Témoignage déposé le 18/12/2019
Je m’appelle Betty .Je suis sourde et je vis en Belgique.
En 2000, j’étais tombée enceinte, mon mari et moi, nous étions très contents, car on l’attendait depuis 6 mois pour l’avoir. Après, 7 semaines de grossesse, ma vie avait tout a basculé d’un jour à l’autre. C’est le début du calvaire .J’ai dû arrêter de travailler à partir de ce moment-là depuis l’apparition des vomissements incoercibles. Je n’arrêtais pas de vomir (impossible de manger et de boire). A chaque fois que je rentrais chez moi, ça s’empirait des vomissements presque tous les 15 ‘ . J’avais un seau à emporter près de moi, car je vomissais de la bile jaune à cause d’une sous-alimentation (la crise d’acétone) .J’avais de l’hypersalivation au goût d’aluminium, rien qu’à avaler le goût de ma salive me donnait envie de vomir. Pour dormir, je mettais un morceau de tissus en coton en bouche pour ne pas avaler ma salive qui me rendait malade jusqu’à me réveiller plusieurs fois pendant la nuit. J’avais perdu 8 kg pour les 3 premiers trimestres de ma grossesse, j’avais dû aller en urgence à l’hôpital pour me réhydrater. La lumière du jour me rendait insupportable, ainsi que la lumière de la télé m’était devenue insupportable : « cela me provoquait plus de vomissement). Le fait, de me reposer dans le lit et dans le noir (Cela me soulageait mes vomissements). De plus, je ne savais plus me tenir debout et très pâle sur visage (le fait de perdre des kilos rapidement en un peu de temps et aussi le fait que mon bébé nous pompait notre énergie). J’étais claquée et je n’avais plus de force (plus vitamine sur soi) = le moral à plat, bien sûr. Je faisais souvent des chutes de tensions .Je ne comprenais pas de ce qu’il m’arrivait. Je n’arrêtais pas de pleurer en cachette de voir que les gens ne me comprenaient pas de cet horrible état. Après l’hospitalisation de retour à mon domicile, de nouveau, je faisais que vomir tous les 15’ .Je ne supportais plus l’odeur de ma maison. J’ai dû quitter ma maison pour vivre chez mes beaux-parents ou chez mes parents (il y a moins de vomissement : c’était tous les 2 h ou 3 h par rapport à chez moi qui était tous les 15’). A force de vomir, il y avait un petit décollement du placement que je devais rester alitée pendant 1 bon mois. D’habitude, c’était moi qui conduisait et qui se déplaçait partout pour faire des courses, pour aller travailler… etc. Le gros problème, mon mari ne savait pas conduire, pas de permis à ce moment-là. Donc, j’étais dépendant de mes parents et mes beaux-parents pour faire des courses .Pendant ma grossesse, J’avais attrapé des infections urinaires, des mycoses gynécologiques. Vers le 6 ème mois de grossesses, j’étais sous antibiotiques pour ces infections et encore des vomissements pour ces cachets qui me rendaient malades. On n’était vraiment pas bien du tout dans notre peau. Ce n’était même plus nous-même .J ’étais à bout de nerf que les gens de mon entourage ne me comprenait pas de mon état. Il me disait que c’était normal toutes les femmes enceintes en avaient ça .Il faut marcher, faut bouger, faut conduire …etc. Il faut rentrer chez soi (dans notre maison). Même les psychologues me disaient que c’était psychologique = peur de devenir mauvaise mère, peur de ne pas être à la hauteur d’une bonne mère ….etc. Et que, c’était pour ça que je vomissais plus fort. : C’était n’importe quoi ? C’était l’époque où la maladie n’était pas découvert et pas reconnue vraiment. Après, 7 mois ½ de grossesse, j’ai senti que mon bébé ne bougeait plus. Mon mari et moi, nous étions allés vite en urgence et en effet, mon bébé » Eva » était morte in-utéro, le 4/04/2001.
