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Témoignage de Marine

Témoignage déposé le 17/04/2019

 

Mon enfer a duré pendant toute la grossesse. Je dis mon enfer mais mon mari l’a aussi subi.
Je suis tombée enceinte un mois avant mon mariage au bout d’un mois d’essai. Surprise énorme. Je m’en suis rendue compte en préparant des haricots verts… Mon mari a fini de cuisiner car j’avais déjà la tête dans la bassine…

Enceinte de 6 semaines à mon mariage je n’ai pas profité du repas.
Je n’ai pas non plus profité de la gastronomie de l’île Maurice… Mais le famenpax suffisait pour le moment.

À l’échographie de datation, je découvre que je suis enceinte de 2 enfants. Joie mais surtout angoisse car c’est une grossesse à risques. Le famenpax ne suffit plus… On me prescrit du donormyl.

Je ne l’ai pris que deux fois. Je dormais et me réveillais même la nuit pour rendre le peu que je pouvais manger, une moitié de biscotte au maximum dans la journée et de la boisson de riz.

Le primperan me soulage une semaine.

Je sais que je perds des forces mais je tiens bon et je refuse de me faire hospitaliser. Mon mari me traîne tout de même de force dans le 12e à Trousseau où je suis suivie pour ma grossesse.

Il s’avère qu’en 3 semaines j’ai perdu 9 kilos. Je reste hospitalisée surtout pour me réhydrater mais je n’arrive toujours pas à manger.

La dose de primperan augmente et fait effet… 4 jours.

La tête dans la cuvette, j’avoue à mon mari que je ne tiens plus, je pense à me faire avorter… Mais il me soutient et rien que pour cela je tiens bon, il va jusqu’à me porter dans la baignoire et me surveiller dans la douche. Je vais à 4 pattes jusqu’aux toilettes même la nuit…

Début juillet, en pleine échographie, mon corps lâche tout simplement. Je tombe dans les pommes dans les bras de l’obstétricien alors que mes jumelles se portent comme un charme.

Une semaine d’hospitalisation, un cœur qui fatigue plus tard, le Zophren est magique. C’est mon petit moment de bonheur mais malheureusement je bloque psychologiquement sur la nourriture. Moi qui adore manger, je me mets à pleurer devant 3 pauvres pâtes car je redoute de vomir.

Mon entourage en profite pour me donner un coup de pied dans les fesses, le Zophren fonctionne contre les vomissements mais pas contre les nausées. Alors je remange même si je n’ai plus la sensation de faim. Petit à petit en 2 mois, mon corps se remet en route mais je n’ai toujours pas la force de me coiffer les cheveux.

En septembre, à 20kg de moins par rapport au poids de forme, je réussis à reprendre le travail 15 jours pour sauver ma santé mentale.

Jusqu’à fin novembre j’ai toujours des nausées. J’essaye d’arrêter le Zophren mais je ne peux que réduire la quantité alors que mes multiples carences sont toujours là.

Hospitalisée à 32 semaines de grossesse à cause d’un pré travail suite au décès d’un proche, je ressors avec des œdèmes aux poumons mais je réussis à arrêter totalement le Zophren.

Emma et Alison sont nées après un déclenchement voie basse à 36 semaines le 21 décembre 2018.
L’accouchement s’est bien passé mais j’ai fait une hémorragie post partum (transfusion) et Alison a fait un arrêt respiratoire d’une minute.

Pendant l’hospitalisation en maternité, on m’a servi des haricots verts et j’ai fini la journée avec d’horribles nausées. 4 mois plus tard, j’ai réessayé et je ne peux toujours pas en supporter l’odeur.

J’ai perdu au final 20kg et je perds toujours du poids alors que je mange énormément, mon corps ne récupère pas très vite…

Les filles, battez-vous. Chaque sourire de notre enfant nous permet de savoir que nous n’avons pas souffert pour rien.