Témoignage déposé le 11/07/2019
Je suis maman de 3 enfants, HG pour le 3ème et 2 hg avec interruption de grossesse. La 1ère en 2006 (ivg), la 2ème en 2008 (3ème enfant) et la 3ème en 2017 (ivg).
Avant la grossesse de Kate Middleton je n’avais jamais entendu le nom médical de cette maladie alors que j’en ai souffert bien avant elle et à 2 reprises, je pensais que j’étais la seule femme au monde à avoir vécu ça, les médecins me regardaient comme une bête curieuse, j’avais l’impression d’être un cas d’étude pour la science.
Pour mes 2 premières filles j’ai été malade au-delà des fameuses nausées matinales du 1er trimestre mais ça n’était encore rien comparé à ce que j’ai vécu par la suite.
En 2006, je suis tombée enceinte et les nausées et vomissements ont commencé rapidement. Je vomissais des dizaines de fois par jour, je ne pouvais plus rien avaler même l’eau repartait aussi vite qu’elle était entrée mais pire encore je ne supportais plus aucune odeur y compris l’odeur de dehors, le simple fait d’ouvrir la fenêtre de la pièce où je me trouvais me déclenchait une série de vomissements. Encore pire je ne supportais aucun contact physique, je ne pouvais pas prendre mes filles dans mes bras, leur odeur me déclenchait des vomissements. Je maigrissais à vue d’œil (-7 kg en 5 jours), je n’avais plus aucune force, j’étais une loque, on aurait cru une morte-vivante. Le gynéco m’a fait hospitaliser dans le noir, sans visites ou presque, sous perfusion de primperan évidemment, ça ne marchait pas, rien ne marchait (primperan, vogalène, péridys…) on a tout essayé. Il me disait que c’était à cause du nerf sympathique ail porte pas vraiment bien son nom celui-là! Les seuls moments où je ne vomissais pas c’était quand je dormais, mais dès que j’ouvrais les yeux, ça recommençait. J’ai passé 1 mois à l’hôpital, je pleurais tous les jours toutes les larmes de mon corps, j’avais les idées noires, je tombais en dépression, alors j’ai pris une décision! J’ai avorté juste avant le délai légal, je n’en pouvais plus physiquement et moralement. Tout de suite après l’ivg, les vomissements se sont arrêtés instantanément.
2 ans plus tard, mon mari et moi voulions toujours avoir un bébé, alors je suis retombée enceinte, j’appréhendais le jour où je me réveillerais avec la nausée, pendant 3 semaines rien, je croyais presque que je ne serais pas du tout malade (comme certaines de ces femmes qui disent qu’elles n’ont jamais été autant épanouies que pendant leur grossesse, qui se vantent de n’avoir même pas eu une petite nausée, je les détestais !) Bref, je suis vite revenue à la réalité quand les nausées ont commencé… rebelote, c’était reparti pour un tour, vomissements, perte de poids extrême, nouveau gynéco qui n’avait jamais vu ça de sa carrière qui ne me croyait pas, qui pensais que je ne désirais pas mon bébé, qui pensais que j’exagérais et que je me complaisais dans mon état (bien sûr, j’adore vomir!) finalement, après avoir perdu 10 kg en 10 jours il s’est décidé à me faire hospitaliser, il a compris que le primpéran et compagnie ça servait à rien alors il m’a mise sous Largactyl en perf, c’est un neuroleptique qu’on donne aux schizophrènes. Résultat, ça marchait plutôt bien, je ne vomissais plus que 4-5 fois/jour, par contre j’étais déphasée, comme shootée, ça m’endormait le cerveau. J’ai passé 15 jours à l’hosto, je suis sortie et je suis restée sous ce médicament jusqu’à mon 7e mois de grossesse, j’avais une vie à peu près normale, je vomissais 4 fois/jour, je souffrais de régurgitations acides atroces. Quand j’ai ralenti puis finalement arrêté le traitement, je déprimais, je pleurais tout le tps et j’avais les idées noires, les vomissements ont augmenté mais sont restés stables à 5-6 fois/jour jusqu’à mon accouchement à 8 mois de grossesse d’un beau bébé de 54 cm et 3,490 kg quand même!