Une fois accouchée, tous mes symptômes ont disparu du jour au lendemain. Je pouvais rentrer chez moi sans avoir des nausées et des vomissements. La perte de mon bébé m’avait rendue dépressive que je n’étais pas en état d’aller travailler pendant 2 ans. Je me culpabilisais pourquoi j’avais un si laide grossesse et ça s’est tourné mal : la mort de mon bébé
Après une deuxième tentative de grossesse en 2003, beaucoup de personnes me disaient : « une grossesse n’est pas l’autre. » Mais malheureusement, les mêmes symptômes étaient revenues .Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait aucune réponse à mes questions. A nouveau, j’étais très triste de voir mon état. J’avais obligé à mon mari d’apprendre à conduire et d’avoir le permis de conduire. Car je savais que je ne pourrais pas conduire dans cet état -là et impossible de faire des courses. J’avais beau à essayer de rester chez moi jusque la 9 ème semaine, idem problème décollement du placenta une petite hémorragie au 1 er trimestre. Le sang du décollement du placenta coulait comme de l’eau dans un robinet ouvert. Mon mari, qui était également sourd également avait dû appeler ma voisine pour faire appel par téléphone l’ambulance. J’ai dû quitter ma maison pour vivre chez mes parents. De très fortes angoisses étaient réapparues à l’idée de perdre à nouveau mon bébé (échographie plusieurs fois pour me rassurer si le bébé était bien vivant. Je ne voulais plus revivre cette même scène qu’avant.
Finalement, j’avais accouchée d’une belle petite fille « Elisa » , à 38 semaines. Elle mesurait 47cm et 2 kg 500.
Après 3 mois de l’accouchement, j’ai recommencé à travailler tout normalement. Mais, plus tard, on m’avait diagnostiquée une anémie. J’étais très fatiguée et moral à plat.
En 2006, avant d’entamer une 3 ème grossesse, mon mari et moi, nous avions discuté longuement. Car, j’avais peur d’avoir ces symptômes de grossesses qui allait réapparaître. Finalement, on avait réfléchi d’en faire un 3 ème enfant pour ne pas que ma fille « Elisa » se retrouvait seule. Car, c’était un enfant CODA (Children of deaf adult) .Cela voulait dire un enfant entendant née de parents sourds. Je voulais qu’elle ait un petit frère ou une petite sœur pour lui tenir compagnie qu’elle puisse parler avec. Et de nouveau, tous les symptômes arrivaient à nouveau .J’ai dû quitter ma maison pour vivre chez ma marraine qui habitait à côté de chez mes parents. Car, les vomissements étaient trop forts. J’avais proposé à mon mari de venir habiter avec moi. Car, à la maison, pendant la grossesse, c’était infernale l’odeur de ma maison. Cette fois-ci, mon mari n’avait pas voulu, soit disant qu’il voulait s’occuper de ma fille, car je ne l’arrivais pas à l’occuper. C’était vrai que j’étais claquée et que je ne me tenais pas debout pour pouvoir s’occuper de ma fille avec tous les vomissements, tous les 2 ou 3 h .Ce n’était pas une vie pour moi. Et, ni pour mon mari et ma fille de me voir dans cet état .Je me sentais vraiment coupable de ne pas savoir s’occuper bien de ma fille .Et, j’étais très triste de me sentir comme cela. La culpabilité me rongeait énormément à l’intérieur. Mon mari me disait sans arrêt que je l’avais abandonné et ma fille aussi .Il disait cette phrase à tout le monde Alors, que ce n’était pas vrai du tout, je l’avais proposé de venir dormir avec moi .Il était devenu distant avec moi.
.Finalement, j’avais donné naissance à mon beau petit garçon « Francesco » à 34 semaines, il pesait 2kg 500 et 47 cm , suite à une hémorragie du décollement du placenta. Heureusement que j’étais déjà là, à l’hôpital sur place, le jour de l’hémorragie, car j’étais hospitalisée pour une infection gynécologique .Donc, on m’avait fait directement une anesthésie totale et une césarienne. On m’avait mis 1 litre de sang à cause de mon hémorragie. Mon gynécologue me disait heureusement que votre hémorragie s’était arrêtée, sinon on n’aurait enlevé tout mon utérus et mes ovaires.
