Témoignage déposé le 31/03/2019
En ce début d’année 2015, j’apprends que je suis enceinte à 34 ans. Je ressens une immense joie. J’étais dans un état d’euphorie. Puis quelques jours après cette merveilleuse nouvelle le début de l’enfer commence. Nausées, vomissements et fatigue arrivent, chaque jour c’était pire jusqu’à devenir insoutenable.
Je suis en errance thérapeutique, mon gynécologue m’explique qu’il ne me donnera aucun médicament que cet état va durer 3 mois et que je dois fractionner les repas et me reposer. Je n’en reviens pas.
La dépression pointe le bout de son nez. Chaque journée me paraît une éternité. Je n’arrive plus à prendre ma douche tellement que je suis fatiguée, me brosser les dents est un calvaire. Je reste parfois 2 semaines sans me laver les cheveux, j’étais trop faible, je n’y arrivais pas.
Je change de gynécologue, je suis sous primperan mais aucun effet. Mon médecin me dit de me changer les esprits. Je me force à sortir, à aller marcher, mais c’est trop difficile.
Je me souviens de ce jour, ou je devais impérativement aller m’acheter de nouveaux soutiens gorges. Ayant pris de la poitrine, je ne pouvais plus mettre les miens. J’évite de trop manger. Sur l’autoroute dans ma voiture je me vomis dessus. C’était horrible. Je prends la première sortie et je rentre chez moi. C’était un échec. Je suis effondrée, je pleure toutes les larmes de mon corps. Je réalise que je ne peux pas lutter contre ces vomissements. Je suis obligée de subir la situation.
Je perds du poids, je suis de plus en plus faible. Je suis hospitalisée. Je ne supporte aucune visite à part mon mari et ma mère. Le fait de parler me fatigue, je ne peux pas regarder la télévision, ni lire cela augmente les nausées. Je n’ai même pas la force de répondre au sms qu’on m’envoie.
Je fais 2 séjours à l’hôpital qui me soulagent un peu. Je tombe sur un gynécologue de garde qui comprend ma souffrance et me met sous Zophren. Je suis un peu soulagée des vomissements mais la fatigue, les nausées sont toujours très présentes.
Je rencontre une psychologue à l’hôpital qui m’explique que les raisons de mes vomissements sont le rejet de mon futur bébé et de mon mari et que je suis dans les délais des 12 semaines pour une IVG. Elle est convaincue que ces vomissements sont d’ordre psychologique. D’après elle je ne suis pas prête à enfanter. Je suis tellement faible et fragile mais pas au point de commettre l’irréparable. Mais combien de femmes ont recours à l’IVG?
Ce calvaire a duré 4 mois. Je passais mes journées entre le canapé, mon lit et les toilettes. J’ai eu 2 grossesses HG. La 2ème je m’y étais préparée, cela a eu un coût important. Nous avons pris une nounou à plein temps pendant 3 mois, afin de s’occuper de ma fille qui avait 18 mois. Nous voulions 2 enfants. Je suis fière de m’être battue contre cette maladie. Mon mari a été d’un énorme soutien.
J’ai eu mes grossesses volées, gâchées par cette maladie. Personnellement, je n’ai aucune séquelle de ces grossesses à part beaucoup d’émotions quand j’y repense.
