Témoignage déposé le 17/07/2024
C’est à la fin de ma première grossesse en 2018 que j’ai découvert être atteinte d’hyperémèse gravidique.
Enceinte de mon premier enfant, les premiers mois de ma grossesse n’ont été que calvaire entre vomissements à outrance, perte de poids importante, et mal être psychologique.
Il était difficile pour moi d’être coupée de tout et de devoir rester couchée sans contact avec personne. Grâce à ma gynécologue et à l’administration de l’ondansétron, j’ai pu retrouvé un semblant de vie à partir de mon 4ème mois. Ma vie sociale était très limitée, heureusement ma famille et mes amis ont été d’un grand soutien. La naissance de ma fille en Février 2019 a heureusement tout stoppé et quel bonheur de voir les vomissements s’arrêter quand on vomit tous les jours pendant 9 mois. Deux ans sont passés et l’envie d’un second enfant est arrivée. Beaucoup plus vite que prévu car j’ai découvert être enceinte sous stérilet. Malheureusement, j’ai fait une fausse couche après seulement 10 jours de grossesse. Désirant un second enfant et ayant espoir de ne pas revivre une seconde grossesse identique, je suis à nouveau tombée enceinte 6 mois plus tard. Malheureusement l’hyperémèse fut son retour et de manière encore plus forte. Cela m’obligea à informer mon employeur avant ma propre famille. Je l’ai très mal vécu. Annoncer sa grossesse à 3 semaines, c’est pas l’idéal ! Je vomissais pour aller au travail, entre mes rdv clients à domicile, à toute heure de la journée. Travaillant en banque auprès d’une clientèle agricole, c’était vraiment très compliqué à vivre et à cacher. Cela n’a duré que 15 jours car je fus en arrêt de travail précoce ne parvenant plus à m’hydrater et à manger comme il faut. Ce fut le début de la descente aux enfers. Hospitalisation dans le noir, incompréhension du service médical, interdiction de l’ondansétron avant 12 semaines d’aménorrhée.. je devais subir car aucun traitement n’y faisait. Le gynécologue de l’hôpital ne voulait rien me donner de plus fort et me disait que ce n’était pas une maladie que de vomir. J’étais clairement pas reconnue et prise en charge. Je dépérissais et sombrais petit à petit dans une déprime par le fait de ne plus pouvoir m’occuper de ma fille, de ne plus être capable de m’occuper de moi ou de ma propre maison. J’attendais que mon mari agriculteur rentre pour retourner m’allonger dans le canapé. Ma fille était en garde chez ses grands-parents faute de pouvoir m’occuper d’un enfant de 2 ans et demi. Je ne voulais plus voir personne. Ce fut pour moi la période la plus difficile de ma vie. Mon mari fut également marqué. Tout assumer était un challenge du quotidien pour lui, même si le soutien familial était présent. Me voir dépérir était clairement un sentiment difficile pour lui. Après une énième hospitalisation et une perte de poids de 10 kg, l’idée d’avorter m’a traversé l’esprit. Je ne souhaitais qu’une chose que cet état de nausées et de vomissements intempestif s’arrête. Après une discussion houleuse avec une sage femme et le gynécologue de mon hôpital sur mon envie d’avorter ne tenant plus psychologiquement, j’ai réussi en me battant à obtenir la prescription de l’ondansétron avec signature d’une décharge. C’est le seul médicament qui avait fonctionné à ma première grossesse et qui a fonctionné pour ma seconde grossesse. C’est lui qui m’a sauvé clairement. Deux jours après sa prise, les vomissements ont diminué. J’ai pu retrouvé petit à petit une vie et un semblant de vie sociale. Les vomissements survenaient tous les matins et parfois la journée entière mais ce n’était pas quotidien et ces journées devenaient plus rares. Cela s’arrêta à la naissance de mon fils. Quel soulagement !
Je ne garde pas aujourd’hui le souvenir de grossesses heureuses. L’idée d’un troisième enfant qui pouvait être présente dans notre vie avant avec mon mari, a été éradiqué avec cette peur de revivre à nouveau ce traumatisme. Aujourd’hui j’ai la chance d’avoir deux enfants grâce au soutien familial qui m’a permis de tenir pendant ces 18 mois. Le refus de consulter un psychologue a été une vraie erreur car même 2 ans après, il me reste encore des séquelles. Alors aux mamans qui vivent cette épreuve, courage, car tout passe. Entourez vous de personnes attentives, de professionnels compétents et battez vous car le bébé qui arrive en vaut tout l’or du monde !