Après la naissance de mon fils c’est clair, les grossesses c’était terminé pour moi, je ne voulais plus revivre ça, mon 3ème enfant était donc le dernier.
Mais les années ont passé, mon mari n’ayant qu’un enfant (notre fils) rêvait d’un 2ème, d’un petit dernier et moi je le voulais aussi et j’étais prête pour un 4ème et dernier.
J’ai su que j’étais enceinte mi-août 2017, c’était donc une grossesse désirée, j’ai ressenti les 1ères nausées vers début septembre, pendant une semaine j’ai continué à travailler avec des nausées et les vomissements qui commençaient. Finalement les vomissements étant de plus en plus rapprochés, j’ai dû arrêter de travailler. À partir de là, l’enfer a (re) commencé. Je vomissais au moins 30 fois par jour, du matin en ouvrant les yeux, jusqu’au soir en les fermant. Je ne pouvais plus rien avaler, même l’eau ne passait pas, plus aucune forces, je ne pouvais plus rien faire seule, me laver était un calvaire, je ne supportais plus l’odeur du gel douche, le goût du dentifrice. Je n’arrivais plus à tenir une conversation, le fait de parler me déclenchait des vomissements. En 1 semaine j’ai perdu près de 8 kg. Je passais mes journées dans le canapé avec ma bassine que mon mari vidait et rinçait régulièrement. J’étais dans l’impossibilité de m’occuper des enfants, de la maison, des repas… De rien en fait. Au bout d’une semaine mon mari m’a conduite à l’hôpital, j’y ai passé 4 jours, la gynécologue le Dr Maisonneuve, m’a prise en charge, je lui ai expliqué que c’était la 3ème fois que je vivais cette situation, elle semblait connaître. C’était la 1ère fois que j’avais affaire à un médecin qui connaissait l’hg et qui ne m’a pas prise pour une folle qui rejetait sa grossesse.
Bref, à l’hôpital, on m’a réhydratée avec une perfusion, je leur ai dit que le primperan, vogalène et compagnie ne me faisaient strictement rien, du coup ils ont mis du zophren. Au début, ça a marché, je me sentais mieux mais très vite les effets positifs se sont dissipés et les vomissements ont repris de plus belle. Après, on a testé le donormyl, en comprimés ça a marché également au début ça me faisait dormir, du coup quand je dormais je ne vomissais pas. Alors après 4 jours je suis sortie de l’hôpital avec le donormyl. Mais après quelques jours, le médicament ne me faisait plus d’effet et les vomissements revenaient et mon état se dégradait de nouveau. Je suis retournée à l’hôpital 15 jours après ma sortie. Ils m’ont de nouveau gardée 3-4 jours sous perf de zophren mais ça n’allait pas beaucoup mieux, mon moral était au plus bas, je pleurais tout le temps, le personnel soignant était attentionné avec moi, le Dr Maisonneuve à l’écoute mais malgré tout je n’en pouvais plus et je ne me voyais pas revivre la même grossesse que pour mon fils où j’ai vomis jusqu’à l’accouchement. J’ai pris la décision d’interrompre la grossesse. Le Dr voulait me laisser le tps de réfléchir à ma décision, j’ai rencontré la psychologue avant de sortir de l’hôpital. Une semaine après j’avais rdv avec l’anesthésiste, j’avais des sacs en plastique pour vomir dans la voiture et dans la salle d’attente, mon mari me tenait pour marcher, j’étais vidée de toutes mes forces. Le 13 octobre je suis retournée à l’hôpital pour l’ivg, je suis arrivée à 8h du matin, on est venu me chercher vers 11h, l’attente était atroce, je vomissais, j’avais froid, je tremblais de tout mon corps. Après l’intervention, plus rien, plus de vomissements ni de nausées, fin du calvaire !
Désolée pour la longueur du texte, merci de m’avoir lue.
