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Témoignage de Myriam

Témoignage déposé le 24/08/2019

 

Bonjour à tous.

C’est avec beaucoup de joie que nous avons accueilli notre petite Emy le 9 août dernier.

Ce bébé nous l’avons vraiment désiré, nous étions prêts et lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, le 25 novembre 2018, nous étions tous les deux particulièrement ravis.

Malheureusement, une semaine tout juste après la nouvelle, je commence à avoir des nausées et très vite des vomissements. D’abord 4-5 fois par jour. Je lis partout que c’est un signe de bonne santé du bébé, qu’il faut que je me réjouisse de ce « petit bobo de grossesse ». A 6sa je vomis déjà plus de 10 fois par jour et vais voir le remplaçant de ma gynécologue. Lui aussi me parle de petit bobo et me prescrit du vogalène. Ça ne marche pas.

A 7sa je vomis 20 fois par jour et vais voir mon généraliste. Celui-ci me dit qu’il n’y a rien à faire d’autre que d’être patiente, il me prescrit du primpéran et me dis que je serais contente d’ici peu d’avoir perdu quelques kilos…

J’en suis déjà à 9kgs de perdus, je n’arrive ni à avaler les cachets, ni à manger. Je n’arrive pas à prendre mes vitamines de grossesse. Je me force à boire mais je vomis tout, je vomis même du sang.

Je tiens encore 3 semaines comme ça. Mon conjoint vide ma bassine à vomi, me fait couler des bains parce que je ne tiens pas debout, fais le ménage quasi tous les jours pour éliminer ces odeurs qui m’insupportent. Il ne dit rien lorsque c’est son odeur qui me rend malade.

A 10sa j’ai perdu 15kgs et je ne tiens plus. Nous allons aux urgences. Là un médecin odieux me reçoit alors que je suis en détresse et me dit que je lui fais perdre son temps, que ce ne sont que des vomissements et qu’il ne pourra rien faire pour les arrêter. Finalement un gynécologue de la clinique me fait hospitaliser à la maternité. Protocole à l’ancienne, dans le noir, pas de visite, perfusion. Je reste 5 jours sous Zophren. Contre toute attente, les vomissements cessent et je mange à nouveau. A la sortie je revis.

Seulement cela ne dure que 4 jours. De nouveau je ne supporte plus les odeurs de ma maison, je vomis de plus en plus chaque jour.

Je songe à l’IVG mais en regardant l’échographie de mon bébé je décide de tenir le coup.

Retour à la clinique à 12sa. Même protocole. On me met d’abord sous primpéran mais je vomis du sang à longueur de journée. Au bout de 3 jours on me remet sous Zophren et cela marche en peu de temps. Je sors une semaine plus tard. Je supplie le médecin de me prescrire du Zophren mais il ne me donne que du primpéran. L’ordonnance part directement à la poubelle, je suis désemparée.

Évidemment, les vomissements reprennent très vite. Devant le manque de soutien du corps médical, avec mon conjoint nous décidons de nous débrouiller seuls. Je tente le donormyl, je bois par petites gorgées, je marche dès que mes jambes veulent bien me porter pour sortir de la maison. Peu à peu les vomissements diminuent.

Je salive énormément, je me déplace en permanence avec un crachoir à la main, je déplore de violentes remontées acides, je déprime d’autant que ma vie sociale a énormément pâtit de la maladie mais je me découvre une force insoupçonnée pour tenir le coup.

Ce qui m’aide à tenir, c’est aussi le fait qu’à chaque visite médicale, je vois mon bébé qui, malgré tout, se développe normalement.

À partir du 6ème mois, je ne vomis plus que quelques fois par semaines, presque une renaissance. Du coup je reprends beaucoup de poids sans pour autant manger excessivement. Alors qu’aucun médecin ne s’inquiétait de me voir maigrir, j’essuie de nombreux reproches pour la prise de poids. Encore une fois, je serre les dents et ne pense qu’à mon bébé qui va bien.

Et puis finalement il y a 12 jours, la délivrance. Emy est là. Je ne salive plus, je ne vomis plus. Non, contrairement à ce que l’on dit, on n’oublie pas les « petits bobos de grossesse ». Mais le bonheur de tenir son bébé dans ses bras fait que l’on sait pourquoi on s’est battue pendant 9 mois.

J’entends déjà des membres de ma famille parler de deuxième bébé, je me retiens de leur hurler dessus. Je n’envisage pas de tomber enceinte à nouveau un jour mais pour rien au monde je ne ferai marche arrière à présent.

Je souhaite beaucoup de courage à toutes celles qui sont actuellement dans la tourmente ou à celles qui auront le courage de tomber enceinte à nouveau en sachant ce qui les attend probablement. Nous sommes des guerrières et nos bébés sont de petits miracles. Bon courage à tous ces conjoints qui se sentent impuissants mais qui sont pourtant essentiels pour surmonter la maladie

Merci d’avoir pris le temps de lire mon petit roman