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Témoignage de Louise

Témoignage déposé le 30/09/2025 

Ce que j’ai écrit à ma fille après mon accouchement.

« Ma grossesse a été compliquée, les montagnes russes, dès l’annonce a ton papa; un mélange d’excitation, de joie et de peur. Mais nous savions à quoi nous attendre et nous avons fait front tous les deux, accompagnés de tes grands-parents, pour que notre rêve de mini-nous devienne réalité. Les épreuves ont peu à peu laissé place au plaisir de te porter, de te sentir bouger, de profiter de la vie à nouveau et nous avons enfin pu nous projeter. »

En effet, ma fille, notre miracle, est née au cours de ma troisième grossesse, après deux douloureux avortements dans l’incompréhension et le sentiment d’injustice le plus total malgré le soutien de mes proches.

Les symptômes de l’HG sont apparus entre la 6eme et 7eme semaine de grossesse à chaque fois. A partir de ce moment, je n’étais plus capable de m’alimenter ou de m’hydrater autrement que par perfusion, en vomissant plusieurs dizaines de fois par jour, avec de l’hypersalivation, des pensées dépressives, l’impression de passer à côté de ma vie, sans parler de ma grossesse. Une seule envie, qu’on me mette dans le coma jusqu’à ce que les symptômes cessent… Je me souviens penser que je ne pourrais souhaiter cette maladie à mon pire ennemi, qu’à une autre époque je serais probablement morte déshydratée. Aucun traitement ne fonctionnait, jusqu’à ce que peu à peu, aux alentours de 20 semaines et après une dizaine de kilos perdus, je puisse garder quelques gorgées d’eau, de coca, de soupe… et la renaissance.Dans ces difficultés, j’ai eu la chance de recevoir le soutien indéfectible de mon mari, mes amis, et de ma famille. Nous avions fait en sorte de pouvoir se concentrer à 100% sur moi et ma grossesse, de ne pas travailler, de mettre en place des séances d’acupuncture régulière, de sensibiliser en amont le corps médical pour passer les durs mois d’HG. 

Aujourd’hui, après trois ans sans pouvoir ne serait-ce qu’envisager une nouvelle grossesse, je rêve d’un déni, ou d’une grossesse asymptomatique miraculeuse pour agrandir la famille. Je ne suis pas sûre de pouvoir supporter une nouvelle grossesse HG malgré la conviction que cette maladie m’a forgée et aidée dans la maternité, à relativiser et profiter des petits moments simples de la vie.

Courage à toutes les mamans qui ne voient pas le bout du tunnel, aux chercheurs et aux personnes qui se mobilisent pour que cette maladie, à défaut de disparaître, puisse être traitée et accompagnée pour devenir supportable.