Après l’accouchement de mon fils, tous les symptômes avaient disparus. J’avais fait une grosse dépression post-partum : Le sentiment de rage et de culpabilité de les avoir abandonnés pendant mes grossesses. Malheureusement, mon mari m’avait trompé pendant ma grossesse, car sous prétexte que je l’avais abandonné. De plus, ses amis, ses amies, sa famille, son entourage leur donnait raison que c’était ma faute que je n’aurais pas pu l’abandonner et j’aurais dû rester avec lui pendant ma grossesse. Mais, comme sa maitresse était allée voir ailleurs que lui, il était bien obligée de rester avec moi, avec mes enfants .Je l’avais pardonnée, car pour moi, je me sentais coupable de cette laide et horrible grossesse.
Et , Boum , en « 2018 » , ce que je venais de voir d’apprendre la maladie de la grossesse l’hyperemesis gravidarum » = » l’ hyperémèse gravidique » = HG de la maladie de la princesse Kate Middleton . Waouh ! Je me sentais soulagée de voir que je n’étais pas les seules .Il n’y a que 3% des femmes enceintes qui sont atteintes .Et, j’y étais dedans parmi elles. En 2001-2003-2006, aucun média ne parlait de cette réelle rare maladie qui touche que 2 à 3 % des femmes enceintes. Je me sentais isolée, incomprise par moi-même et par les autres.
Durant mes grossesses aucun témoignage, aucun forum qui expliquait cette terrible et horrible grossesse .Je me sentais seule, isolée (sentiment d’incompréhension par tous (par le gynéco, par les psychologues …: car, pas vraiment reconnu à l’époque)
Maintenant, je vois des associations qui existe en France .Mais pas en Belgique, il en faudrait y en créer aussi .Je suis très contente d’avoir découvert cette association. Je vois enfin tous les mêmes femmes comme moi qui témoignent leurs souffrances de leur HG. Un vrai dysfonctionnement hormonal.
Ce que je découvre en plus le pourquoi je ne supportais pas de rester chez maison pendant mes grossesses. Car, mon mari fumait sans cesse dans ma maison et toutes les odeurs des cigarettes étaient déjà imprégnées dans la maison, le fauteuil à tissus et sur les murs. C’est maintenant que je comprends pourquoi j’arrivais à rester chez mes parents, mes beaux-parents (moins de vomissement) .Car, ils n’ont pas fumé dans leurs maisons. La plus pire des choses, c’est que même mon mari ne me comprenait pas. Il rejetait la faute sur moi que je l’avais abandonné .Normalement, un mari doit soutenir très fort sa femme quand on est malade. Ce n’est pas notre faute qu’on a cette maladie .Soit si je restais chez moi, c’est pour perdre à nouveau mes bébés ou soit je quittais ma maison, c’est pour sauver mes bébés. J’ai choisi de sauver mes bébés, merci beaucoup à mes parents et à ma marraine qui m’ont soutenu moralement durant ma maladie qui était très dure à vivre .Il ne me respectait mon choix pour ma santé qui était en danger pour moi et pour mes bébés
Ma culpabilité qui me rongeait pendant des années s’en est allée et je me suis sentie plus épanouie et plus libre. Merci beaucoup à cette association contre la lutte de HG de l’avoir créé et que je l’ai pu découvrir. J’ai pris du recul de cette culpabilité qui me rongeait intérieurement pendant des années que ce n’était pas ma faute finalement.
Ma vie a vraiment changée. Je me suis sentie plus forte grâce à cette association. Et, j’ai finalement quitté mon mari avec lequel je n’avais plus confiance du tout depuis sa tromperie. Ma dépression s’est envolée aussi.
On est vraiment des combattantes et des courageuses à pouvoir supporter tout ça et pour avoir nos enfants. C’est comme sacrifié notre vie pour nos enfants. Je sais maintenant que cette maladie est un danger pour la mère et le bébé, si on ne le soutient pas assez. Il y en a des personnes qui font des IVG, tellement que c’est très pénible à supporter cela. C’est invivable bien sûr. C’est prouvé que cette maladie provoque Les complications qui vont jusqu’à la dénutrition, la déshydratation, des perturbations du foie ou du cœur, des hallucinations et parfois même un coma… De plus, le jeûne provoque un état particulier : la cétose, c’est-à-dire que le corps brûle les réserves graisseuses pour obtenir de l’énergie. Ce processus s’accompagne de la production de substances appelées corps cétoniques. Il majore la perte de poids et la fatigue (la dépression manque de vitamine B6).
Vive les Warriors HG.
