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Témoignage de Wahiba

Témoignage déposé le 03/10/2024 

Aujourd’hui, ça me tenait à cœur de partager mon histoire.

En 2018, j’ai 23 ans lorsque j’apprends que je suis enceinte. Je suis tellement  heureuse à cet instant là.

À partir de la cinquième semaine d’aménorrhée, mon rêve se transforme en cauchemar. Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive, je vomis plus de 50 fois par jour j’ai des nausées toute la journée. Je fais aussi de l’hypersalivation, la bassine ne me quitte plus ! 

Je sens que je perds le contrôle de mon corps. Chaque jour qui suit, je m’éteint un peu plus.

Je ne comprends pas, je ne pensais pas que la grossesse c’était ça !

Se réveiller pour vomir la nuit, le matin à peine le pied posé sur le sol je vomis dans la bassine. Ne plus pouvoir se brosser les dents, se doucher ou même marcher sans aide.

Mes journées passées seule, dans le noir et pour seule amie la SOLITUDE. 

Ma famille, mon mari et mon entourage ne comprennent pas ce qu’il m’arrive. On dit que ça va passer, mais ma mère  pense que j’ai une maladie très très grave qui n’est en aucun cas liée à la grossesse. Elle n’a  jamais vu une femme enceinte être dans un tel état .

À bout de force, on décide de m’amener aux urgences. Je vois très vite que je ne suis pas prise au sérieux. “C’est normal c’est le premier trimestre ça va passer madame” 

Je suis pourtant déshydratée, je suis dans un état de somnolence permanent. 

On m’hospitalise pendant trois jours. 

Je suis perfusée mais on ne me donne pas à manger, pas de téléphone ni de télévision, pas de visite, je suis encore une fois SEULE. 

Et je ne comprends pas ce qu’il m’arrive, pourquoi je souffre alors que je porte la VIE. La seule chose qui m’aidait à tenir à chaque vomissement c’était : “combien de femmes rêveraient d’être à ta place”

Une fois sortie de l’hôpital, je repars sans traitement, je rentre chez mes parents, ma mère prend soin de moi mais bien évidemment les vomissements reprennent.

Je vois enfin une gynécologue qui pose un nom bizarre sur ce que je pourrais avoir «l’hyperémèse gravidique» elle me prescrit de l’ondansétron.

Je suis passée de plus de 50 vomissements par jour à 10. Un miracle pour moi. 

Je vomissais tous les jours, mais moins grâce à l’ondansétron que j’ai pris durant toute la grossesse. Car oui j’ai essayé une multitude de traitements qui n’ont bien-sûr pas fonctionné. 

Enfin, vient la rencontre avec mon fils, un moment merveilleux et comme par magie tout disparaît, ces vomissements, cette fatigue intense. J’ai réussi ! 

2020, je retombe enceinte une grossesse désirée on m’a dit «ne t’inquiète pas toutes les grossesses sont différentes » j’y ai cru. Sauf que pour moi le cauchemar recommence toujours à 5 SA, mais plus fort que la première grossesse. Je pleure, je m’effondre car je sais que ce qui m’attend va être dur. Première échographie j’apprends que je suis enceinte de jumeaux. Un miracle pour moi car ce sera ma deuxième et dernière grossesse. Pour cette grossesse je suis hospitalisée à domicile grâce à mon mari qui a dû insister auprès de l’hôpital.

Je suis tellement déshydratée que mes veines pètent à chaque perfusion. On décide de me mettre un picc line. Enfin, je peux recevoir des perfusions. Je vomis toujours autant, je suis amaigrie – 8 kilos à 10 SA . J’ai une bouée pour m’asseoir sur le canapé car je pèse désormais 43 kilos. 

Mes journées défilent et se ressemblent.

J’en viens même à me dire qu’il serait préférable de se ligaturer les trompes pour ne plus risquer d’être enceinte.

Cette grossesse m’aspire mon âme, mon cœur bat mais le corps ne fonctionne plus.

Incapable de m’occuper de mon fils, c’est désormais chez ma mère qu’il vit. Je souffre terriblement et je culpabilise énormément. 

A 27 SA je suis hospitalisée d’urgence car mon pic Line s’est infecté, j’ai 40° de fièvre et j’ai dû mal à respirer. Je suis en train de faire une septicémie. 

Je me vois partir, je dis à mère de prendre soin de mon fils (mon mari, militaire, était en mission). 

Une semaine après, je vais mieux mais on décide de m’envoyer dans un autre hôpital.

Car à l’échographie, ils ont vu des échanges de sang entre les jumeaux. 

Une fois arrivée là-bas, la gynécologue me dit « Madame, nous allons vous faire une césarienne d’urgence. Si on ne vous sort pas vos enfants maintenant cet après-midi ils meurent in utero » Le choc je pleure mais pas le temps, trente minutes après on m’a déjà sorti mon premier petit garçon puis cinq minutes après, le deuxième. Ça y est, à 26 ans me voilà maman de trois garçons. Je suis fière de moi mais j’ai aussi peur de la suite.

Je pourrais vous en raconter encore davantage, mais mon histoire est beaucoup trop longue, mes enfants ont eu un parcours difficile. J’ai failli les perdre, mais grâce à Dieu ils sont en vie. 

2024 mon grand est désormais au CP et mes jumeaux en petite section. Une Victoire.

Alors pour toutes les mamans Warriors qui souffrent de cette maladie, bon courage la grossesse est difficile, je dirais même traumatisante mais si c’était à refaire je le referais. Aujourd’hui je suis comblée, alors dites vous qu’il y a un grand bonheur qui vous attend et ça, ça n’a pas de prix !