Témoignage déposé le 29/05/2019
Merci, je suis bien contente qu’on en parle enfin ! Je n’ai jamais été aussi mal physiquement que lorsque j’étais enceinte. Mes proches m’ont vu dépérir, je ne saurais même pas vous dire combien d’aller retours j’ai fait à l’hôpital en vomissant des caillots de sangs, complètement déshydratée. On me prescrivait un traitement anti nauséeux très lourd en perfusion, il en fallait bien 2 avec entre, 6 heures d’intervalle pour que cela commence à me soulager un peu.
Au bout de quelques jours à l’hôpital je repartais avec ce même traitement à prendre en cachet, mais très vite les vomissements reprenaient le dessus, et je retournais à l’hôpital dans le même état pour une nouvelle perfusion.
Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, et cette maladie, qui commence tout juste à être doucement reconnue, les médecins ne l’évoquait pas.
On m’a envoyé des tas de psy à qui je répétais mais bon sang, mon bébé est désiré, je vous jure que c’est physique, il y a un truc qui ne va pas, mais je suis heureuse d’être enceinte et cet état m’empêche de savourer ce bonheur. Je pèse mes mots lorsque je dis que c’était horrible. Je me souviens même d’une fois où, après avoir été perfusée deux fois, je ne ressentais aucun changement, qu’au bout de 48h un médecin est venu me voir, j’étais paniquée que ça ne me fasse plus effet. Il a vu mon état et m’a expliqué qu’ils avaient décidé en relève de diminuer largement la dose sans me le dire pour voir comment je réagirais. Je pense qu’il a bien compris à ce moment-là, que c’était bien physique.
Il aura fallu 3 perfusions après ça pour que cela fonctionne, et j’ai ensuite dormi presque 2 jours d’affilée tellement j’étais à bout, tellement mon corps n’en pouvait plus. J’allais très mal moralement aussi car j’avais peur que mon bébé ait un problème à force de ne rien pouvoir avaler (même une glace à l’eau ne passait pas à certains moments, je mangeais une cuillère de compote de pomme par ci, une cuillère de purée par-là) à force de déprimer aussi.
Heureusement ça n’a pas été le cas, elle devait bien savoir, elle, que je la désirais plus que tout. A partir du moment où, un peu après l’accouchement, les hormones de grossesse sont redescendues, j’ai été totalement guérie. (et très vite pris 20 kilos au passage) j’ai appris un peu plus tard aussi que l’une de mes tantes que je vois rarement car nous habitons loin l’une de l’autre, avait également vécu ça et qu’elle n’avait pas pu aller au terme de sa grossesse. Je ne souhaite à personne de vivre ça, et il faut que toutes les femmes qui l’ont vécu en parlent, pour qu’on nous prenne au sérieux, et qu’on cherche un réel moyen de nous soulager. Ces 9 mois sont censés être merveilleux mais se transforment en cauchemars quand on en souffre.
