Témoignage déposé le 01/08/2024
Je suis tombée enceinte en avril 2024. Dès la 5ème SA, j’étais déjà écœurée par la nourriture et les trajets en voiture ce qui m’a amené à faire un test. Cette première grossesse était désirée, nous étions donc très heureux avec mon conjoint.
Les vomissements et une très grosse fatigue sont arrivés dès la 4ème SA, ce qui me clouait déjà au lit. Mon gynécologue m’a alors prescrit de la doxylamine mais celle-ci me faisait vomir encore plus.
Dès la 6ème SA, j’ai peur de m’évanouir lorsque je me lève. Le cauchemar commence, il m’arrive de rester 3 jours sans me doucher et 2 jours sans me brosser les dents. Les douches sont un calvaire, je reste assise au sol tremblante en luttant pour ne pas vomir ni perdre connaissance, me laver les cheveux me fait mal aux bras.
Je suis hospitalisée et je ressors 3 jours après avec 3 cuillères de compote et une prescription de métoclopramide et de doxylamine.
Les vomissements recommencent, chaque retournement dans le lit me donne la nausée. Les médicaments me donnent des palpitations et j’ai du mal à respirer. Je ne supporte pas d’être diminuée, je m’ennuie et je m’isole de mes proches car je suis épuisée lors des appels et nous souhaitons attendre la T1 pour leur annoncer. Je me réveille le matin en ayant hâte d’être le soir, je pleure tous les jours. Je culpabilise de laisser mon homme s’occuper de tout et de moi-même en plus de son travail épuisant.
Au début de la 13ème SA, je ne peux plus boire ni manger, -8kg au total, j’ai des vertiges, même assise. Je me sens mourir, je n’arrive plus à parler, le regard vide et le teint gris, je ne me sens pas enceinte mais uniquement malade. Épuisée physiquement et psychologiquement, nous commençons à regretter cette grossesse et envisageons l’IVG par peur de mon état psychologique au cours des prochains mois.
De nouveau hospitalisée, on s’obstine avec les mêmes médicaments inefficaces et un jeun de 48h. Je me sens prisonnière de cet état, j’annonce brutalement la nouvelle et mes doutes à mes proches car j’ai besoin de soutien. Je réclame de l’ondansétron mais on me le refuse.
Le jeûne a fonctionné 2 jours mais les vomissements incessants recommencent et à la 14ème SA, ma décision est prise, je suis en pleine dépression et je sens que je vais en vouloir à ce bébé, je risque de le rejeter en le laissant aux bras de mon homme seul.
L’IVG a eu lieu et je suis soulagée instantanément des nausées et vomissements alors que le matin même je perdais presque connaissance et je vomissais de la bile.
Aujourd’hui, je ne regrette pas, j’ai eu le temps de peser le pour et le contre, je ne voulais pas rendre tout le monde malheureux. J’en ai beaucoup voulu à mon corps, mais cette expérience m’a appris à être plus forte.
Le désir d’un enfant a amplifié et je dois me préparer à un réel combat. Je sais les difficultés que je devrai affronter lors d’une prochaine grossesse et comment l’aborder pour diminuer ma souffrance.
J’ai eu la chance d’avoir près de moi un homme formidable et cette épreuve nous a soudé plus que jamais.
Je souhaite beaucoup de courage à toutes les femmes subissant l’HG et celles qui ont eu recours à l’IVG, peu importe nos choix nous sommes des guerrières. Ecoutez vous, les commentaires rabaissants viennent de personnes ne pouvant pas imaginer votre souffrance.
Je remercie l’association pour toutes ses actions et vos témoignages qui me donnent l’espoir de pouvoir un jour tenir un petit être dans mes bras.
