Témoignage déposé le 11/02/2019
Juillet 2018 après quelques mois de fréquentations mon copain et moi officialisons notre couple. Dès le départ on se parle beaucoup et nous nous disons prêt à avoir des enfants. Je sais plusieurs personnes pensent que c’est trop tôt mais quand on sait, on sait.
Je prenais dépo provera depuis plus de 10 ans donc, 10 ans sans avoir mes règles. Après mûre réflexion j’avais décidé de l’arrêter en avril 2018. Lisant plusieurs témoignages de personnes l’ayant seulement pris un an ou deux, le retour des règles pouvait prendre une éternité, sans parler du fait de tomber enceinte. Bref, pas pour moi, elles sont revenues fin juillet pour le bonheur de mon conjoint et moi. Nous étions prêts malgré notre relation récente.
Bonne nouvelle début novembre je sors des toilettes avec un test positif. Nous sommes heureux et jusque-là tout va bien. Par contre je commence à avoir des crampes affreuses au ventre. Bon je me dis que ça doit être normal après tout. J’appelle tout de même en clinique pour me faire rassurer et book mon premier rendez-vous à 10 semaines début janvier. 1 semaine passe et je suis de plus en plus fatigué, quelques nausées mais sans plus. Je dois être trop fatigué je travaille 6 jours semaines et environ 60 heures.
26 novembre, dimanche matin, je me réveille avec un mal de tête qui me clou au lit. Je sens que je vais être malade, ohhh non pas la gastro! J’appelle la pharmacie et ils me disent d’aller chercher le fameux diclectin. Ouahhh c’est ça des nausées Ouff j’espère que ça ne durera pas longtemps. Lundi j’appelle mon employeur pour dire que je suis malade. Je vomi 7-8 fois par jours. Le jeudi toujours pas mieux 10-12 fois. Je téléphone à la clinique pour demander à voir un médecin en leur disant ne pas être capable de rien avaler ni boire. De fait, je n’ai rien avalé depuis le dimanche soir. J’ai perdu du poids je le sens. Je me rends de peine et de misère en clinique le vendredi. Je rencontre une femme qui me prescrit un paquet de médicaments en me disant que ça va passer et que le début de grossesse n’est peut-être pas évident. Je repars chez moi avec le sentiment que ce n’est pas fini. Elle m’a dit de surveiller mon poids et de rappeler si je continue de maigrir. La semaine d’après rien ne va plus! Je retourne en clinique et rencontre un homme cette fois. Il me pèse et je suis rendue à -12 kg en 2 semaines. Le médecin reviens dans la salle et me confie: ma femme aussi a été malade comme ça pour nos 3 enfants, je crois ma chérie que tu souffres de vomissement incoercible! Quoi???!! Je ne comprends rien, mais en même temps je suis soulagé, il doit avoir un remède, je le veux vite. Eh bien non. Ce n’est pas aussi facile. Je dois me rendre à l’hôpital pour déshydratation si ça continue.
17 décembre, je suis hospitalisé 3 jours. Je mentionne au médecin de l’urgence l’hyperémèse gravidique mais je vois des regards pleins de questionnements. Bref je suis sous perfusion pendant 48h je ne vomi plus après 24h et 72h plus tard et 22 pilules à prendre par jour, ils me donnent à manger. Jusque-là ça peut aller j’ai des nausées mais je ne vomi pas alors ils me renvoient à la maison. Retour au bercail, le lendemain ça recommence vomi 10-12 fois par jours je laisse passer la semaine et Noël arrive. Ça ne va plus du tout.
25 décembre au soir je retourne à l’hôpital mais cette fois-ci à Ste-Justine. Je suis hospitalisé du 25 au 31 décembre. Je suis essoufflé je regarde mon conjoint et je ne comprends pas comment il fait pour rester avec moi. Cette maladie, un début de couple, tout aurait pu tomber mais non! Il était à mes côtés chaque jour. Il a pris soin de moi m’a rassuré, m’a poussée à rester positive même si moi je n’ai pratiquement plus de souvenir du mois de décembre 2017. Je me sens mal je me dis que je ne pourrai pas endurer ça toute la grossesse, je broie du noir. Je continue à être malade malgré la perfusion ils tentent plusieurs médicaments jusqu’au fameux ZOFRAN, wow mais c’est quoi ça je veux plus m’en départir!! Je vois enfin la lumière au bout du tunnel. J’ai rencontré la pharmacienne de Ste-Justine, c’est elle qui a développé le protocole pour l’HG au Canada. Je commence celui du zofran et du gravol. 3 zofran 8mg/jour aux 8h et 1 gravol aux 6h. On s’entend que je ne m’endors pas à peu près mais ça fonctionne je fini par sortir de l’hôpital le 31 décembre et 35lbs en moins. Je suis capable de manger, peu et pas varié mais au moins ça passe. Le 5 janvier je revomi donc retour à Ste-Justine. J’apprends que je vomi car je suis trop constipé alors je mérite 2 lavements et une perfusion et retour à la maison 3 jours plus tard. La 12ème semaines arrive je vais de mieux en mieux malgré le fait que j’ai de la difficulté à rester debout plus qu’une minute, je suis fatigué et je dors toujours. Je dois recommencer à travailler fin janvier et sincèrement je me dis que je ne serai jamais capable.
Fin janvier arrive, mon premier chiffre de retour (je suis serveuse) j’ai de la difficulté à prendre des assiettes je suis creusé dans le visage tellement j’ai maigri, mes clients ne me reconnaissent plus, je fais des sommes sur le coin du comptoir. Mon boss me demande si je vais tenir le coup et je n’en suis pas certaine. Je me contente je faire 1 ou 2 chiffres semaines jusqu’à fin février où je commence à prendre une bonne routine et augmente mes heures de plus en plus mais sans jamais diminuer les pilules. J’ai réussi à retrouver mon horaire normal début mars. Aux alentours de ma 20ème semaine.
J’ai eu une super belle fin de grossesse mais j’ai pris mes médicaments jusqu’au lit d’accouchement. J’ai accouché à 41 semaines +1 jour d’un petit garçon en santé et tellement adorable !
