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Témoignage de Mirjana

Témoignage déposé le 16/03/2026

J’avais 18 ans quand je suis tombée enceinte de ma petite fille, Malika. Quand j’ai appris ma grossesse, j’ai eu peur, bien sûr, mais j’étais aussi heureuse. Je m’imaginais déjà prendre des photos pour immortaliser ce moment, vivre une grossesse comme celles qu’on voit partout… mais rien ne s’est passé comme prévu.

À 6 semaines d’aménorrhée, tout a basculé. C’est arrivé d’un coup, avec une violence que je n’aurais jamais imaginée. Tout a commencé par un vomissement… puis deux, puis trois… jusqu’à dix fois par jour. Je vomissais mon bol alimentaire entier. Mon corps se contractait tellement fort à chaque vomissement que je n’avais même plus la force de tenir debout. Ma propre salive me faisait vomir. Je ne pouvais plus rien avaler.

J’étais jeune, très jeune, et ce n’est pas comme ça qu’on m’avait décrit la grossesse.
J’ai fait plusieurs hôpitaux, mais personne ne m’écoutait. On me répétait que “c’est normal”, que “ça arrive”… mais ce que je vivais n’avait rien de normal. Pendant ce temps, je me vidais, physiquement et mentalement. J’ai perdu 12 kg en deux mois. J’étais tellement mal que des idées très sombres me traversaient l’esprit. J’avais l’impression d’être coincée dans un corps qui ne me laissait aucun répit.

Un jour, ma mère, paniquée de me voir dépérir — elle voyait ma colonne vertébrale tellement j’étais maigre — a décidé de demander de l’aide. Elle a contacté une amie, et le hasard a fait que cette amie connaissait très bien l’hyperémèse gravidique : sa belle-fille en avait souffert. Elle était infirmière, aujourd’hui retraitée, et elle avait su gérer l’hyperémèse de sa belle-fille.

Cette femme a été ma sauveuse. Elle m’a donné le traitement adapté, celui que personne ne m’avait prescrit malgré mes supplications. En trois jours, j’ai commencé à revivre. Trois jours pour sortir d’un cauchemar qui avait duré des semaines. L’hyperémèse gravidique est devenue un souvenir lointain… mais un souvenir qui m’a marquée au fer.

Ma mère, elle, a été mon héroïne. La seule qui m’a crue, la seule qui a refusé de minimiser ce que je vivais. Son instinct a été ma lumière dans un tunnel où personne ne voyait ma souffrance.

Et en hommage à sa force et à son amour, ma fille porte son nom. C’est ma fierté.

Ce que j’ai vécu, je refuse que d’autres femmes le traversent seules.

Pendant des années, j’ai mûri cette idée au fond de moi : accompagner celles qui vivent l’hyperémèse gravidique, celles qu’on ne croit pas, celles qu’on laisse souffrir dans le silence.

Aujourd’hui, je suis prête.

Prête à leur dire : « Je te crois. Ce que tu vis est réel. Tu n’es pas faible. Tu n’es pas folle. Tu es malade, et tu mérites d’être aidée. »

Prête à me battre pour que l’hyperémèse gravidique soit enfin reconnue, comprise et écoutée.
Prête à tendre la main à chaque femme qui traverse ce que j’ai traversé.

Parce qu’après avoir survécu à tout ça… je choisis de devenir une force pour les autres.