle fausse couche. Les symptômes se sont atténués à 4 mois mais n’ont pas disparu complètement, j’ai vomi jusqu’au jour de l’accouchement à J+7 fin août 2017 un deuxième petit bonhomme très pressé de sortir pas le temps d’avoir la péri !
En octobre 2022 je me rends chez mon gynécologue car j’avais du mal à supporter la pilule que je prends depuis l’âge de 12 ans (règles douloureuses et abondantes) j’en ai 36. Mon gynécologue peu empathique me fait deux ordonnances une pour un stérilet et l’autre pour la pilule et me dis gentiment de me débrouiller pour faire mon choix. Résultat je décide de mettre mon corps au repos et de ne plus rien prendre pendant quelques temps tout en écoutant mon corps pour faire attention avec mon conjoint. Puis surprise le 29 août dernier après plusieurs jours de retard et 2 malaises je décide, poussée par mon conjoint, de faire un test qui se révèle positif. Nous sommes tombés de 10 étages car à l’écoute de mon corps nous avions des rapports éloignés de ma période d’ovulation. Mon conjoint n’était pas enthousiaste à cause de mes Hg précédentes et du manque de place dans notre maison, voitures, études à prévoir pour nos enfants etc …
Nous nous laissions le temps de la réflexion lorsque les symptômes sont apparus et cette fois puissance 1000.
Très vite ça a été une catastrophe j’ai perdu 7 kgs en 1 semaine, je vomissais du sang, rien ne passait ni nourriture ni à boire même à la cuillère et mon urine était orange. Mes enfants étaient très inquiets mon grand a assisté à des malaises et pleurait en me voyant inerte sur mon lit et mon petit me disait qu’il voulait retrouver sa maman d’avant. Je les ai accompagné avec mon conjoint pour leurs rentrées en 6ème et CP, ça a été très dur je tenais à peine debout.
Et j’ai totalement craqué j’avais des pensées très sombres ce qui ne m’est jamais arrivé.
Mon médecin traitant ne m’a pas forcément aidé sauf me prescrire du vogalene suppo totalement inefficace pour ma part. Il m’a très vite dit que c’était psychologique car c’était une grossesse non désirée. J’étais tellement affaiblie que je n’ai pas pu lui répondre. Le cœur très lourd j’ai décidé de subir une IVG, je dis bien subir car pour moi ça a été un choix très difficile j’avais toujours dis jamais je n’avorterai (ne jamais dire jamais ….) mais j’ai vraiment eu peur de mourir et de laisser mes enfants et sur l’instant T ça a été la seule option.
Aujourd’hui cela fait 1 semaine et 2 jours que j’ai eu recours à l’IVG et je peux à nouveau profiter de mes enfants. Physiquement ça va mieux mais moralement c’est compliqué. Je suis en colère contre moi de ne pas avoir tenu plus longtemps, de ne pas avoir essayé. J’ai très mal dans la bouche à chaque fois que je mange car les vomissements ont attaqué l’email de mes dents et mes gencives, je sens encore une gêne dans ma gorge car mon œsophage a été très irrité.
Je dois reprendre le travail lundi, ça me permettra de penser à autre chose car là je cogite beaucoup. J’ai aussi eu droit à une conseillère conjugale pour le protocole IVG qui m’a également parlé du facteur psychologique et là j’ai vrillé je lui ai dit que ce n’était pas le cas que mes 3 premières grossesses étaient plus que désirées et que sans l’HG on l’aurait assumé ce dernier bébé. Elle m’a rigolé au nez et mon médecin traitant pareil quand je lui ai parlé de l’HG.
Je me suis fait mon propre diagnostic en recherchant sur internet et en voyant les témoignages d’autres femmes ayant exactement les mêmes symptômes.
C’est fou que le système de santé nous laisse seules et impuissantes, ce n’est pas humain de vivre ça et de devoir passer par l’IVG pour s’en sortir.
Aujourd’hui mon message pour toutes les femmes qui sont passées ou qui passeront par l’IVG : votre décision ne fait pas de vous un monstre et une mauvaise maman, seulement cette décision a été prise afin d’échapper à une situation extrêmement difficile et invivable.
Soyez fortes vous n’êtes pas seules.
Je vous embrasse sincèrement.
