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Témoignage de Magalie

Témoignage déposé le 14/11/2019

 

Ma 1ère grossesse se déroule en 2010.

J’attends une petite fille et j’ai 21 ans.

Je suis malade durant les 3 premiers mois… Je vomi n’importe où… Au restaurant, dans l’avion, le matin, le soir…

Mais c’est ma 1ère grossesse, je suis jeune et tout le monde me dit que c’est « normal », donc je serre les dents et prend mon mal en patience. Les vomissements passent aux alentours du 4ème mois, mais mon appétit (en temps normal très bon), ne me permets pas de manger en grande quantité…

En 2013, je tombe enceinte de ma 2ème fille. Bien évidemment les nausées matinales et les vomissements font vite leurs apparitions… mais cette fois ci, c’est plus dur. Il y a une petite fille à gérer, un travail ou je dois me rendre avec 1 bonne heure de voiture quotidiennement.

Je vomis encore plus qu’à ma première grossesse… mais cela est devenu une « habitude »… je calque mon quotidien sur les vomissements. Un comble pour moi qui avais la phobie de vomir… Je me surprends à prendre sur moi lorsque je pose ma fille à la nounou, et vomir mes tripes 3sec plus tard devant ma voiture, une fois tourné les talons.

Au 3eme mois de grossesse, j’en parle à ma gynécologue qui me dit que ça fait partie du jeu… elle me propose tout de même des séances d’acuponcture, des gélules au gingembre et bracelets d’acupuncture qui n’ont aucun effet sur moi. Je continue à perdre du poids.

Au 5ème mois, elle me parle du Donormyl, qui me stoppera les vomissements quotidiens. Je reste quand même nauséeuse dès que je mange trop, si j’oublie mon Donormyl quotidien ou si j’ai le malheur de me lâcher au repas… ça repart.

En 2017, 3ème grossesse et 3ème fille. Je ne panique pas car je me dis que j’ai le Donormyl, et que je le prendrais dès le début si besoin.

Et comme prévue, les énormes nausées et les vomissements apparaissent. Avec deux enfants à s’occuper, les journées sont longues et j’aimerais ne pas avoir à sortir de mon lit… J’ai souvent eu un mal terrible à leur faire à manger, la simple odeur d’un steak haché me retournait l’estomac et je courais aux toilettes…

Je ne calcule pas le nombre de fois où mes filles m’ont vu sortir des toilettes inquiètes, alors que j’avais les yeux remplis de larmes et la voix cassée à cause des vomissements. Bien sûr à chaque fois, il a aussi fallu les rassurer, leurs expliquer que ce « n’était pas grave », que la petite sœur ne faisait pas de mal à maman !

J’ai également compris les mamans qui décidaient d’interrompre leur grossesse, car cela devenait trop pour elles…

Chaque personne de mon entourage peut raconter une histoire de moi, vomissant quelque part durant une de mes grossesses…

Je suis arrêtée à 2 mois de grossesse par mon médecin car le Donormyl, la fatigue de début de grossesse, les vomissements, mon quotidien de maman, les trajets, je suis au bout… J’ai aussi entendu ma sage-femme me dire « vous savez, les vomissements c’est très souvent psychologiques…》.

Je reprendrais le boulot à la fin du 3ème mois. Je continuerais ma grossesse avec mon appétit de moineau, et mes Donormyl…

Cette maladie me laissera des marques à vie mais pour moi elle a été aussi compliquée durant mes grossesses qu’après. J’ai vécu 5 grossesses en tout… 3 menées à terme, 1 fausse couche et une IVG (pas de jugements). Ce qui est étrange c’est que j’ai subis cela uniquement pour mes 3 grossesses menées à terme… Bizarre…

Après chaque grossesse, je reprends mon alimentation normalement, mais mon corps a tellement été privé durant 9 mois, qu’il stock tout ce que je lui donne en prévision d’une nouvelle « disette alimentaire »…

Je grossi alors après avoir accouché et je dois encore me « battre » pour perdre ces kilos qui s’accrochent.

J’ai également eu de la chance de ne pas avoir à passer par la case hospitalisation pour mes grossesses (même si j’avoue que j’ai parfois espéré que l’on m’y enferme et qu’on me soigne).

Ma dernière fille a maintenant 1an et demi et tout ça et derrière moi. Lorsque l’on en reparle avec mes proches, on en rigole (moi ironiquement)… Mais je ne pense pas qu’ils ont vraiment compris à quel point j’ai pu me sentir très très mal à certains moments.

Je croise également les doigts pour qu’aucune de mes 3 filles ne subisse cette maladie lorsqu’elles décideront de donner la vie à leur tour. Si c’est le cas, je saurais les accompagner, je connais trop bien cette maladie…, j’espère juste que les équipes médicales seront mieux informées et que des vrais traitements existeront.