Témoignage déposé le 10/04/2019
L’hyperémèse gravidique
Mon combat pendant 9 mois.
Je m’appelle Maëva et j’ai 21 ans. Je suis actuellement l’heureuse maman d’une petite fille, Mia qui est née le 3 Avril 2019 à 22h29.
L’HG a commencé pour moi aux alentours de 5Sa. C’était en Août, j’étais en vacances avec mon conjoint au bord de la mer, nous avons passé nos derniers jours enfermé dans une chambre d’hôtel, où je restais agenouillé devant les toilettes. Je ne savais pas encore que ce n’était que le début de longs mois que j’allais passer dans cet état. Une fois rentré à la maison, forcément ça a continué, une vingtaine de vomissements par jours, je me suis affaiblis, je suis passé de 61 kilos à 54 kilos en quelques jours, alors je suis passé par la case hospitalisation à 6Sa, pendant quelques jours on m’a re hydraté sous perfusion. Ça m’avait remonté un peu, mais retour à la maison et ça recommence ! Mon séjour en hospitalisation s’étant passé moyennement bien je ne voulais pas y retourner. (remarque du personnel médical très marquante pour moi, ‘’vous rejetez votre bébé, votre grossesse n’est pas désiré, vous avez 21 ans vous êtes trop jeune’’ ) j’ai donc décidé d’essayer de tenir, seule. Et j’ai réussi, un peu, quelques temps, quelques semaines de gagnées, chaque jour de passé c’était ma petite victoire. Mais à 17Sa mon état était tellement critique je n’ai pas eu le choix, on m’a re hospitalisée.
Puis j’ai craqué je suis sortie contre avis médical à cause des pensées malveillantes que le personnel médical avait envers moi. Ils restaient tous persuadés que ma grossesse n’était pas désirée ! En parallèle j’étais sur le Groupe ‘’ 9 mois avec ma bassine’’ un groupe de soutien qui m’a beaucoup aidé ! Je les remercie du fond du cœur ! Sur ce groupe j’ai découvert un médicament. Le Zophren. Très très compliqué pour obtenir ce médicament j’ai réussi à en avoir sur du court terme ce qui m’a pas mal aidé en effet, après avoir tenté vogalib, primperan en cachets, suppositoires et injections sans effet, le Zophren m’a bien soulagé également un peu le donormyl mais mon corps s’est habituée ça n’a fonctionné que quelques semaines.. Vers 20Sa j’ai eu une petite accalmie. Jusqu’à 20Sa je m’hydratais en croquant des glaçons. La nourriture, je ne gardais casiment rien c’était l’horreur. Après 20Sa j’ai réussi à boire coca, eau, eau citronnée. Et à manger cornichons et concombres seulement. Avec le Zophren je remontais un peu. Je me suis stabilisée comme ça jusqu’à 30Sa puis ça a recommencé. Nausées affreuses toute la journée, moins de vomissements que dans mes débuts mais quand même plusieurs vomissements par jours. À 32Sa je suis prise de fortes douleurs au ventre. Direction les urgences, verdict : MAP. A cause des vomissements probablement, je contractais énormément, les monitorings montraient de jolies contractions.
Alors repos forcé jusqu’à 37Sa, traitement adalate contre les contractions (ça me faisait vomir encore plus) et puis sage-femme à domicile jusqu’à 37 SA . J’ai tenu tant bien que mal, malgré que je détestais ma grossesse, je me rapprochais de la fin et pensais être tranquille mais non ça ne s’arrangeait pas, j’accumulais sans cesse. J’ai souffert de ces contractions qui était finalement des faux travails jusqu’à 39Sa+3j. Je vomissais encore sur la table d’accouchement, avant pendant après les contractions, entre deux poussées, mon conjoint me tenant la main, parfois une jambe et une bassine. Au bout de deux heures de poussées, bébé en position ‘’ les yeux vers le ciel + cordon autour du cou’’ on m’a dit que ça allait finir en césarienne, que je n’avais plus assez de force pour pousser que mes poussées n’était plus efficaces. Bébé se fatiguait, moi aussi, je me suis évanouie pendant l’accouchement. Puis j’ai repris mes esprits, la Medecin était là, l’anesthésiste ainsi que deux sage femmes. J’ai continué de poussé malgré tout bébé est finalement sortie avec l’aide de la ventouse et moi j’ai eu une épisiotomie. Chose que je redoutais énormément mais il n’y avait pas le choix.
