Témoignage déposé le 26/12/2024
La première fois, j’ai su que j’étais enceinte le 4 janvier 2022 en même temps que j’avais le Covid… ni une ni 2, j’ai été confinée. Je me sentais barbouillée, je mettais tout sur le dos du covid alors que j’étais complètement asymptomatique. Les semaines passent, je vais en cours et tous les jours je vomis encore et encore au moins 3-4 fois par jour.
Mon compagnon militaire vivait à l’autre bout de la France, il venait voir tous les week-ends mon état qui… se dégradait complètement.
Après 3 semaines, les vomissements s’amplifient, jusqu’au sang. Le gynécologue me prescrit du Doxylamine + Pyridoxine. Personnellement, le médicament était plus faible que l’HG…. je me rappelle d’un vendredi en stage, j’ai passé ma journée à dormir sur mon clavier et à vomir dans les toilettes de l’entreprise. J’ai dû rentrer chez moi en ambulance.
Après un énième malaise, je vais aux urgences : « vous êtes sûre de vouloir ce bébé ? » La question qu’on me pose tout le temps face à mes symptômes. Leur raison « vous serez obligée d’arrêter vos études. ». Juste un corps médical non renseigné sur les maladies gynécologiques durant la grossesse.
L’entreprise où je faisais mon stage m’a interdit de retourner sur le terrain car j’étais enceinte puis me reprochait d’être absente car ils croyaient que j’allais avorter pour eux (2 mois de harcèlement).
A l’école, deux personnes étaient au courant, elles me permettaient de partir de cours lorsque je vomissais et de me reposer 10 à 30 minutes à chaque fois. Lorsque j’étais absente (presque 3 jours/semaine) tout était aménagé grâce à la médecine de l’Éducation.
En juin je passe mon BTS industriel la main levée, je déménage à 7heures de route… Malgré mes 15 vomissements par jour, je prends énormément de poids à cause des œdèmes. Je ne prends plus le médicament prescrit en début de grossesse, les vomissements se calment, je perds du poids…
En août 2022, l’HG a eu raison de mon épuisement, la fatigue accumulée me provoque un malaise et un AVP, j’accouche d’une petite fille.
En juin 2023, j’apprends à nouveau que je suis enceinte, mon compagnon était parti en mission en Guyane. Je commençais une alternance, l’HG reprend doucement avec de l’hypersalivation… arrêt maladie sur arrêt maladie je démissionne, la cousine de mon compagnon vient en vacances m’aider pour mon aînée.
Durant le mois d’août. Je vomis petit à petit, je ne sais pas quoi en penser car ce n’est pas aussi fort que la dernière fois.
Celle qui est censée m’aider me demande de visiter jusqu’à 3 heures de chez moi. Je me fatigue, je ne bois presque plus et fais des malaises.
Deux jours après je ne vomis plus, la fausse couche se déclare…
Décembre 2023 un cadeau de Noël, je retombe enceinte espérant n’avoir qu’une hypersalivation et des nausées comme à la seconde grossesse. Jusqu’en janvier 2024 où je sors du supermarché pour vomir mes tripes.
Je vois que je ne peux plus m’occuper de ma fille, mon compagnon s’occupant d’elle lorsqu’il ne travaillait pas. Je me retrouvais seule face à la cuvette 25 fois par jour… j’ai perdu 3 kg à 3 mois de grossesse, je demande à être hospitalisée grâce à l’association. Je le suis enfin puisqu’aucun médicament classique ne fait effet, voire empire (vomissements avec du sang), on me perfuse. 5 jours à pleurer car la solitude me rongeait… encore plus à l’hôpital…
Le rouge tant redouté arrive durant l’hospitalisation mais rien de grave : j’ai eu un hématome au col de l’utérus à force de vomir mais tout le monde va bien ! Je suis alitée et j’ai besoin d’énormément de repos.
Je sors de l’hôpital je ne vomis plus que 5 fois par jour puis 1 fois par jour à 5 mois de grossesse. A 7 mois je suis surveillée suite à tout ce que j’ai pu raconter sur mes anciennes grossesses. Mon compagnon n’a pas supporté la situation et préfère fuir.
Accouchement à terme avec un cordon ombilical dont le diamètre est divisé par 2 à cause de la dénutrition et des médicaments… mais un bébé bien portant !
