You are currently viewing Témoignage de Alicia

Témoignage de Alicia

Témoignage déposé le 24/02/2023

 

Après la perte d’un bébé, un œuf clair, une grossesse extra-utérine, et un parcours FIV X2 qui n’a pas fonctionné, le miracle en septembre 2020 arrive après 5 ans d’attente. Nous allons enfin être parents.

Mon cauchemar ne tarde pas à commencer à partir de 5 SA.

Je commence un apprentissage quelques jours avant, je suis toute fière.

Quelques jours plus tard, un dimanche, je commence à me sentir nauséeuse.

Mes vomissements commencent dès le lundi.

J’en parle directement à la responsable à qui j’avais un peu expliqué que je devais bientôt recommencer une FIV, mais bébé est arrivé. Je lui dis que je ne me sens pas bien, que j’ai des nausées de fou, et que j’ai vomis.

Cette fille bienveillante me dit “peut-être que tu es enceinte”. Je continue ma journée, le lendemain pareil, je reviens, toujours pareil, j’ai vomis à la maison, et je suis à deux doigts de vomir au boulot, mais je me retiens à chaque pas.

Les nausées me prennent dans le ventre, c’était comme si j’étais dans un bateau.

L’après-midi, ma collègue me dit : tu as un truc bizarre dans l’œil, je regarde, du sang dans les yeux.

Avec la force des vomissements je m’inquiète, puis je dis au papa que ça ne va pas. Le soir même je perdais du sang, je me suis inquiétée. Le lendemain, il m’emmène consulter, petit bébé est bien logé.

Arrive le tour de le dire à la grande patronne, j’étais en esthétique, je lui explique, elle m’appelle en me disant que je n’étais pas honnête, elle me dit on va s’arrêter là. Elle ne veut pas d’une meuf enceinte dans son équipe, donc elle me vire, le soir même j’allais rendre les vêtements.

Quelques jours plus tard, je me fais hospitalisé pour déshydratation, je vomis toutes les 30 minutes, je suis au bout de ma vie, je souffre, je demande de l’aide auprès des sages-femmes, elles me conseillent du gingembre, j’essaye une journée, ça ne fonctionne pas. Puis mon conjoint appelle l’hôpital, moi je ne suis pas prise au sérieux mais lui oui, donc entre midi et deux il me ramène à l’hôpital.

Le trajet est une réelle souffrance, j’ai des nausées, arrivée devant l’hôpital je vomis, j’ai tenu 30 minutes.

J’arrive, on me met dans une chambre et on m’explique que je vais être perfusée. On me fait des prises de sang et on m’explique que les visites, c’est 1h par jour, pas de téléphone, et dans le noir. J’ai envie de pleurer, moi qui ai peur du noir, je prends ça comme une punition. On me prive de la personne que j’aime le plus au monde, ils pensent vraiment que ça va m’aider ???

Au bout de 3 jours j’en peux plus, j’invente un truc pour sortir d’hospitalisation, c’est là que je rencontre ma gynécologue de rêve qui vient me voir. Au début elle était froide, elle voulait que je reste, puis elle a compris, je suis quand même sortie sans autorisation, ça a été mis dans mon dossier.

Deux semaines plus tard, rebelote, hospitalisée encore une fois pour une déshydratation. Je vomis toujours énormément, ils m’hospitalisent, je pleure encore, c’est terrible. Je tente la sortie, cette fois c’est un peu plus dur, on me dit non. Je négocie avec la gynécologue, elle me dit d’accord pour samedi.

Puis mon état ne s’améliore pas, on me propose le coca qui m’aide quand même, avec comme traitement toujours Primperan, Largactil mais ça ne m’aide pas.

Après Noël, troisième hospitalisation, j’y vais, je fonds en larmes quand mon chéri s’en va, c’était la goutte de trop. A l’hôpital je suis shootée, un vrai zombie, et là ma gynécologue me dit on essaiera le Donormyl à votre sortie.

Le Donormyl m’a aidé à partir de 19 SA, mais je vomissais toujours et je luttais contre les vomissements.

J’étais dans un sale état pendant 9 mois, j’ai développé des phobies d’impulsion, ce qui m’a isolé. Je n’arrivais plus à conduire par peur de tuer quelqu’un, je me voyais faire du mal à mon conjoint, je me voyais me faire du mal à moi, et même à mon bébé, c’était l’enfer.

J’ai perdu 8 kgs, perdu des muscles, j’étais alitée, je n’étais plus moi, et j’étais tout simplement malade d’Hyperémèse Gravidique.

J’ai vomis jusqu’à la fin, pendant l’accouchement aussi, et à la poussée, mes nausées étaient intenses. J’ai souffert, et quand mon merveilleux petit bébé est né, tout a disparu.

5 mois plus tard je suis retombée enceinte, et grâce au Donormyl et au coca, j’ai eu une belle grossesse, avec des vomissements, mais pas tellement de nausées.