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Témoignage de Violaine

Témoignage déposé le 03/02/2026

J’ai appris ma seconde grossesse. C’était merveilleux. Un moment suspendu, rempli de bonheur. Ce petit bébé était très attendu, désiré, rêvé. Nous étions impatients, pleins d’espoir, pleins d’amour déjà.

Puis, tout a basculé.

Les premiers vomissements sont arrivés. Et ils ne se sont plus arrêtés. Je vomissais sans cesse. En magasin, au travail (je suis dans le commerce), parfois même devant les clients. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je commençais à m’inquiéter.

Et le diagnostic est tombé : hyperémèse gravidique.

Un mot compliqué pour une réalité brutale. Je vomissais encore, toujours. Mon corps s’épuisait. Je perdais du poids : cinq kilos, puis six, puis sept. Je n’arrivais plus à m’hydrater. Pour boire, j’utilisais des pipettes, comme si mon corps avait oublié comment faire. J’étais là, présente sans l’être vraiment, dans un état étrange, comme en hibernation.

Mais ce qui me faisait le plus peur, ce n’était pas seulement pour moi.

C’était pour mon bébé. Les vomissements me provoquaient comme des sortes de contractions. Mon ventre se crispait, se tendait, et j’avais l’impression que cela allait l’affecter, que tout ce que je vivais allait avoir des conséquences sur elle. Cette peur ne me quittait jamais.

Et en même temps, il y avait ma grande fille de quatre ans.

Elle était là, elle aussi, dans tout ça. Et il fallait s’occuper d’elle, être présente, jouer, rassurer, accompagner… alors que je n’avais plus de forces. Parfois, je n’arrivais même pas à me lever. Je me sentais tellement impuissante, tellement coupable de ne pas pouvoir être la maman que je voulais être pour elle.

Et pourtant, elle a été incroyable.

D’une patience, d’un courage, d’une douceur immenses. Comme si elle avait compris, à sa façon d’enfant, que maman était malade. Elle s’adaptait, elle attendait, elle ne se plaignait presque jamais. C’est elle qui me donnait la force de tenir.

Mon conjoint m’a regardé, inquiet. Et là, tout s’est enchaîné : départ aux urgences. On m’a dit qu’il fallait absolument me perfuser. À ce moment-là, j’ai eu l’impression que tout s’écroulait. Je me suis dit que ça allait être long, que je n’étais qu’au début de la grossesse, et que ça pouvait durer des mois. Et surtout, que ça ne s’arrêterait peut-être pas.

Et effectivement, toute la grossesse, j’ai vomi.

Par moments, on arrivait à me soulager. J’y croyais. Je pensais que c’était la fin. Mais ça reprenait, encore et encore. Je faisais attention à tout : à ce que je mangeais, à ce que je faisais dans la journée. Parfois j’avais l’impression de m’étouffer. Et ce n’était pas qu’une impression. Alors je choisissais mes aliments, je planifiais mes gestes, mes forces, mes respirations.

J’avais besoin de dormir tout le temps. Le moral était à zéro. Mon corps était là, mais moi, j’étais ailleurs, épuisée, vidée, à bout.

Heureusement, je n’étais pas seule. J’étais entourée. 

Et puis, enfin, la fin de la grossesse est arrivée à 38SA et 2 jours le 24/10/2025 ma fille est née. Et tout s’est arrêté. Les vomissements, la douleur, l’épuisement. Elle était dans mes bras. Elle allait bien. Moi aussi. Et l’HG avait disparu, comme si elle n’avait jamais existé.

J’ai alors compris une chose : je n’ai pas vraiment vécu ma grossesse.

Je l’ai traversée.

Je l’ai endurée.

J’y ai survécu.