Témoignage déposé le 19/02/2020
J’ai eu une première grossesse qui c’était à peu près normalement passée, sauf que j’avais eu des nausées jusqu’à l’accouchement mais pas trop de vomissements. On m’a évidemment dit que c’était normal, qu’il fallait faire avec… mais bon, quand à chaque fois que je rentrais dans mon appart je me précipitais aux toilettes pour vomir, l’odeur de mon appart me rendait dingue, mon mari hallucinait de voir mon état…
Mais ce ne fut rien comparé à ma deuxième grossesse, mes nausées étaient tellement fortes que rien ne m’aidait, je me suis mise à respirer des mouchoirs d’huiles essentielles de menthe… résultat j’ai perdu mon bébé au bout d’un mois de grossesse…
Ma troisième grossesse a été la pire : enceinte de jumelles, double dose !!!! RIEN ne passait mes nausées et je vomissais 10 à 20 fois par jour. L’odeur de ma maison (on a un poêle, on se chauffe au bois), c’était horrible, l’odeur des repas que mon mari faisait, mais aussi les odeurs de produits pour le corps, les gels douches les savons les crèmes…. au secours !
Très rapidement j’ai du arrêter de travailler, au bout d’un mois et demi, je donne des cours, c’était horrible je ne pouvais plus me concentrer, mon dernier cours je suis sortie toutes les demi-heures pour vomir…. mes élèves ne pouvaient pas comprendre…
On est épuisée, on ne peut rien faire, se lever se laver s’habiller deviens le parcours de la combattante. Je ne supportais même plus mes odeurs corporelles… malgré tout, je voulais absolument continuer à accompagner mon fils à l’école à pieds mais j’ai dû y renoncer à la suite d’un gros malaise sur le chemin de l’école, les pompiers m’ont transportée aux urgences… c’était terminé : plus d’efforts : alitée le plus possible.
La maternité dans laquelle j’étais s’est toujours bien occupée de moi… mais on sent bien qu’ils sont démunis face « aux vomisseuses » (c’est comme ça que j’ai entendu qu’ils m’appelaient…) dans le noir, sous perf de primperan, à déprimer, à ne pas pouvoir lire, ou regarder la télé ou même écouter la radio, à culpabiliser de fou par peur de perdre mes jumelles !!! Et puis on finit par vous dire : vous comprenez vous occupez un lit juste parce que vous avez des nausées, va falloir rentrer chez vous.
Moi aussi décollement du placenta à force de vomir…. je pleurais beaucoup… et puis les vomissements c’est horrible, mais le pire c’est les remontées acides… oh la la, comme j’ai eu mal…. impossible de dormir allongée… je pleurais en disant à mon mari que j’avais l’impression que l’on m’avait empoisonnée, j’avais le sentiment que j’allais en mourir.
J’ai perdu 8kilos les 3 premiers mois…
Le truc aussi avec cette maladie, c’est l’hyper salivation. Moi aussi je ne supportais plus d’avaler ma salive. J’avais en permanence une bouteille dans laquelle je crachais… c’était vraiment dégoûtant… le pire c’est que il m’est arrivé de la renverser cette bouteille et que c’est mon amour de mari qui nettoyait, j’en étais incapable. Heureusement qu’il était là pour s’occuper de notre petit garçon… et de moi. Il a été exemplaire mon homme.
Cette maladie est la pire chose qui me soit arrivée dans ma vie, et c’est très compliqué à expliquer à l’entourage car c’est combiné à une grossesse, donc les gens nous disent que ça va bientôt passer, que c’est normal, qu’on doit être surement bien plus douillette que les autres, que « ça reste QUE une grossesse quand même faut pas exagérer ! »
Je ne souhaite ça à personne… et je ne veux absolument plus avoir d’enfants après ça !!! Mes filles vont bien et l’accouchement fut du gâteau comparé aux 7 mois et demi de calvaire !!!
Je souhaite beaucoup de courage aux malades et aux hommes courageux qui accompagnent, car eux aussi ils souffrent de nous voir comme ça.
J’espère sincèrement que la recherche va avancer…