Mon bébé est né, avec un poids de 3,345kg à la naissance. Par chance l’HG n’a pas infecté le développement de mon bébé. Les vomissements auront duré jusqu’à 2h après l’accouchement. Après tout s’est envolé. Nausées et vomissements. Je suis donc l’heureuse maman de Mia, une fois notre bébé dans les bras je ne vais pas vous dire qu’on oublie tout, ce n’est pas vrai, pour ma part je n’oublierai jamais ce calvaire, mais on se dit que malgré tout ça en valait la peine.
Aujourd’hui je me remets difficilement de mon épisiotomie car j’ai quelques soucis de cicatrisation et d’œdème mais mon bébé est là et c’est le plus beau des cadeaux. Je suis épuisée, fatiguée, je souffre encore de cette grossesse. Moi qui depuis jeune rêvais d’être maman, j’idéalisais la grossesse. Je suis tombée de haut. La vie ma montré que pour arriver à mon but ça allait être un long combat. Très long. Les 9 mois les plus longs de toute ma vie. J’ai une pensé également pour les mamans qui craquent et font l’IVG à cause de l’Hg. Je voudrais qu’on les soutienne, c’est tellement horrible d’en arriver là ! Je vous avoue, j’y ai pensé aussi, simplement si je le faisais je n’aurai pas eu le courage de recommencer. Mon rêve de devenir maman se serait donc effondré. Hors de question. C’était une première grossesse. Aujourd’hui je ne veux pas en revivre d’autre. J’ai gagné, ma victoire est arrivée. Mon bébé est là. Près de moi dans mes bras. À toute les futures mamans ! Svp, tenez bon! Ne laissez pas cette HG prendre le dessus! Battez-vous! N’écoutez pas les gens qui ne comprennent pas la maladie, n’écoutez pas les femmes qui ont eu des ‘’magnifiques grossesse’’ tant mieux pour elles. Tenez bon, demandez de l’aide ! J’ai eu un suivi psychologique avec la psychologue de ma maternité c’est la seule avec qui jetait un minimum comprise.
Si vous vous sentez trop faible c’est dure je sais, mais l’hospitalisation sous perf reste actuellement la meilleure solution. Ne doutez pas de vous ! Ne laissez pas l’HG détruire votre couple ! Pour ma part avec mon conjoint on a réussi à passer à travers les mailles du filet mais de nombreuse fois on a failli craquer. Trop dure à surmonter. Ne vous en voulez pas de pas supporter l’odeur de votre mari, ne vous en voulez pas de tourner la tête si il veut vous faire un bisou parce que vous avez l’impression que vous allez lui vomir dessus, ne vous en voulez pas de laisser la panière à linge sale se remplir parce que vous êtes cloué au lit avec votre bassine ! Ne vous en voulez pas de tester tous les traitements possibles contre ces affreux vomissements! Soyez fier, fier de vous, de ce que vous endurez! Attendez la délivrance. Votre accouchement. Ce magnifique jour où vous allez rencontrer le véritable amour de votre vie. Le résultat magique malgré ces 9 mois de souffrance ! Vous êtes toutes des battantes ! Une fois ce combat terminé profiter de vos bébé, laissez vos souffrances derrière vous. J’ai choisi de laissée l’HG derrière moi, mais de continuer à soutenir les femmes qui le vivent. Voilà mon parcours, retenez simplement que aujourd’hui je suis une heureuse maman, ayant fait le parcours du combattant.
